Les JO, comme l’été, sont terminés. On avait fini par croire qu’ils n’auraient jamais lieu, avec les constructions de stades en retard et les scandales de dopage à répétition. Finalement, ce sont les jeux paralympiques qui sont aujourd’hui menacés à cause du déficit des jeux « valides », mais bon…on a quand même eu de beaux jeux olympiques. Insuivables en Europe parce que les principales finales se déroulaient au beau milieu de la nuit (surtout l’athlétisme), mais avec quand même suffisamment de couverture médiatique pour qu’on s’en mette plein la tête pendant quinze jours. Alors maintenant que c’est fini, voyons qui sont les héros, les zéros, et les escrocs de cette édition 2016, qui aura laissé comme d’habitude un florilège de souvenirs et de performances gravées dans le marbre de l’héritage olympique.

Teddy Riner, Usain Bolt, Michael Phelps, les géants.

Ils font tous 2 mètres, ou à peu près, et ils écrasent leur discipline depuis plus de dix ans. Mention spéciale à Usain Bolt qui avec 9 médailles d’or (8, en fait, à cause de son ancien pote Nesta Carter, dopé sur un 4×100 victorieux) peut être aujourd’hui, à 30 ans, considéré comme le plus grand sprinter de tous les temps, sans comparaison possible. Et dieu sait que personne ou presque ne pensait qu’il allait s’en sortir avec autant de facilité cet été, croyant que le repenti Justin Gatlin pourrait y faire quelque chose, en attendant aussi un truc de fou venu du néo recordman d’Europe du 100 mètres Jimmy Vicaud. Ce sera Bolt, la Jamaïque, et la raclée, comme d’habitude. Bravo à Christophe Lemaître pour son bronze sur 200 mètres, et par extension à toute la délégation française d’athlé qui a montré de belles choses.

Riner, lui, on savait qu’il allait tous les dominer. Parce qu’il ne peut en être autrement. C’est le champion olympique français le moins surprenant. Peut-être même que c’est le champion olympique le moins surprenant tout court. Quand Michael Phelps est sorti de sa retraite, c’était déjà plus difficile à pronostiquer : toujours au-dessus de la mêlée ? Il faut dire que le niveau de la natation mondiale s’est un peu tassé. Certains Français ont été en-dessous de tout, comme Yannick Agnel qui en plus d’avoir mis son équipe dans l’embarras pour le relais, n’a rien fait de son côté en solo. Et sinon, Michael Phelps : 6 engagements, 6 médailles dont 5 en or, ce qui porte son total en carrière à 28 médailles olympiques dont 23 en or. Come and get me…

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C’était pas loin

Les filles du hand, celles du basket, Renaud Lavillénie, les boxeurs, certains athlètes français sont passés près du but. Mais contre une équipe américaine taillée pour la gagne, contre une équipe russe de hand qui semblait invincible quand le score se serrait, en face d’un boxeur brésilien porté par tout un peuple, ou contre un jeune perchiste qui bat son record personnel à chaque fois qu’il enlève son bas de survêtement, c’était trop dur. Echouer à l’attaque de la plus haute marche du podium c’est pas si mal, quand on sait que certaines escouades ambitionnaient ouvertement une place sur le podium et ont mangé un stop plutôt rapide, et très décevant : volley masculin, certains escrimeurs, et surtout, le basket hommes et le football dames, où nos brillantes équipes sont tombées prématurément contre des adversaires forts, certes, mais pas invincibles (l’Espagne de Pau Gasol, et les Canadiennes). On pourrait aussi souligner les contre-performances de nos cyclistes sur piste, écrabouillés par l’ultra-domination des britanniques, alors qu’en équitation, on a vraiment assuré, et ce dès les premiers jours de compétition, avec l’or, comme un symbole.

Les Russes, les nageurs, tout ça tout ça…

Alors voilà, c’est fini. Mais ce sera comme le tour de France, maintenant : il va falloir attendre un peu pour valider tous ces beaux podiums peuplés de champions, pour l’instant auréolés de jolies médailles bien officielles. Il paraît que la moitié des nageurs sont sous produits miracles, c’est pour ça que les Français ne gagnent pas. C’est en tous cas ce qui a filtré dans les mots de Camille Lacourt, on verra bien s’il se dédouane ou s’il dit vrai. Ielena Isinbayeva a décidé de mettre un terme à sa carrière, elle qui s’est vue, comme une grande partie de la délégation russe, interdite de compétition pour « dopage d’état ». Si Poutine n’avait pas des amitiés au CIO, c’était toute la délégation qui restait par-delà l’Oural. La « she Bubka » est vexée, et après avoir tenu des propos litigieux sur l’homosexualité, après avoir pris des positions politiques en faveur de Vlad 1er, elle décide de raccrocher, en colère. Les lanceurs de poids américains ont triomphé…à l’eau claire ? On le saura, tôt ou tard. Dans un monde qui a choppé Lance Armstrong, l’espoir d’un sport propre est permis. En différé, d’accord, mais même ! On se refait les podiums dans deux ans, en attendant, bravo à tous, et RDV dans quatre ans à Tokyo pour une compétition encore plus pénible à suivre à la télévision, avec 9 heures décalage contre 5. Génial, hein ?

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