Ils étaient un peu plus d’une trentaine à manifester bruyamment devant la mairie, mercredi dernier à 15 heures, pour protester contre le potentiel retour des corridas à Fréjus. Ils ont bien évidemment choisi de le faire le jour de la féria, cet événement annuel initié avec un succès constant par la Patrouille de l’Evénement (3000 personnes cette année) en 2014. Du propre aveu du maire, qui n’a pas changé ses positions depuis sa campagne, il n’y aura pas de mise à mort de taureaux dans les arènes e Fréjus, au moins jusqu’en 2020. Un message qui peine parfois à passer auprès de ceux qui sont très hostiles à ce genre de spectacle, qui voient en ce retour de la feria un marchepied vers le comeback des corridas à Fréjus, comme avant. Il fallait écouter leurs arguments, comprendre leur colère, et c’est une militante volontaire et indépendante à 100 %, Catherine Bourliascos, qui s’est chargée de nous délivrer ce message.

Catherine Bourliascos, expliquez-nous les tenants et les aboutissants de cette manifestation.

A 15 heures sur la place Formigé, tous les Fréjusiens, les touristes, les autres, sont invités à défiler pacifiquement de la place jusqu’aux Arènes pour manifester contre la reprise des corridas à Fréjus.

Ces corridas qui ont disparu depuis un certain temps. Vous êtes fréjusienne ?

Je n’y habite plus hélas mais c’est une ville qui est très chère à mon coeur. Et je voudrais en garder une image propre. Une corrida, c’est une représentation très encadrée, réglementée, en trois actes, qui consiste à mettre à mort 6 taureaux, à chaque fois en une vingtaine de minutes. C’est un acte monstrueux, dénoncé par la loi française, puisque c’est un acte de cruauté et de sévice grave sur un animal. Mais dans les faits, c’est toléré dans les régions où il y a une tradition taurine.

Pourquoi avoir choisi de manifester aujourd’hui ?

Nous avons interpellé l’ancien maire Elie Brun, qui avait à l’époque profité de la réfection des arènes pour interdire les corridas à Fréjus. Mais les taurins souhaitent toujours leur retour, et ils avancent depuis peu à pas feutrés en proposant des spectacles « softs », avec les femmees et les enfants. Mais pour nous c’est une étape pour réintroduire la mise à mort.

Vous en êtes persuadée ?

Bien sûr mais je ne suis pas la seule, loin de là. Un taureau n’a rien à faire dans une piscine, c’est toujours de la maltraitance animale. Il y a mille autres façons de s’amuser, Fréjus avec ses richesse patrimoniales, naturelles et culturelles, a bien d’autres choses à proposer aux touristes et à ses habitants.

C’est un idéal difficile à porter dans une ville comme Fréjus, avec ses traditions ?

Quoi qu’on en dise, il n’y a pas vraiment de culture hispanique, ici. On est plus près de l’Italie, et bien que ce soit de ce pays que viennent les arènes, il n’y a pas plus de corridas que de combats de gladiateurs. Moi je pense que si dans le sud-ouest la tradition est encore ancrée, le sud-est est prêt, maintenant, à basculer vers l’abolition des corridas.

On se heurte à des petites mesquineries, quand on s’engage dans ce genre de combat ?

Bien sûr ! Bien que nous soyons pacifistes, il y a pas mal de heurts, d’insultes, c’est toujours la même chose. Même quand on a une autorisation préfectorale comme aujourd’hui.

Vous allez assister au spectacle, pour « voir ce que c’est » ?

C’est ce que nous avons déjà fait les deux années précédentes, mais c’est en dehors du cadre de la manifestation. Ne serait-ce que pour avoir sous les yeux les faits réels. Et vous savez, il n’y a pas beaucoup de gens qui sont à fond, la majorité du public, c’est des touristes qui sont attirés par des fausses images et de fausses rumeurs, et tant mieux pour nous puisqu’ils en sortent souvent déçus. A l’époque des corridas, les enfants sortaient en pleurs de ce spectacle.

Il y a aujourd’hui une attente de la part des aficionados, qui veulent de vraies corridas.

Ces gens ne sont pas nombreux. Le CRAC Europe a organisé un référendum uniquement à Fréjus, et seulement 4 à 5% des interrogés souhaitent le retour des corridas. C’est peu ! Sur 4500 personnes interrogées depuis avril… Et souvent, ceux qui sont pour ont même peur des représailles et refusent de signer.

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