Congo Requiem, c’est l’histoire d’un clan, le clan Morvan. Là-dedans, il y a le père, Grégoire, qui traîne derrière lui un passé très secret. C’est le fils bâtard d’un Allemand qui a couché avec une Française, et sa mère, victime de persécution par les Villageois, s’est vengée sur lui. Devenu flic, il a poursuivi dans les années 70 un serial killer, l' »homme clou », qu’il a fini par neutraliser, pensant qu’il était mort. Mais un autre homme clou apparaît dans les années 2010. La première enquête se passait au Congo, et Grégoire refuse d’évoquer cette période. Son fils Erwann décide de partir au Congo pour en savoir plus sur ce père taiseux. Le hic, c’est qu’il s’y rend en pleine confrontation tutsis contre utus.

Jean-Christophe Grangé puise dans la violence de cette guerre pour dresser un décor très brutal à son roman. Les histoires s’entremêlent de façon habile, même si l’auteur des Rivières Pourpres, amateur de destins croisés, nous perd parfois un peu. C’est l’histoire de famille qui domine l’oeuvre, avec ce père qui incarne un personnage très fort, mafieux, flic et voyou, à qui il va arriver des mésaventures sordides pendant l’enquête de son fils, flic comme son père. Autant ce père dur à cuire a pu dominer sa famille, autant ses trois enfants se sont vite mués en rebelles. Tous sont liés à la vie à la mort à ce patriarche.

Il y a de la violence, de la prostitution, de la religion, de la haine viscérale, des scènes d’une rare ignominie, comme si cette Afrique glauque, sous son plus simple appareil, était aussi un personnage à part entière. C’est du Grangé pur et dur, très fouillé, très documenté (notamment su ce qui s’st passé en RDC), mais c’est très prenant, aussi réussi que les Rivières Pourpres. On ne sait jamais à 100 % où il va, c’est là sa principale réussite. Tout ça avec une affaire de famille, et un peu de géo-politique. Un coup de maître.

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