Il était l’opposant de Luc Jousse, il reste aujourd’hui la principale épine dans le pied de Jean-Paul Ollivier, un nouveau maire qui ne récolte pas plus ses faveurs que son prédécesseur. Jean Cayron, candidat malheureux de la dernière élection municipale, n’a rien pu faire face à un conseil municipal majoritairement acquis à la cause du maire sortant. Toutefois, il restera actif dans les quatre années qui nous séparent de 2020, et ne compte pas faire de la figuration, comme l’opposition roquebrunoise l’a déjà fait du temps de Jean-Pierre Serra, quand les 6 conseillers municipaux qui n’étaient pas sur la liste 2008 de Luc Jousse avaient quitté le conseil. Pour le seconder, Sébastien Perrin s’est aussi joint à l’entretien, lui qui était jadis prévu pour succéder à Luc Jousse, mais qui a très vite quitté le navire pour rentrer dans l’opposition.

Jean Cayron vous êtes l’opposant déclaré de Luc Jousse depuis 2014. Vous vous attendiez à un tournant, aujourd’hui ?

Absolument pas ! On savait que mathématiquement ils avaient élection gagnée, et on savait que le travail fait par Luc Jousse et son cabinet était déjà calé, qu’on n’aurait quasiment personne qui s’abstiendrait ou qui voterait pour nous, les consignes sont respectées.

Comment avez-vous vécu tous les épisodes qui ont émaillé la vie politique de Roquebrune, depuis les premiers soupçons qui ont pesé sur Luc Jousse, jusqu’à la décision du préfet ?

On savait qu’il allait être condamné, quand une cour d’appel confirme la première instance…On savait que la cour de cassation allait rejeter le pourvoi. On sait aussi que ce n’est pas fini parce que pour l’histoire des Roms ce sera la même chose, l’épisode judiciaire de Jousse, ce n’est pas terminé. Dans le cadre de l’élection de Jean-Paul Ollivier à Roquebrune et sa délégation à la Sarget, il est co-complice des agissements de Jousse dans cette SEM, s’il est co-complice il est co-responsable. La Chambre Régionale des Comptes va rendre son compte-rendu d’enquête, et on verra que nous avions raison et que M. Ollivier sera obligé d’aller devant les prétoires, lui aussi.

Comment allez-vous passer les quatre ans qui nous séparent de 2020, et de la prochaine élection municipale ?

Je pense que ça ne durera pas quatre ans. On va mettre la pression. Pour différentes raisons, la Sarget a un budget colossal. La région va récupérer le secteur du tourisme avec la communauté d’agglomération. Pour l’instant la commune de Roquebrune a délégué ce secteur à la Sarget, une société de droit privé. Et la Cavem ne sait pas encore comment on va répartir ce budget. Je pense que les adjoints ne sont même pas au courant de ce qui se passe, une très petite partie des gens sont au courant, l’ancien maire, le maire et le cabinet, c’est tout.

L’épisode de l’écart de voix, la réclamation que vous aviez faite, tout ça c’est derrière vous ?

Oui c’est du passé, maintenant. Il y a une décision de justice, ne revenons pas dessus. Nos requêtes n’ont pas été validées par le conseil d’état, pour des questions de délai.

Sébastien Perrin, vous considérez que la politique à Roquebrune est un sport de combat ?

Ça va sûrement s’assouplir puisque le plus loquace vient d’être éliminé par la justice.

Qu’est-ce qui a provoqué votre changement de bord, vous qui au départ étiez avec Luc Jousse ?

J’ai appris à découvrir le personnage, et sa gestion communale, tout simplement. J’ai été dégoûté de ce qui se passe à Roquebrune, mais la politique, pour faire avancer certains dossiers et certaines problématiques, on est obligé de passer par là. Obligé de s’engager, d’être dans l’exécutif.

Comment avez-vous vécu cette séance, ce matin ?

Et bien je n’ai simplement pas compris pourquoi les candidatures n’ont pas été présentées, puisque quelqu’un qui est censé reprendre les rennes de la ville pendant quatre ans, ce n’est pas rien. J’aimerais bien qu’on nous présente le programme et les actions, et j’ai vu qu’à la fin, on a juste refusé la parole à un opposant, qui souhaitait poser une question. Le conseil municipal c’est un événement démocratique, où la population vient pour avoir de l’information, savoir ce qui se passe dans sa commune. On ne peut que se rebeller.

Que pensez-vous de l’accession de Jean-Paul Ollivier, enfant du pays comme vous, aux fonctions de maire ? Vous qui le connaissez depuis toujours ?

JC : Pour moi il n’y aura aucun changement.

SP : Il l’a annoncé lui-même, ce sera la continuité. Et on ne sait que trop comment ça se passe à Roquebrune depuis quelques années. C’est bien pour ça que je ne suis pas resté dans la liste majoritaire. Il fera la même chose. Alors que les Roquebrunois espèrent du changement.

JC : Je vous donne mon billet que Jean-Paul Ollivier sera à la tête de Roquebrune, et que Luc Jousse pilotera tout ça depuis la Sarget

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