En vainqueur, Jean-Paul Ollivier tenait à s’exprimer auprès de son conseil municipal. Il avait pour l’occasion préparé un discours sobre et efficace, qui n’a toutefois pas mis de côté quelques rancœurs tenaces. Il attaque néanmoins par un message de satisfaction : « ce scrutin vient couronner 25 ans d’engagement municipal, dont plus de 15 ans en tant que premier adjoint de Luc Jousse ». Et lorsqu’il s’agit d’évoquer celui qui depuis quelques minutes est l’ancien maire, des sifflets résonnent dans la salle du public, forcément, surtout lorsque Jean-Paul Ollivier évoque les succès de son prédécesseur : « deux mandatures et demie d’un maire qui aura marqué l’histoire communale (applaudissements nourris, ndlr), qui aura donné un nouvel éclat et un rayonnement à cette ville qui était une belle endormie, qui souffrait d’un déficit d’équipement auquel il a remédié. » Il n’oublie pas non plus de mentionner les liens d’amitié qui le lient aux co-listiers du groupe majoritaire, et évoque les pensées qu’il a pour les amis de Luc Jousse, sa famille, ainsi que la tristesse qu’il éprouve « de le voir quitter la scène électorale prématurément pour 5 ans, suite à une décision judiciaire dont il y aurait beaucoup à dire mais dont il convient aussi de prendre acte ».

Savoir d’où l’on vient

Si la France a le Général de Gaulle, Roquebrune a André Cabasse. Invité dans tous les discours depuis sa mort, l’ancien maire de Roquebrune, qui fait aujourd’hui l’unanimité, est une fois encore évoqué par Jean-Paul Ollivier, comme l’ont fait tous ses prédécesseurs : « comme Luc Jousse, je mets mes pas dans ceux d’André Cabasse, qui s’est dévoué dans l’intérêt de Roquebrune au-delà de tout esprit partisan. C’est une filiation politique et spirituelle. » Il n’oubliera pas de mentionner aussi le souvenir d’une querelle avec Jean-Pierre Serra, le maire qui avait pris la succession d’André Cabasse, et qui avait été l’opposant de Luc Jousse avant l’arrivée sur l’échiquier de Jean Cayron. Pour rappel, la première période houleuse pour le clan Jousse date de l’élection de 2008, lors de laquelle les mesquineries de campagne électorale ont défrayé la chronique. Jean-Paul Ollivier rappelle que Jean-Pierre Serra lui « voue par Internet interposé une haine personnelle à laquelle [il] ne répond pas. »

« Mon père, Paul Ollivier, a été le premier maire de la ville après la libération. Je lui succède 70 ans après et j’en éprouve beaucoup d’émotion, je lui dédie cette élection, ainsi qu’à la mémoire de ma mère, une directrice appréciée de l’école du village. Je savais qu’un jour je serais peut-être appelé à remplacer le maire. Je me suis efforcé de toujours être un premier adjoint engagé, actf assidu, qui connaît bien les dossiers. J’ai toujours vécu dans ma commune que j’aime viscéralement, sur laquelle j’ai beaucoup écrit, je pense que je mérite ce label aujourd’hui devenu rare d’ « enfant du pays. » Continuité, apaisement, rassemblement seront les mots-clés de mon engagement. Rien ne sera chamboulé. Je continuerai d’appliquer le programme qui était le nôtre en 2001, 2008, 2014, à mon rythme. » Il ne manquera pas à la fin de tacler ses opposants, précisant : « les attaques personnelles de m’atteignent pas, ou plus, si ce n’est pour ma famille. Et les propos infâmes écrits sous couvert de l’anonymat à propos du système Jousse-Ollivier, ne grandissent pas leurs auteurs. »

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