C’est quoi, cette histoire de burkini, sans déconner… Moi c’est ce que j’aime avec l’été : regarder nos hommes politiques se débattre comme des crevettes anémiées dans une cuve de récupération des eaux usées. Alors d’un côté, on a les « contre », féroces, farouchement opposés à l’affichage en public de femmes cloîtrées dans un symbole de domination masculine. En gros, pour résumer très vite, on y trouve à la fois tous les racistes, mais aussi plein de modérés qui vient d’un mauvais oeil une certaine islamisation de la culture populaire française. On y trouve aussi tous ceux qui pensent que la liberté c’est pas un truc rigolo avec lequel on batifole d’une semaine sur l’autre, et qui estiment que priver les femmes, même consentantes « parce que manipulées par une certaine forme de foi », de leur droit de se baigner tranquillement à la plage, c’est le mal absolu. De l’autre côté, on a les « pour », eux aussi, farouchement et férocement pour. On y trouve d’autres racistes, à l’envers, convaincus qu’une fille qui ne se couvre pas la totalité du corps pour aller à la mer, c’est une sorte de pute démoniaque qui mérite des coups de fouet, ou la chaise électrique, ou le bagne, ou une rencontre avec le fantôme d’Idi Amin Dada. Eux sont en minorité à un point tel qu’on se demande encore comment ils font pour accaparer autant de temps dans les médias, et je m’excuse d’ailleurs de parler d’eux une fois encore. Et puis au milieu de tous ces frappés du casque, on trouve la majorité, l’immense partie du peuple qui s’en fout royalement, de cette histoire de burkini. Une masse de gens qui ne savent même pas à quoi ça ressemble, et qui n’en verront probablement jamais sur les plages. Une masse de gens qui n’y va peut-être même pas, à la plage. Une masse de gens qui se demande quel débat on va encore trouver pour dissoudre l’unité nationale qui nous unit théoriquement tous dans un projet aussi commun que contraint, à moins d’un exode des récalcitrants, celui de « vivre ensemble ».

Vous voyez, vivre ensemble, on n’a pas le choix. Parce que si on ne vit pas ensemble ici, on va bien devoir le faire ailleurs, avec d’autres gens qui auront d’autres envies d’originalité. Aujourd’hui on nous oppose dans un débat assez cocasse qui met dos à dos le topless et la burqa de bain. En gros, c’est de ça qu’il s’agit : « moi ça me gêne pas que mes gosses voient des nichons, mais une femme habillée en Batman, ça me perturbe ». Dites-vous bien que les gosses sont les derniers à s’en moquer complètement. Chez les enfants il n’y a pas de racisme réfléchi, il n’y a que de l’ostracisme naturel, certes d’une cruauté incroyable. Un gamin va détester les gros, les moches, les petits, juste parce qu’ils sont différents. Mais ce sera un effet de masse, et ce sera fugace, pas dicté par un idéal social ou je ne sais quoi qui va lui bouillir le cerveau plus tard, quand il sera en âge de comprendre, comme on dit. Moi finalement, tout ce que j’en pense, du burkini, c’est que d’une part c’est très opportuniste pour les marchands de « mode muslim » qui vont encore gagner du blé avec cette histoire, et surtout, quand on voit ce que le moyen-orient et l’Afrique du Nord proposent comme morpho-types féminins, c’est criminel de nous cacher tout ça sous prétexte que c’est l’interprétation qu’on en fait dans un livre. Tout ça, c’est du folklore, ça manque juste un peu de comique de situation, et on s’ennuie, avec ce débat.

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