Un rosé « bien glace » devant un joli boulodrome à attendre que le soleil se couche, en regardant passer les mini-shorts made in 2016, plus courts que des post-its. C’est ça, la vie, le sud, le bon moment par excellence. Quand on associe le sud à une grande bande de dragueurs-branleurs qui ne quitteraient leur région pour rien au monde, c’est qu’on n’a saisi qu’une partie de lce qui fait la substantifique moelle de notre belle région. Vous savez, chez nous, c’est pas St-Tropez, ni Cannes, ni Nice. Déjà, Saint-Raphaël ce n’est pas Fréjus, donc quand on part de là…Il y a beaucoup de choses qui distinguent tous nos terreaux originels. Des choses impalpables, subjectives, qui se glissent dans les conversations aussi vite que les rivalités surgissent pour les motifs les plus superflus possible. Nous, au fond, pauvres néophytes, on ne comprend rien aux turpitudes de la terre, l’élément, pas la planète (cela dit on n’y comprend rien non plus). Il y a des gens, en revanche, qui savent exactement qu’à tel endroit, le sol est fondamentalement différent de ce que l’on trouve quinze kilomètres plus loin. Parfois moins. Juste à un hectomètre, c’est un autre univers. Ces gens sont la plupart du temps issus du monde agricole, et les stars en la matière, dans le sud, ce sont les viticulteurs. Parce qu’on associe leur nom à une étiquette, parce que le domaine qu’ils exploitent est chevillé à une tradition familiale, parce que le vin, c’est tendance. On est à deux doigts de faire injure à nos précieux exploitants spécialistes du végétal qui se mange, parce qu’ils nourrissent la planète, ils sont nos assiettes, nos rayons primeur, nos garde-mangers géants. Mais ils sont dans l’ombre, parce que le produit noble par excellence est ici roi. Et rosé, souvent. Alors reprenons : boulodrome, petit c… short qui passe, rosé bien glace…et des olives, indispensables. Comme ça tout le monde est content. Mieux : heureux.

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