L’événement Victor Chocquet est l’un des (nombreux) temps forts de cette rentrée culturelle. Conférences, documentaire, expo, création théâtrale, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands et, sauf à le faire exprès, vous n’avez pas pu passer à côté ! Oui mais voilà en fait, c’est qui Victor Chocquet ? Pour répondre à la question, on s’est glissé du côté du théâtre Le Forum où les instigateurs du projet, Olivier Magendie, comédien de son état et descendant de l’illustre Victor, et son comparse, Pascal Guyot, également comédien, auteur et metteur en scène, ont interrompu la répétition de leur troupe pour nous en dire plus sur le bonhomme et la pièce dont ils ont joué la première sur la scène du Forum le 30 septembre prochain.

 

L’employé des douanes qui se fit mécène

Filiation oblige, quand il est question de Victor Chocquet, c’est encore son arrière-arrière-arrière petit-neveu, Olivier Magendie, qui en parle le mieux : « C’était un modeste retraité des douanes à Paris qui passait le plus clair de son temps à musarder du côté des peintres sur les quais. En 1875, alors qu’il participe à une vente aux enchères à Drouot, il a la révélation « impressionniste » devant une œuvre de Renoir. Le soir-même, il lui écrit une lettre pour lui passer commande de son portrait ». Renoir lui présente Cézanne, puis Monnet, et ils deviennent amis. C’est le début d’une nouvelle vie pour celui qui, conquis par l’art de ses amis, n’aura de cesse de leur apporter soutien et réconfort à une des périodes les plus critiques de leur existence, se faisant pour eux mécène presque malgré lui : « Avec sa petite pension, il fait l’acquisition de leurs tableaux, les reçoit chez lui, les encourage. » Tant et si bien qu’à sa mort en 1891, sa collection rassemble 200 tableaux, sans compter les aquarelles et autres dessins. Faute de descendant direct – les Chocquet n’avaient pas d’enfant – elle est mise aux enchères lors d’une vente mémorable pour laquelle sont requis pas moins de trois commissaires priseurs ! L’Etat lui-même n’est pas en mesure de racheter ces trésors qui font pour la plupart le bonheur de riches collectionneurs américains. « Peu de gens le connaissent, mais il a été le plus grand collectionneur impressionniste au monde » confie celui qui s’est glissé dans la peau de son aïeul sur la scène du Forum.

 

Une pièce de théâtre pour tous

C’est cette aventure à la fois humaine et artistique que raconte la pièce « Victor Chocquet » : l’amitié d’un homme en 1878 avec des artistes décriés par tous, et sa passion visionnaire pour l’impressionnisme. Cette pièce, et plus largement l’événement dans lequel elle s’inscrit, Olivier Magendie et Pascal Guyot ne s’en cachent pas, cela fait plus de deux ans et demi qu’ils y travaillent. A l’écriture d’abord qui a demandé d’importantes recherches « pour resituer et respecter le contexte historique, car on joue des personnages qui ont existé », mais aussi « pour trouver la dramaturgie associée au contenu, c’est à dire lui donner la touche historique et artistique appropriée pour qu’elle plaise à tous sans être pour autant une pièce exclusivement historique ou seulement consacrée à la peinture. C’est sur ce point-là que notre collaboration a été la plus marquée ». Et puis, il y a aussi la mise en scène assurée par Pascal Guyot lui-même qui joue également Cézanne, la scénographie confiée à Joëlle Guignet, les costumes confectionnés par Françoise Barthélémy, et last but not least le remarquable jeu des comédiens qui campent Auguste Renoir (Philippe Legagneux), Marie Chocquet (Béatrice Vitali), son oncle Augustin Buisson (Georges Baudouin), et seul personnage de fiction Théodore Devisme (Guillaume Giudice-Malo).

 

Les mécènes du mécène

Si le projet reçoit depuis ses débuts le soutien de la Ville de Saint-Raphaël et du théâtre Le Forum, il n’en a pas moins fallu lui trouver des financements. D’où l’idée de créer le « Cercle des Contributeurs ». « On a obtenu l’accord des Monuments Nationaux pour effectuer le tirage de 25 exemplaires uniques de trois lithographies, deux de Delacroix et une de Renoir. Elles sont réalisées par Mario Ferreri, l’un des derniers lithographes en France. En acheter une, c’est soutenir notre aventure artistique en contrepartie de 60% de réduction d’impôts et de deux places pour le spectacle ». Mais plus encore, c’est aussi marcher dans les pas de Victor Chocquet et se faire mécène à son tour pour rendre hommage à celui qui le fut. Joli clin d’œil !

  • Pour tout renseignement concernant « Le Cercle des Contributeurs » et les lithographies de Renoir et Delacroix, contacter : 06 62 33 02 24 ou 06 70 79 37 70

A propos de l'auteur

Articles similaires

Laisser un commentaire