Fabien Sgarra fait partie de la vague de renouveau de l’Etoile, qui cette année a décidé de presque tout changer, sauf les fondations fortes que sont le Président, évidemment, et le coach. Pour nous expliquer le reste, il y a aujourd’hui un service communication en place, et c’est justement le fameux Fabien Sgara qui est derrière. Un homme qui a déjà connu les clubs avec des projets qui partent de pas grand chose pour aller tout en haut, puisqu’il était de l’aventure GF38. Il s’était juré de ne plus jamais mettre le doigt dans l’engrenage du ballon rond, et comme beaucoup d’autres, il n’a pas tenu parole à sa propre personne. La passion, que voulez-vous !

Fabien c’est quoi votre parcours ?

J’ai toujours été passionné par les challenges. J’ai connu ça à l’Olympique Grenoble Isère, à l’époque. La volonté de la municipalité était de sortir le foot de l’anonymat et de la faire monter au niveau professionnel, tout en se basant sur ce qu’il y avait de disponible dans les quartiers et de tout tirer vers le haut. Avec quelques amis on a été sollicités pour ça, et on a fait remonter le club de la 6e division à la Ligue 2. C’était une belle expérience, très usante, et je m’étais juré de ne jamais remettre les pieds dans le football. J’ai ensuite fait beaucoup de choses à côté, et puis comme l’an dernier le club de foot de Fréjus-St-Raphaël a connu une saison très difficile, sportivement, le président Alexandre Barbero m’a proposé de relever un nouveau défi. Je ne suis pas tout seul, le club a aussi recruté Jean-Carl Tonin comme directeur sportif (ancien de Dijon, ndlr), un nouveau responsable du pôle exploitation stade et sécurité, bref, on est pas mal à être des nouveaux venus au club à des postes clés.

On vous l’a vendu comme un club qui va remonter très vite en National ?

Pas du tout, on repart d’une feuille blanche. L’an dernier on n’en parle presque pas. On sait très bien que le championnat CFA est très difficile, il n’y a qu’une seule place pour monter, et le groupe du sud regroupe beaucoup d’équipes de valeur. Le club est marqué par la saison dernière, on ne se relève pas facilement de ces saisons-là. Quand on écoute parler Gaétan (Deneuve, capitaine et gardien titulaire, ndlr), il en parle souvent : il évoque souvent les saisons difficiles. C’est comme ça, les combats perdus marquent beaucoup. Notre regard neuf fait du bien, je pense.

Un club qui vient de descendre est vu comme un épouvantail, non ?

Il y a quatre réserves de Ligue 1, donc le championnat se fait plus ou moins à 11. Mais le niveau contre la réserve de Nice, Montpelier, Monaco ou Marseille, c’est dur. On sait aussi que contre Toulon ou Martigues, ce sont des combats. La Cfa, c’est un championnat où il faut aller chercher des points parfois un peu raccrocs. A nous de rester dans le haut du classement pendant les matches aller, et si on voit qu’on est dans les 4 ou 5 premiers en janvier, on devra faire le plein de points à domicile, et faire des perfs à l’extérieur. Il vaut mieux être en embuscade, plutôt que devant où l’on parle un peu trop de vous.

La coupe de France va jouer un rôle ?

En Cfa elle commence presque tout de suite, en septembre, on rentre au 4e tour. Pour bien l’avoir connue avec Grenoble, c’est très bien pour mettre le focus sur un club, quand on tire une Ligue 1, ça attire du monde à domicile, mais ça mobilise beaucoup d’énergie, Le focus promotionnel est génial, mais si on arrive en 32e de finale, il y a des matchs en semaine, et là, il faut de l’effectif, et ce sera en même temps que les matchs couperet de championnat. On sait qu’on ne peut pratiquement pas la gagner, alors vaut-il mieux la jouer à fond, et se mettre en danger, ou jouer plutôt la montée ? Je n’ai pas la réponse, c’est compliqué.

Question difficile : comment on travaille avec un club qui est descendu, qui n’a plus de stade, qui a tout à faire ?

C’est justement ça qui est excitant. Il y a 800 licenciés, ici, ça veut dire qu’il faut des stades, des plannings, de l’équipement. Moi je travaille beaucoup avec les médias de proximité, et les institutionnels, d’autant plus qu’ici c’est un club fruit de la fusion de deux équipes dans deux villes différentes. L’objectif c’est de communiquer au maximum, donner de l’info sur le club. On s’appuie beaucoup sur les réseaux sociaux, les clubs amateurs sont obligés de travailler avec ça. Et puis même en CFA, il faut s’occuper des partenaires. On a relooké notre espace partenaire au stade Louis Hon, avec de la moquette au sol, de la musique, du confort, pour accueillir des décideurs potentiels parce qu’on a besoin d’eux. Aujourd’hui, un nouveau partenaire doit être privilégié, il faut qu’on leur propose des packages de confort, et même à l’échelle de la Cfa, il faut poser les bases de l’avenir. Provoquer un effet boule de neige si l’équipe monte, encourager les gens à nous suivre sur le long terme.

Et la descente de l’an dernier a-t-elle provoqué des défections chez les partenaires ?

Dans l’ensemble, non, pas du tout ! Ils ont été fidèles. Même s’il y a une différence entre le National et la Cfa, médiatiquement c’est un peu pareil, il n’y a pas beaucoup de visibilité, la ligue professionnelle n’est pas impliquée. La fédération essaie de montrer un peu de National via Internet, mais c’est peu exposé. On a vu qu’on drainait presque plus de public avec les réceptions de Monaco et Martigues que l’an dernier avec Chambly, par exemple. La Cfa, c’est des équipes de proximité, qui attirent des supporters. Pour moi, c’est un peu le même combat que le National. Servons-nous de ces années-là pour construire une base solide, qui portera le club s’il monte à l’échelle pro. Ce sera un travail de logue haleine.

Ce qui sera difficile c’est de garder les U15 et U17, non ?

La formation va être le grand chantier, le point d’ancrage du club. Jean Carl Tonin travaille sur un projet sportif qui commence à partir des u6. Il y aura une trame collective, avec des directives données à tous les éducateurs. On va aussi commencer la détection via les classes horaires aménagées, les jeunes du club sont très nombreux. On a quatre ou 5 équipes, dans les catégories de jeunes, avec de grosses disparités de niveau, de la DH à l’excellence départementale.

Les jeunes viennent à Fréjus parce qu’ils savent qu’il y a un bon niveau.

C’est un club épié par les clubs pros, avec des scouts. Sur les équipes en DH, comme les u15, u17 et u19 qui sont aux portes du niveau national, c’est sérieux ! On veut essayer de les garder avec un projet sportif et une détection forte. Evidemment que si la vitrine du club reste en Cfa, les meilleurs vont vouloir tenter leur chance dans les centres de formation qui sont à proximité, Nice, Marseille, Monaco. Les parents ont un rôle à jouer, là-dedans, à nous de leur expliquer que c’est bien beau de porter le maillot du Gym, mais que si c’est pour le faire dans la 3e équipe, c’est plus intéressant de rester à Fréjus. C’est intéressant, pour ça d’avoir de bons résultats chez les jeunes. Le club est crédible, on sait faire progresser nos jeunes. Si les deux équipes sénior montent, on se retrouverait avec une équipe en Cfa2 et une en national, ce serait pas mal.

Charly Paquillé est probablement la bonne personne pour encadrer ça.

Il fait partie des meubles. Moi j’ai un regard neuf sur le club, lui connaît tout ça depuis très longtemps. Il sent un nouvel élan, on est là pour une mission, restructurer le club, redonner sa compétitivité à l’équipe, véhiculer une image performante.

Vous avez vécu l’ascension du GF 38. Vous retrouvez cette ambiance, ici ?

J’en parlais ce matin avec les élus raphaëlois, c’est un peu ça. Je suis arrivé à Grenoble il y avait tout à faire, Grenoble aussi c’était une histoire de fusion, mais il fallait fusionner avec des clubs de quartier, le foot jouait sur le même terrain que le rugby roi, et c’était vraiment pas simple. La trame du travail que l’on a à accomplir, c’est la même. Ici, il n’y avait pas d’organigramme, maintenant, on a des fiches de poste, les gens connaissent leur mission. Le plus délicat, c’est que dans un club comme ici, il y a des salariés, des bénévoles, qui sont là depuis longtemps, des anciens dirigeants, le mélange est très complexe. Mais on doit le gérer professionnellement, ne pas perdre de temps, faire une feuille de route et la respecter. Je ne connais pas très bien les gens ni l’environnement du club parce que je suis nouveau, mais avec les autres, on est là pour faire avancer les choses.

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