Il y a vingt ans déjà, le groupe le plus violent du «monde connu» sortait son album le plus abouti, un brûlot de plus d’une heure qui allait révolutionner le monde de la musique gothique, le fameux Dusk …and her embrace. Pourquoi on vous parle de cet album aujourd’hui ? Parce que Cradle, c’est devenu complètement pourri, et ce, très vite. Juste après, en fait, quand le batteur Nick Barker a décidé qu’il avait un son pourri (c’était vrai sur le successeur de ce disque mythique), et qu’il a préféré quitter le navire. Mais quand les enfants des 80’s naissantes étaient au lycée, Cradle of Filth, c’était le seul groupe que les filles jolies et toutes en noir aimaient bien, avec Depeche Mode, et pas encore Rammstein, trop «allemand». Il faut dire que la bande de Dani Filth avait de sérieux arguments à faire valoir.

De la science à tous les étages

Il faut toutefois préciser une chose : Cradle, c’était pas le groupe préféré e nos mères, qi ne pouvaient absolument pas comprendre comment un type qui hurle comme un chat enragé peut se faire appeler chanteur. Mais une fois passé cet obstacle de taille, musicalement, c’était juste énorme : des ambiances comme on n’en avait jamais entendu nulle part, un son à la fois puisant et éthéré, comme si l’album avait été enregistré avec des gros moyens, mais la nuit dans un cimetière. Il règne sur ce disque une ambiance vampirique absolument fascinante, qui ne verse pas dans le ridicule vingt ans après, ce qui le place définitivement comme un album de qualité (c’est quand ça devient kitsch que finalement, on se rend compte que la mode et ses turpitudes avaient fait l’essentiel du travail). Redécouvert à froid, Dusk… N’a pas pris l’ombre d’une ride : les parties de batterie sont supersoniques et très techniques, les mélodies de guitares sont léchées, bien senties, bien placées, au milieu de riffs qui défriseraient la moustache de José Bové au milieu d’un champ de Colza en lein soleil. C’est véloce, brutal, mais ausi très finement pensé dans les moindres détails. Il y a comme un mélange de Dissection et d’Elend, un  mariage e raison et d’ambiances entre la violence d’Emperor (en moins ésotérique) et la délicatesse de Theater of Tragedy. Certes, ça fait pas mal de groupes dont l’immense majorité d’entre vous n’ont jamais entendu parler. Mais si vous cherchez la parfaite bande-son pour une soirée à thème avec des vampires, des succubes, des spectres et des nuages noirs, Dusk…and her embrace n’a aucun équivalent. Il y a même des cris de femmes.

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