Franck Aymonin (pas sur la photo, ça c’est Kai Greene) est lui aussi coach sportif. Ancien sprinteur d’un très bon niveau, issu des clubs d’athlétisme parisiens, il est aujourd’hui toujours aussi passionné de sport et continue de s’entraîner, en m^me temps qu’il entraîne les autres. Certains sportifs de haut niveau font régulièrement appel à lui, de même que des pratiquants qui souhaitent simplement se remettre en forme. De la préparation physique d’un joueur de première division de hand ball, ou d’une championne du monde de saut en longueur, à celle d’un sportif lambda qui veut simplement les bons conseils, comment on s’y retrouve ? Eléments de réponse avec l’intéressé.

 « Les sédentaires ont moins le souci du détail. Je fais ce métier depuis dix ans, et j’ai l’impression, surtout dans le sud, que les sportifs « lambda » sont vraiment dans la culture de l’effort, « no pain no gain ». Ils sont plus fous que des sportifs de haut niveau, dans l’intensité. Ils se blessent plus, du coup. Le sport de haut niveau c’est plus difficile à coacher, parce qu’il n’y a pas de place au hasard, et on ne peut pas satisfaire un client qui souhaite faire simplement du volume d’activités, même si notre rôle c’est de lui proposer de la variété et de le pousser dans la limite de ce qu’il peut faire. Le sportif de haut niveau veut de l’entraînement très spécifique. » Alors, coach, garde-fou ou motivateur ? « Et bien ça dépend, certains ont besoin qu’on les calme. Les flemmards on n’en a pas tant que ça. Certains qui viennent aux cours collectifs le soir, on voit vraiment des trucs de fou ! Notre rôle c’est de trouver un équilibre entre le business et la santé. Il faut plaire aux gens, leur donner ce qu’ils demandent, mais respecter leur corps pour qu’ils t’en soient reconnaissants sur le long terme. »

La connaisance du corps

Est-ce que les gens connaissent leurs corps ? Selon Franck, pas très bien : « ils ne le connaissent pas du tout, mais ça devient carrément philosophique ! J’essaie de les pousser à s’écouter, mais c’est presque tabou. Pas simplement « t’as mal au genou », aller plus loin que ça, tu t sens fatigué, comment tu manges, qu’est ce qui se passe dans ta tête, ta forme générale, ton appétit, ta libido, plein de choses. C’est plus facile de rentrer dans ce genre de relation avec un sportif aguerri qu’avec un sportif occasionnel. C’est ce que je te disais à propos du No Pain No Gain très occidental. Les gens ne viennent pas toujours recevoir un enseignement, ils viennent, hélas, consommer un produit. C’est à nous de mélanger l’aspect enseignement et produit, pour gagner notre vie. Le plus important c’est de respecter le corps des gens, de leur éviter la blessure. Ils savent qu’on est là pour ces choses, et s’ils font appel à nous, c’est pour nous écouter, je pense ! »

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