C’est dans un Roquebrune un peu chamboulé par des histoires politiques que c’est déroulé ce Politiquement InCorrect, premier festival local de la caricature, qui a mobilisé quelques-uns des meilleurs caricaturistes du moment. On ne vous reparle pas des invités, M’oiselle Jeanne l’a fait dans notre numéro précédent avec sa plume féminine et son style inimitable. Nous avons d’ailleurs eu très envie d’y aller dès l’ouverture, dès le samedi matin, histoire de croiser un jeune auteur qui vit un rêve éveillé, et quelques colleurs d’affiches en train d’inonder une colonne Morris avec des placards énormes qui font la promotion de la venue de Marine Le Pen à Fréjus, à l’heure du Martini Olive. Politiquement InCorrect, c’est ça ?

Tesse, que est ton univers ?

C’est très étendu. La caricature bien sûr qui me passionne depuis mon plus jeune âge, qui ne me fit pas forcément vivre mais c’est ma grande passion. Je fais aussi de l’illustration, du story-board publicitaire, du jeu vidéo. J’essaie d’exercer ma passion de la manière la plus étendue possible.

Pourquoi la caricature plus qu’autre chose ?

Parce que je sis passionné par ça depuis mon enfance, je sis tombé dedans à cause du Trio Jean Mulatier, Ricord et Morchoisne qui m’ont fait délirer avec leurs Grandes Gueules, et pis un eu plus tard toute la période Fluide Glacial avec Maëster qui incluait dans ses BD des caricatures de grande personnalités. Pour moi la caricature c’est encore autre chose que la BD, ça permet de l’amener plus loin.

Comment on trouve de l’énergie et du temps pour finalement, gagner si peu ?

C’est justement la passion qui nous porte ! On n’en attend rien de particulier, pour moi c’est un moteur. Quand je veux me détendre, je dessine une caricature, il y en a qui fument, moi je dessine.

Les BDistes sont souvent des vieux monsieurs tristes. C’est pareil chez vous ?

Il y a certains caricaturistes qui n’ont aucun humour ! Qui n’ont aucun recul sur leur métier et qui n’acceptent pas de se faire caricaturer !

C’est mal pris, souvent, de se faire caricaturer ?

Et bien ça arrive ! Parce que les gens sont soumis à une image d’eux qu’ils ne veulent pas voir, on acentue des traits qu’eux-mêmes connaissent mais rejettent. C’et pour nous beaucoup de pratique, beaucoup de temps, ça vient petit à petit. Moi j’ai beaucoup regardé le travail de Mulatier, on l’appelle Dieu dans le milieu ! J’ai regardé comment il tirait sur certains traits, comment il s’y prenait et chez moi c’est venu petit à petit. Par exemple, je te regarde, et je sais à peu près ce que je pourrai faire de toi !

J’ai peur, laisse-moi tranquille ! Parle-nous plutôt du livre pour lequel tu es en promo, la Trilogie des Malfaisants.

C’est un livre réalisé à plusieurs, avec Borot, Maëster, et moi je partage l’affiche avec mes idoles. Quand j’étais petit et que je lisais Fluide, jamais je n’aurais pensé publier au côtés de ces gens-là.  C’est un recueil d’illustrations qui tourne autour des films de Georges Lautner, avec les dialogues de Michel Audiard. Les Barbouzes, Ne nous fâchons pas, et les Tontons Flingueurs. Et moi, avec mes planches traditionnelles au crayon, je sis juste après Maëster  Regarde les dessins de Thierry Coquelet, tout au stylo bille, c’est vraiment de la haute voltige, c’est presque photo-réaliste.

Vous discutez beaucoup de votre travail entre vous ?

Oui, on aime se montrer nos planches, on discute énormément de tout ça, les détails, les techniques des uns et des autres, c’est hyper stimulant. Et regarde le résultat, c’est un très beau livre, je suis extrêmement fier !

 

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