Avec l’évolution récente des services de streaming, comme NetFlix, PopCorn ou Zive, entre autres, le film en copie physique a du souci à se faire. Parce que la qualité est là, contrairement à ce qui pouvait se passer du temps du bon vieux téléchargement à moitié voire complètement illégal, en 699 Mo pour que ça rentre sur un CDR, quitte à ce que même un film de 3h40 comme Titanic soit dans une qualité à rendre fière la plus bousillée des VHS. Aujourd’hui, on peut regarder sans forcer sa connexion un film en True-HD, DTS-HD, sûrement très prochainement en 3D 4K, sans aucun problème. Et pourtant…

Et pourtant le public continue de se surpasser, en cédant à l’un des plus désagréables défauts de l’être humain : l’impatience. L’envie irrépressible de voir des films qui sont à l’instant présent à l’affiche au cinéma, de peur d’avoir un train de retard, comme si tout ce qui s’était passé avant en matière de 7e art n’avait aucune raison d’être. Pourtant, il est indéniable que certains films n’ont aucun intérêt quand ils sont visionnés dans de mauvaises conditions, d’autant plus que leur remaster en haute définition bouscule carrément les attentes des plus cinéphiles et technophiles d’entre nous. Partons de ce postulat de départ, et dressons ensemble une petite liste des films que vous feriez mieux de voir en bonne condition sur des Blu-Rays à moins de dix balles, plutôt qu’un vieux screener moisi en québécois du dernier Vin Diesel. Vous perdrez moins votre temps, faites-nous confiance !

1- 2001, l’odyssée de l’espace

Stanley Kubrick est un malade mental prêt à tout pour donner à ses films des grilles de lecture à entrées multiples, et une esthétique toujours à couper le souffle. Quand il réalise 2001…, il ambitionne de révolutionner le film de sciencefiction, et devinez quoi…il réussit son pari. En inventant cette histoire d’ordinateur autonome, d’intelligence artificielle, il crée presque un nouveau genre, bercé par la musique classique et une photographie à rendre dingue. Jusqu’à sa sortie en bluray, les noirs profonds du film n’avaient jamais retrouvé leur aspect originel, et la musique de Johan Strauss méritait elle aussi un master HD. On est enfin sauvés.

2- Alien, le 8e passager

1978, Ridley Scott se prend presque pour Kubrick et invente lui aussi un nouveau genre de cinéma : le film de créature. Avec son indestructible, son inarrêtable Alien, le réalisateur le plus sauvage du monde imagine un monde froid, humide, noir comme une mine de charbon à 5 km de fond. En dehors de sa copie cinéma, les éditions multiples de la première trilogie Alien (en dehors de celui de JP Jeunet, un peu à part quoi qu’on en dise) n’avait jamais retrouvé la noirceur originelle, nécessaire à insuffler la peur et plus que ça…l’inquiétude glaciale. Avec un coffret mémorable en 2009, il est aujourd’hui possible de se désintégrer face à ce spectacle ahurissant de violence, d’esthétisme monstrueux, et de beauté criminelle.

3- Les Dix Commandements

Un film qui a aujourd’hui 60 ans, et qui a malheureusement été rebooté avec dans le rôle de Moïse, le bien mal employé Christian Bale, perdu dans un Gods and Kings qui fait pâle figure en face de l’original de Cecil B.De Mille. Déjà restauré pour sa sortie en coffret DVD Collector en 2006 (la Paramount avait alors édité une version très bien remasterisée du film, et l’avait augmentée d’une belle copie de l’original, le vrai, le film muet de 1923, du même Cecil B.De Mille), Les Dix Commandements existe aujourd’hui en Blu-Ray, et c’est somptueux. Charlton Heston, Yul Brynner, Anne Baxter, l’Egypte (la vraie, en tous cas pour les scènes en plein air) méritent bien 3h39 minutes de notre temps sur Terre. Et pas en DivX moisi, pitié.

4- Heat

La plus belle fresque de Martin Scorcese, malgré la filmographie exemplaire de ce maître du film de gangsters. Heat, c’est le parfait revival de l’opposition entre Al Pacino et Robert de Niro, cette fois-ci contemporains (pas comme dans Le Parrain), et directement en face-à-face, avec Pacino dans le rôle du flic et De Niro dans celui du voyou. Pour arbitrer ce duel de géants, Val Kilmer apparaît dans ce qui restera peut être comme son interprétation la plus sobre, donc l’une des plus réussies. Sorti en DVD une première fois au tout début de l’existence du format, la copie de Heat était ignoble, en disque double-face à cause des 170 minutes du film, difficiles à faire tenir sur un disque unique en bonne qualité de compression. Un échec technique malgré tout, puisque l’image est tout bonnement atroce. Chose réparée des années plus tard avec une copie désormais en HD de très haute facture, qui redonne à ce film ses lettres de noblesse.

5- Amadeus

Milos Forman est un grand de ce monde. Ne seraitce qu’avec cette oeuvre mythique qui retrace dans les grandes largeurs la vie, l’oeuvre et la folie de Wolfgang Amadeus Mozart, dans l’Autriche du XVIIIe siècle. Son pus grand tour de force, avoir donné le rôle titre à un acteur de seconde zone, relégué depuis aux tout petits rôles malgré le triomphe de la fresque de Forman : un certain Tom Hulce, qui restera à jamais comme l’incarnation visible et palpable du compositeur le plus fantasque et le plus célèbre de l’histoire. A l’instar de Heat, la première sortie en DVD d’Amadeus ne fut pas une grande réussite, et heureusement, la maison d’édition a rectifié le tir des années plus tard avec une magnifique édition prestige qui rendait un peu d’allure à ce film hyper grandiloquent. Mais ce n’est qu’en BluRay, avec une bande son remasterisée aux petits oignons, que s’apprécie pour de bon cet immense chef d’oeuvre des années 90.

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