Comment s’est montée cette structure du Bercail dans les années 80 ? Pourquoi sur un domaine viticole ? Et comment se sont développées les autres activités ? Autant de questions que le patron s’est fait un plaisir de démystifier. »Avant que ce soit un établissement spécialisé en 1984, c’était un très beau domaine agricole, qu’on appelait une maison bourgeoise. Des activités liées à la viticulture, à l’agriculture. Il a été laissé à l’abandon, la ville de Puget l’a racheté en 1984 et l’a mis à disposition de l’Adapei très rapidement. La mairie a gardé une partie des murs pour y loger un centre aéré municipal, il est toujours là. C’est la vocation éducative du Bercail. L’activité la plus connue, c’est l’activité viticole. On a aussi ici un restaurant qui ouvre du lundi au vendredi, où l’on accueille le monde « ordinaire » vers nous, et c’est extraordinaire ! On y a ajouté depuis peu une activité de blanchisserie, avec un service que l’on propose aux collectivités, centres de vacances, hôtels, et notre outil est très fonctionnel. Cela nous permet de proposer à nos travailleurs des activités différenciées. On cherche toujours un équilibre, entre les activités postées, les activités pénibles, les choses répétitives, les hommes et les femmes… Et on a aussi une activité de gestion des espaces verts, connue à l’extérieur puisque nos personnels sortent ! »

L’encadrement et la mise en lumière

Un domaine de 14 hectares, une grande blanchisserie, un restaurant, ça se gère. Et c’est pas si simple : « notre savoir-faire est reconnu, et se développe. Le vin bénéficie d’une belle notoriété, les viticulteurs de la région nous confient parfois, en hiver, leur vigne à tailler. Ce plateau technique, c’est un objectif. Notre engagement c’est de promouvoir une offre de travail la plus large possible, pour favoriser l’intégration. Dans les autres ESAT, il y a aussi des activités de menuiserie industrielle, de voirie, etc. Le handicap est visible, chez nous, mais ce n’est pas une difficulté. C’est simplement le porter aux yeux du public « ordinaire », c’est de l’inclusion. Les ESAT ont porté ces choses-là en médiatisant le handicap sur le devant de la scène par le biais du travail, et ça les rend plus acceptables. » 

Quand on lui demande comment il est arrivé là où il est, Jean-François Cheppio se rappelle parfaitement son parcours : « Je suis arrivé par la filière technique. Qu’est-ce qui a fait que je suis resté ? Ces métiers nous mobilisent parce qu’ils ont un sens. C’est un rendez-vous avec soi-même. Quitte à faire de l’entreprise, autant que ça ait du sens. Part exemple à la cave, on a des techniciens qui avant travaillaient dans des domaines ordinaires. Ils ont eu la curiosité de venir voir, ils ont essayé, ils sont restés, pas tous mais certains. Cet environnement est particulier, c’est une entreprise commerciale avec une portée sociale. Il y a bien sûr un phénomène d’usure, mais nos publics sont toniques, ça apprend la modestie. On nous confie des jeunes générations en ESAT, ils nous tirent vers le haut, je vous jure, c’est extraordinaire ! Ici il y a des couples qui se font et se défont, il y a parfois des naissances et là c’est compliqué, ces choses-là sont un peu nouvelles et dépassent parfois les intervenants ! C’est un sujet inépuisable. »

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