World Gone Mad…Tu parles que le monde devient dingue ! Dave Lombardo, le monstre absolu du thrash, le batteur qui n’aurait jamais dû avoir de successeur dans le vaisseau amiral du metal qu’est Slayer, a encore été mis de côté, de son propre chef ou pas on ne sait jamais vraiment. Toujours est-il que Grip Inc c’est fini (parce que Gus Chambers est mort, et oui). La comédie Apocalyptica c’était sympa pour faire rigoler les filles. Mais une tournée et un album avec Suicidal Tendencies, ça, c’était moins une blague. Que Dave remplace sur quelques dates, encore…Mais un album, un vrai, entier, avec un vrai line-up (pas comme la dernière fois avec le patchwork « 13 »), on n’y croyait franchement pas du tout. Et pourtant il est là, dans les bacs, dans mes mains, et il est peut-être pas énorme de bout en bout, mais il comporte des ingrédients délicieux qui le rendent incontournable.

Make me cuban

Dave Lombardo dans un groupe avec un bassiste qui slappe, c’est très, très loin de Tom Araya. Pourtant il fallait bien que ça arrive un jour. Les racines cubaines, absolument ! Cette dernière livraison de Suicidal, c’est un peu comme un assemblage de madeleines de Proust : « Ah, si seulement ils pouvaient refaire des solos comme avant, mais en gardant le côté punk intense qu’ils avaient en 2000 avec Freedumb, et toujours la basse à fond ». Ben voilà, c’est fait, cet album existe. Dean Pleasants, guitariste de son état, renoue avec le son wah-wah-reverb que le groupe a trimbalé entre The Art of Rebellion et Suicidal For Life. Dave Lombardo fait moins de Gospel Chops que l’incroyable Eric Moore, forcément. Mais il pue le metal à 10 000 km, et il bastonne son instrument comme peu de gens sur la planète savent le faire : on le reconnaît immédiatement, cette tempête acoustique, ces cymbales épaisses, ces plans rapides et violents à la fois, qui s’écrasent plus qu’ils ne planent. Autour, ça tricote plutôt bien, et Mike Muir est infatigable. Vous cherchiez une bande-son pour attaquer le lycée ou la fac avec la pêche, vous avez trouvé. Je vous rappelle que Suicidal n’aime ni les racistes, ni les hippies, ni les vegans, ni le disco, ni la pop moisie. Bref, si vous êtes un rageux à l’esprit sain, vous êtes au bon endroit, mais vraiment.

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