Nostalgiques des années 90, vous allez vivre un moment de deuil absolument épouvantable. Pourtant ça y est, il fallait bien que ça arrive un jour : le magnétoscope est mort. Le dernier fabricant de magnétoscopes VHS, le Japonais, Funai, qui fournissait aussi d’autres marques comme Sanyo, a annoncé officiellement la fin de la production de ses magnétoscopes parce que l’un de ses principaux fournisseurs ne pouvait plus l’alimenter en pièces pour moins d’un million d’unités par an. Et le dernier exercice en date faisait état de 750 000 magnétoscopes écoulés dans le monde en 2015. Alors où et achetés par qui, ça reste une énigme. Quoi qu’il en soit, c’est fini, et il est temps de revenir sur quelques informations clés à propos de cet objet qui a littéralement révolutionné le monde de l’audio-visuel, en permettant d’enregistrer des images en mouvement, avec du son par-dessus. Et c’est vieux. Et c’est Français, oui madame.

1909 – Un Français se sent

Constantin Senlecq, voilà le nom de ce notaire passionné de technologie qui a imaginé donner une vie magnétique aux images, mais il ne fait que déposer un brevet. Ce n’est que 18 ans plus tard qu’un Anglais avec un nom russe (Ritcheouloff) donne vie à l’objet, et les Anglais seront les premiers à enregistrer des émissions de télévision d’abord sans le son. Ce n’est qu’en 1951 que le chanteur Bing Crosby utilisera pour de vrai le concept, et rediffusera effectivement une émission de télé enregistrée, en ayant pris soin d’être le distributeur officiel de la marque Ampex, qui fabrique ces énormes magnétoscopes professionnels, qui sont aussi gros que des armoires normandes.

1976 – JVC dame le pion à Sony et Phillips

C’est en 1976 que JVC commercialise son système VHS. C’est technique, mais pour être précis, le H de VHS voulait dire à l’origine Hélicoïdal, et c’est ce mode d’enregistrelent des es images qui a rencontré le plus de succès. Avec son magnétoscope, JVC propose de lire des vidéos, mais aussi d’enregistrer des images et du son sur des durées de 3, puis 4, puis 5 heures (les fameuses 300, pour 3000 minutes), qui s’étendront jusqu’à 10 heures avec le système « double-length ». Les systèmes Betamx de Sony et V2000 de Phillips connaîtront à terme le même sort que le HD-DVD et que le MiniDisc (Sony ne peut pas gagner à tous les coups). C’était pourtant le système VHS qui était le moins performant, mais il était celui que les VideoClubs ont privilégié, et c’était aussi celui qui permettait les plus longues durées d’enregistrement, en dépit de la qualité.

Kim Ki-Duk

C’est le nom du réalisateur de Cheongchun gyosa, ou en anglais « The Young Teacher », un film de 1972 qui sera le premier à sortir en VHS. Une histoire de prof qui organise une partie de Volley pour améliorer l’esprit d’équipe entre ses élèves, mais qui va déchanter quand deux d’entre eux vont s’enfuir. Bref, c’est coréen. Aux USA il faudra attendre 1977, pour voir les premiers films à sortir (entre autres, The Sound of Music, MAS*H et Patton. Comment ? Parce qu’une compagnie du nom de Magnetic Video a filé un peu de blé à une 20th Century Fox à l’agonie (malgré le triomphe de Star Wars) pour exploiter la commercialisation d’une cinquantaine de films de son back-catalogue. Et ça coûtait entre 50 et 70 dollars !

Gros sous

Et si la VHS devenait un objet de culte ? C’est déjà le cas, avec quelques titres, général super rares parce qu’ils sont interdits, et qui atteignent des sommets en matière de prix. La plus chère du monde est une VHS du « Château de l’Horreur, un film d’épouvante pornotico-gore de 1972 réalisé par un certain Robert Oliver, probablement un pseudonyme pour l’acteur Oscar Brazzi, mais on n’en est pas sûrs. En tous cas, il y a des femmes nues, des viols, des troglodytes, du trafic d’organes et un descendant de Frankenstein. C’est en tous cas 300 euros plus cher que ce film de Nazisploitation Les Armes secrètes du 3e Reich, qui comme le veut le genre, met en scène des actes criminels et sexuels dans des prisons pour femmes et des camps de concentration. C’est Italien, et ça date des 70’s, cherchez pas.

Et le dernier ?

Et bien le dernier film à être sorti en simultané en DVD et en VHS? c’était le film de David Cronenberg A History of Violence, avec Vifggo Mortensen et Maria Bello. On était en 2008, et ce sera pour l’histoire, le « dernier Noël de la VHS », qui va donc progressivement disparaître définitivement avec cette terrible nouvelle annoncée par Funai. Goodbye, Lady.

 

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