Du sang, des bibles et des hurlements au milieu d’une pluie de flammes et d’un déluge de plomb. Voilà à quoi ressemble le dernier Mel Gibson. Une ode guerrière mâtinée de catholicisme (évidemment), de violence crue, de photo-réalisme presque dérangeant, et de talent. Parce qu’il faut quand même préciser quelque chose : on n’avait pas vu pareil film de guerre depuis très longtemps, peut-être depuis le Soldat Ryan de Spielberg. Peut-être depuis Platoon. Et si on n’avait pas la sensation que c’est un acte militant, encore une fois, pour expliquer à la planète que Jésus est grand et miséricordieux, ça aurait même pu être parfait. Allez, chronique d’un 17/20 mention très bien, mais sans les félicitations.

Cette tapette de Superman

« Tu ne tueras point », c’est l’histoire de Desmond Doss, un objecteur de conscience élevé par une grenouille de bénitier et par un vétéran de la WW1, converti en alcoolique dévasté par le bruit des bombes, les gaz toxiques et la mort de ses compagnons au champ d’honneur. Le frère de Desmond s’engage pour aller en Europe délivrer les peuples opprimés de la tourmente moustachue et belliqueuse. Desmond (Andrew Garfield, excellent) veut en être aussi, contre l’avis de sa future femme (la saisissante Teresa Palmer), de son père (Hugo Weaving), et même du corps des Marines, puisqu’il ne veut surtout pas porter d’arme, et ça, c’est pas possible. Il en fera de la taule, il en essuiera des corrections de la part de ses compagnons de chambrée, mais il tiendra bon, et il ira sur le champ de bataille japonais, en tant qu’infirmier. C’est là qu’il donnera tout ce qu’il a (et croyez le bien, il en a sous la godasse, le mec) pour sauver des vies en tant que toubib possédé par Dieu.

Mel Gibson a décidé de consacrer les 131 minutes de son film à un authentique héros de l’Amérique, un sauveur de vies à côté duquel Superman est un gentil débutant. Desmond Doss fait partie de la grande Histoire, parce qu’il a sauvé un nombre très important de vies humaines. Sans vous en dire trop, sachez juste que ce n’est pas monsieur tout le monde. Et que Mel Gibson a réalisé un film en conséquence, spectaculaire, grandiloquent, monstrueux de violence mais aussi de tension. Il relègue le réalisme du Soldat Ryan loin derrière. La seule chose qui peut gêner, c’est la bible, partout, tout le temps. Mais on l’oublie assez vite si on se détache du deuxième degré de lecture proposé par le réalisateur, et « Tu ne tueras point », comme simple divertissement haut de gamme, vaut le détour. Plus que 95% des films.

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