Il faut travailler 7 minutes au Smic, en 2017, pour s’acheter une baguette de pain. C’est une moyenne, il paraît que ça n’a pas bougé depuis 2014. On s’en était rendu compte, de toute façon, que la galère était déjà bien scandaleuse en 2014, c’est pas vieux, 2014. Moins de 1000 jours. 1000 jours, c’est parfois très long, pour ceux qui n’ont pas une vie facile. Entendez par là, une vie faite de détresse, de misère, de maladie, de choses graves, empilées les unes sur les autres, parfois avec l’impossibilité absolue de s’en sortir, c’est même plus une question de volonté. Les Amis de Paola, vous connaissez ? Une ancienne maison de particuliers, située dans la rue Maurin des Maures, à 100 mètres de la mosquée de La Gabelle à Fréjus. Un endroit discret, perdu au milieu d’un faubourg résidentiel où il ne se passe jamais rien. Et bien pourtant c’est là que se retrouvent les gens les plus en difficulté de notre bassin de vie. Ceux à qui on jette la pièce quand on a un peu d’envie d’aider, et de la monnaie. Ceux à qui on reproche de sentir mauvais et d’être des feignasses quand on a le sentiment de faire ce qu’il faut pour ne pas être dans la misère. Ceux qui dormiraient dans le froid et sur du « mobilier urbain anti-SDF », avec un pic en béton dans le dos, si Les Amis de Paola n’étaient pas là, pour chauffer quelques mètres carrés, diffuser des vieilles séries américaines et filer un bout de pain ou un café chaud à la première heure. La misère est partout, chers lecteurs, même en bas de nos immeubles. Même ici, où l’on roule en Benz ou en  Jaguar quand on a réussi. Il n’y a pas qu’en Inde que la caste des riches côtoie les laissés pour compte. Dans le pays des droits de l’homme, la mixité sociale atteint ausi certaines limites, et de l’autre côté, on n’y va jamais.

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