Du blé, du blé, encore du blé. Voilà au moins une façon originale de dépenser autant de pognon d’un seul coup. L’aventure humaine la plus extrême qui soit, paraît-il. Le Vendée Globe, moi, ça m’énerve peut-être autant que le rallye Dakar. A ceci près que le nom est un peu moins débile, déjà. Parce que rouler à 200 à l’heure sur des pistes de pays pauvres, en Amérique du Sud ou en Afrique, c’est quand même pas la même chose. On n’y meurt pas des mêmes maladies, les dictateurs n’ont pas les mêmes lubies, et les gens qui regardent passer des bolides en se demandant si leurs gosses ne sont pas en danger quand ils jouent avec un serpent, ne sont pas fringués de la même façon. Bref, Dakar n’est pas en Argentine, et je crois sincèrement qu’il reste encore une grande part du « public qui s’en fout », c’est à dire une immense majorité des gens, qui croit que le rallye part de Paris et s’arrête à Dakar. Tout ça pour vous dire qu’on s’en cogne grave, du Dakar. Autant que du Vendée Globe, l’épreuve sportive la plus insuivable de l’histoire de la médiatisation. Des mecs (ou des femmes, pas souvent mais il y en a), seuls sur des rafiots pendant trois mois pour les meilleurs qui sont souvent les plus riches, abandonnés à leurs GPS au milieu des océans, qui n’ont pour communiquer que des vidéos moisies sur Skype, des téléphones Satellite pour discuter avec Vincent Moscato à 16h45 sur RMC, et une GoPro pour filmer des produits lyophilisés pour bien nous montrer, tous les quatre ans, que passer trois mois en autarcie complète, c’est aussi bouffer des trucs immondes.

On nous parle de cette course de bateaux comme si c’était l’événement de l’année. Moi je veux bien reconnaître que l’exploit est intersidéral, traverser toutes les mers du monde sur des catamarans à 12 millions d’euros payés par des compagnies d’assurances (c’est pour ça que les bateaux ont des noms moisis, genre « Groupama 3 »), ça reste une traversée du monde en solitaire et sans escale. Les gens qui font ça sont des super-héros courageux comme peu d’êtres humains. Mais on ne voit jamais aucune image, on n’a presque jamais aucun son. Et ces bateaux affublés de noms ridicules, de banques, de yaourts, de conventions obsèques, c’est encore plus laid qu’en Formule 1, pourtant c’est un peu le même principe : celui qui a la plus grosse a toutes les chances de gagner, d’une part parce que le plus riche peut s’offrir le meilleur skipper, d’autre part parce que le plus riche peut aussi financer le bateau le plus dingue. Qui va être le Jules Verne de 2016 ? Un mec qui remerciera en boucle ses sponsors sur tous les plateaux télé en février, soyez-en sûrs, surtout s’il parle français. Et ce sera un héros authentique, mais cette course, sérieusement…elle vous intéresse, vous ?

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