Qui ? Ben je sais pas, tous ! Il paraît que François Fillon a volé dans les caisses de l’état pour rémunérer sa femme et ses gosses. Et que ça fait longtemps, et beaucoup. Depuis quinze jours les journalistes de la France entière parcourent le pays à la recherche de militants dans l’espoir de les entendre leur conter leur déception colossale, lui qui était si droit, si unique, si nouveau, qui incarnait le sérieux et le conservatisme de valeurs essentielles de la République. Voilà, c’est ça le problème…on galvaude dans tous les sens tous les termes que sont la République, les droits, les devoirs, la nation, le libéralisme, le socialisme, le conservatisme. Comment voulez-vous que les gens comprennent de quoi il s’agit puisque ceux qui sont censés les appliquer, les transmettre et les faire évoluer, en ont eux-mêmes oublié le sens ?

L’affaire Fillon, c’est avant même que les décisions de justice tombent la preuve irréfutable de deux choses primordiales. La première, c’est qu’il est suffisamment taquin pour flirter avec l’illégalité, sinon on n’aurait rien trouvé nulle-part et fin de l’histoire. La deuxième, c’est que ses opposants sont des fouines qui cherchent depuis des lustres de quoi le faire tremper dans des trucs tordus. Le bilan, c’est toujours le même : tous pourris. Et finalement, est-ce qu’on est si loin de la vérité ?

A quoi sert la politique, finalement ? Peut-être à gagner du galon, à se montrer plus beau que le peuple, plus qu’à ne l’aider à mieux vivre. Et ça fait bien longtemps que ce tremplin pour la gloire n’apporte plus de solutions pour que la plèbe que nous sommes, collectivement, se sorte de là où elle est. Aujourd’hui, on se débrouille souvent tous seuls, en profitant du système étatique pour au mieux, « utiliser des leviers nécessaires et bienfaisants pour vivre décemment », au pire « faire comme les autres, besoin ou pas, mais ne pas passer à côté d’un euro auquel on a droit si on le réclame ». Dans tous les cas, quelque chose est cassé. Les gouvernants ne sont pas des stars à leur propre service, les administrés, les citoyens, les électeurs, ne sont pas des exploitants du système qui se plaignent de leur condition en permanence. Sauf que ça ne tourne pas rond, les rôles sont flous, et on arrive à des affaires Fillon, avec un lynché pas très clair et des lyncheurs pas très honnêtes non plus. En un mot : c’est la merde.

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