Nous sommes les plus mauvais donneurs de sang de France. Et pas les moins gourmands, comme par hasard. Heureusement, pour continuer le combat sans jamais courber l’échine, l’Etablissement Français du Sang et les associations locales restent investis de cette noble mission qui consiste à collecter le sang des volontaires, pour sauver des vies, rien de moins. La première collecte pugétoise de l’année avait lieu la semaine dernière dans la salle Victor Hugo, un grand espace mis à disposition par l’une des plus vieilles associations du village, l’une des plus populaires aussi. Nous en avons profité pour rencontrer son ancien président Pierre Berthiaud, 14 ans au service de la communauté, qui nous a parlé de la mission de l’association des donneurs de sang de Puget, de son histoire et de sa cote auprès du public. Puis nous avons aussi discuté avec le médecin en charge de la collecte, le Dr Piquet, qui est à la fois conscient de l’apport essentiel de ces assos qui assurent la promotion du don du sang, et du déficit régional.

Pierre Berthiaud, vous avez été président de l’association des donneurs de sang pendant 15 ans, jusqu’en 2014. Comment expliquez-vous que ce soit une association aussi connue ?

On a une équipe très investie, et on participe à beaucoup de manifestations pour que les gens nous connaissent, vient qu’on existe. On organise pas mal de choses comme les boules carrées, la marche des lampions, plein de choses. On a fêté les 40 ans de l’association il y a deux ans, ça a été l’une des premières associations de donneurs de sang du département. Mon prédécesseur Roger Legrand l’a beaucoup développées, il y avait souvent 200 ou 300 personnes lors de grands repas très conviviaux, etc.

C’est essentiel pour l’Etablissement Français du Sang de pouvoir compter sur vous ?

Ils nous sollicitent pour qu’on leur mette à disposition des salles. Eux font un travail compliqué, à nous d’annoncer les sessions, de faire la promotion du don de sang. Il faut toujours trouver de nouveaux donneurs, par exemple aujourd’hui, sur les 90 personnes qui vont donner leur sang, une quinzaine vont le faire pour la première fois. Il y a 6 collectes par an, c’est une très bonne moyenne.

Parlez-nous de ce rond-point, qui porte aujourd’hui le nom de l’association.

On voulait mettre un panneau permanent à l’entrée du village. Et puis doucement, on a basculé sur l’idée d’un monument qui se trouverait dans le village. On a eu la chance de trouver un artiste à la retraite, constructeur d’art, Pierre Longueville, qui nous a écoutés attentivement. Il a fini par réaliser le monument qui est très bien placé, grâce à la mairie qui a bien voulu qu’on occupe le rond-point qu’on appelait autrefois « rond-point de la BNP ». On a réussi à prendre contact avec plein d’entreprises locales, grâce à ça. On va essayer de l’éclairer  la nuit pour qu’il soit encore mieux vu. Mais je pense qu’il est bien parti pour perdurer dans le temps, en tous cas !

Une affaire qui roule à Puget, mais qui peine parfois à prendre racine dans d’autres communes, on ne sait pas vraiment pourquoi. Le Dr Alain Piquet dispose peut-être d’une bribe d’explication. En tous cas, depuis 4 ans qu’il est au service du don du sang, il sait parfaitement comment ça marche, et connaît les statistiques (qui ne nous honorent pas, hélas).

Dr Alain Piquet, comment ça fonctionne, l’EFS ? Vous êtes en poste permanent ?

C’est un CDI, oui, comme tous les autres, infirmiers, médecins, agents d’accueil…Je me suis retrouvé là parce que je suis un ancien médecin militaire, il y a quatre ans j’ai eu la volonté de participer à quelque chose d’essentiel. C’est un peu particulier comme exercice, mais c’est une belle action. Le don pour les malades, pour les accidentés, d’un produit irremplaçable qui permet de sauver des vies. Et puis c’est un procédé très complexe, duquel on tire un certain nombre de produits, des plaquettes, du plasma, des globules rouges. Ici à Puget on prend du sang total, on peut aussi, à l’aide de machines, ne récupérer que les éléments que l’on veut.

Les 90 personnes qui passent ce matin donnent environ un demi-litre de leur sang ?

C’est adaptable en fonction du poids mais dans l’ensemble c’est à peu près ça.

C’est une cause nationale, il y a de grandes campagnes de communication. Est-ce qu’avec toute l’énergie déployée, on progresse ?

Et bien, non. En tous cas pas chez nous, dans le sud-est. On est les cancres de la métropole, on ne peut être soigné en PACA qu’avec du sang qui vient d’ailleurs. Les régions qui donnent le plus sont dans le quart nord-est, c’est sociologique, culturel, un peu moins d’individualisme, plus d’esprit collectif…Les campagnes, la publicité sont les mêmes partout, ici nous sommes chroniquement déficitaires.

Et l’été, comment on fait ?

Et bien c’est pire encore, parce qu’on accueille beaucoup de gens.

Les associations comme celle de Puget, c’est un gros soutien ?

On travaille en partenariat dans 90 % des cas. Elles nous préparent des salles, s’occupent d’une grande partie de la logistique, le fléchage, la mairie, le chauffage. On vient avec toute la partie technique, on leur fournit les supports, mais en amont nous ne sommes pas là. Nous on arrive très tôt à Toulon sur le site, pour être ici à 7h du matin, et commencer la collecte à 8h.

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