Je vous regarde vous ébattre depuis mon domaine céleste depuis près d’un an maintenant, eh bien mes chers « successeurs »… quel formidable divertissement. Il y a bien longtemps que mon auguste personne a saisi que le jeu politique était devenu digne d’une de ces émissions de télévision qui font passer les gros seins siliconnés de débiles mentales anorexiques et droguées au clenbutérol pour des sésames inaccessibles. Celà dit, je n’imaginais pas qu’après avoir touché le fond de la piscine, un fond lisse et lointain, dur comme du granit, on pourrait creuser à la Caterpillar pour voir si l’on pouvait atteindre, un jour ou l’autre, le noyau de la Terre. Et bien je pense maintenant que jusqu’au 23 avril, on va forer, comme JR dans Dallas, jusqu’à ce qu’on voit de la lumière de l’autre côté, en Nouvelle-Zélande, donc, par là.

C’était amusant, au début, d’écouter les jérémiades des uns et des autres, tous bords confondus. « Moi je suis plus honnête, même si j’ai pris votre argent pour m’augmenter en cachette ». « Moi je suis plus sévère avec les fraudeurs, j’ai juste permis à mes amis incapables de bosser dans les coins où mon parti a surfé sur le rejet du système et j’ai tapé dans la caisse comme j’ai pu, pas trop parce que ma famille a déjà des millions ». « Moi j’ai plein d’idées mais tout le monde me déteste ». « Moi j’ai pas d’idées, mais personne me déteste alors personne ne m’écoute ». « Moi je veux faire quelque chose pour prévoir l’arrivée éventuelle des extra-terrestres, et oui j’ai mes 500 signatures ». « Moi j’ai pas mes 500 signatures mais je trouve que « congoïde » c’est un terme adapté pour désigner les nèg…noirs ». Ah, si la Vendroux était encore là, elle vous giflerait tous et toutes les uns après les autres. Quant à moi, ce qui m’exaspère le plus, c’est quand vous venez pleurer devant ma tombe, et que vous finissez un jour ou l’autre, tous, à cours d’arguments pour dénigrer votre voisin, par vous réclamer de mon héritage culturel et idéologique. Ce que vous n’avez toujours pas pigé, presque 50 après ma mort, c’est que vous, votre carrière, vos idées, vos projets, vos combats, ils sont personnels, tournent autour de l’argent et du pouvoir, de la célébrité, de l’intérêt individuel, parce que vous voulez vous extirper de votre condition. Vous voulez briller. Moi j’avais un pays en ruines, une guerre de l’ombre à gagner, des jeunes qui m’ont détesté, des militaires qui m’ont adulé, ou respecté parce que de toute façon ils étaient obligés. On n’est pas nés sur le même terrain, les jeunes, on n’a pas la même mission, ni les mêmes gens pour nous supporter, dans tous les sens du terme. Le monde a changé, les politiques sont à l’image de ce qu’ils ont à gérer. Et c’est moche, souvent. En tous cas, de là-haut, c’est une chienlit sans précédent.

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