Le Marsupilami , comme l’a baptisé l’ancienne gloire du basket français Jacques Monclar, aujourd’hui devenu un éminent et respecté consultant sur Bein Sports et RMC, est en train de réaliser un exploit tellement incroyable sur les parquets américains qu’il en éclipserait presque l’intérêt principal de la compétition. Bien sûr qu’on veut savoir quelle franchise va décrocher le titre en juin. Bien sûr qu’on veut savoir si les Warriors avec Kevin Durant feront mieux qu’en 2016. Bien sûr qu’on veut savoir si Kawhi Leonard est capable de museler Lebron James encore une fois. Mais pour l’instant, ce qu’on veut savoir, c’est si Russell Westbrook va terminer la saison en triple double, c’est à dire avec plus de 10 points, 10 rebonds, et 10 passes décisives de moyenne par match, dans une saison régulière qui en compte 82.

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Pour ceux qui n’ont jamais joué au basket, ou qui n’ont jamais suivi ça de très près, il faut replacer la performance du meneur du Thunder d’Oklahoma City dans un contexte cadré : marquer beaucoup de points, beaucoup de joueurs savent le faire, à tous les postes, peu importent le physique, la taille, le style de jeu. Faire des passes, c’est plutôt l’apanage des meneurs de jeu, qui ont souvent le ballon en mains, et c’est le cas de notre spécimen. Pour récupérer le ballon après des tirs manqués et donc prendre beaucoup de rebonds (et au-delà de 10, on peut considérer que c’est beaucoup de rebonds), il vaut mieux jouer dans le secteur intérieur, c’est à dire en poste 4 ou 5, et mesurer 6″7 ou plus, c’est à dire 2 mètres, soit un peu plus grand que son altesse Michael Jordan, qui jouait arrière. Russell Westbrook est un scoreur, un créateur, mais aussi un rebondeur de combat et ça, c’est pas écrit dans le carnet de jeu. C’est juste parce qu’il est fou, puissant comme un attelage de huskies au grand complet, rapide comme un frelon, et sauvage comme un smilodon. Avec son petit mètre 93, il a tellement de gaz dans les jambes qu’il avale tout sur son passage, et tourne à plus de 30 points par match (numéro 1 de la ligue), 10 passes décisives (deuxième) et 10 rebonds. Avant lui, seul Oscar Robertson, la légende des Bucks de Milwaukee dans les années 60, avait fait aussi bien, dans un jeu qui était à l’époque moins rapide, moins physique, mais pas moins disputé, et dans lequel on misait sur d’autres qualités.

Westbrook, 29 ans, c’est encore le joueur du futur. Mal entouré, il a porté le Thunder depuis le début de l’année, et va les emmener en play-offs, ça c’est déjà fait, ou presque. De là à gagner le titre, il lui faudra mieux que Domantas Sabonis et Victor Oladipo pour y parvenir. Kevin Durant c’était bien, d’ailleurs. Mais si jamais il finit la saison en triple-double, il aura fait ce que personne ne pensait plus possible. Et qu’il soit élu MVP (meilleur joueur de la saison) ou pas, on s’en moque : c’est lui qui restera le héros de la saison 2016-2017, à tel point que sans finale de légende, on ne se souviendra plus vraiment du champion, juste de la perf historique de ce mec venu du futur pour éclabousser le présent de son insolent talent.

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