Il nous reste huit jours. Huit p… de jours pour réfléchir à qui notre vote peut bien aller, lors du premier tour de ces maudites présidentielles qui obstruent nos médias et nos réseaux sociaux depuis trois mois, facile. Je pensais pour ma part être un prafiste, de ceux qui n’en ont « plus rien à faire » de tout le jeu politique, et qui tentent simplement de vivre pleinement une existence pas facile en sortant leur épingle du jeu une fois de temps en temps, c’est déjà pas mal. Mais finalement, je préfère être animé par la colère, parce que c’est visible, audible, ça dérange les gens et c’est un sentiment des plus sains. Voilà, la colère, dans toute sa splendeur, dans tout ce qu’elle a de plus mauvais, aussi, avec les ruminements intérieurs, les crises de haine incontrôlables pourtant sagement conservées sous silence. Je vous assure que j’ai une envie folle de perdre le contrôle et de dire ce que je pense, une fois de temps en temps, juste pour lâcher les watts et pour que mon existence soit pleine et épanouie. Il se trouve que mon métier m’en empêche, je ne peux pas dire pour qui je vote, je ne peux pas dire en quoi je crois, je ne peux pas dire qui je pourrais tarter sans ménagement depuis son domicile jusqu’à Fresnes ou Fleury, un endroit où l’argent se gagne malhonnêtement aussi, mais où il faut faire ses preuves et gagner le respect de ses sous-fifres avant de leur donner des ordres. Un endroit où personne ne vote pour vous. Un endroit où les cocus ont la dent dure. Un endroit dont on ferait peut-être bien, parfois, de regarder les vertus d’un peu plus près, et de s’occuper un peu mieux, aussi. Mais ça, ça va encore être une promesse en l’air.

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