Nous avons franchi la porte d’un Rotary Club. Ouais, nous, les petits journalistes, on a fait le grand saut dans la haute société, parmi les nantis. Et ben pas du tout, en fait, le Rotary, c’est pas du tout ce que vous croyez. Que tout ceux qui pensent que c’est un genre de franc-maçonnerie érigé en club concurrent, en cercle d’influence, passent leur chemin, parce que vous n’y êtes pas du tout. Le Rotary, c’est mondial, et c’est caritatif, voilà. Dans les grandes lignes. Pour les petits détails, on a profité d’une entrevue un peu foutraque avec 4 membres du club de Roquebrune-Le Rocher pour mieux comprendre l’histoire du club, son objectif, ses origines, son intérêt et son fonctionnement. Par ordre d’apparition, le dernier président en date Frédéric Vilet, l’un de ses prédécesseurs Philippe Loucheux qui est actuellement en charge d’un projet de réhabilitation d’un bâtiment médico-social au Cameroun, et la nouvelle présidente élue ces derniers jours, Gisèle Bergaire, qui part pour un an. Et à eux trois, ils nous ont un peu mieux expliqué.

 

Le Rotary, qu’est-ce que c’est ?

Frédéric Vilet : Une association, plutôt un club-service qui réunit des professionnels qui ont chacun une spécialité. On crée des manifestations, des actions, pour œuvrer en faveur de la paix dans le monde, la lutte contre des tas de maladies, à commencer par le combat de longue date qui vise à éradiquer la polio.

Philippe Loucheux : Le club Rotary Roquebrune-le Rocher organise de actions locales, nationales et internationales. On travaille avec le CCAS, Puget-solidarité, on travaille sur les maladies du cerveau, avec Enfants et Santé, et à l’international, c’est l’objet de nore réunion du jour, on organise un jumelage avec le club Doyen de Douala au Cameroun. Trois de nos membres sont allés sur place pour évaluer les besoins immenses de ce club. Ils ont besoin de réhabiliter un centre de rééducation, ils ont besoin de matériel, donc il nous fat recueillir des dons, du matériel fourni par des kinés, les pompiers, mais aussi des lunettes, des cahiers scolaires, etc.

FV : Chaque membre oeuvre en fonction de son milieu, de son réseau et de ses compétences pour apporter tout ce qu’il peut, faire en sorte que nos actions soient un succès.

Le Cameroun a déjà un Rotary ?

FV : Il y a près de 25 000 clubs dans le monde, tous les pays ont un club sauf quelques-uns, Pakistant, Corée du Nord. Le Rotary existe depuis 1905, avec une parenthèse sous le joug hitlérien. C’st un avocat de Chicago, Paul Harris, qui l’avait créé. L’intérêt c’était d’aller plus loin que le club « de profession », au départ c’était plutôt un club business. La fondation Rotary a cette année 100 ans, c’est suite à la première guerre mondiale, au retour des soldats américains meurtris, gazés le plus souvent. Il fallait les soigner sur place en Europe, aussi.

Dans l’agglomération, il y a trois clubs?

PL : Saint-Raphaël, Fréjus et Roquebrune-Le Rocher, qui englobe aussi Puget, on va bientôt le renommer pour faire fusionner les deux villes.

Un Rotarien, c’est quoi ?

FV : Des valeurs. Notre devise, c’est « servir d’abord », l’idée c’est de faire en sorte d’aider son prochain. L’état d’esprit, c’est que notre vie personnelle, familiale, professionnelle, est épanouie, et qu’il faut partager des solutions pour permettre aux autres d’avoir une vie meilleure. Servir d’abord, c’est se réunir, travailler ensemble, fédérés, sur des actions communes, et en sortir de l’argent pour pouvoir le reverser à des associations. Le Rotary n’a absolument aucune aide de qui que ce soit, c’est parfaitement indépendant, on n’a besoin de personne.

C’est une association auto-suffisante ?

PL : Parfaitement. Les cotisations servent à faire vivre le club, et les actions servent à aider les associations. Au-delà du club de Roquebrune, il y a un district, avec un gouverneur. Il faut un peu abonder le fonctionnement de la fondation, et pour cela, le Rotary prélève des taxes, pour éviter de se servir des dons pour faire fonctionner les clubs. Il y a deux comptes, un compte « actions », et un compte « cotisations ». Chaque président, avec son bureau, dispose d’un an de fonction, c’est une présidence tournante. C’est du 1er juillet au 30 juin, et chaque année repart à zéro. C’est « l’esprit de la roue » du Rotary, l’objectif c’est que tout le monde passe aux responsabilités.

C’est un mouvement mondial, chaque rotarien qui se déplace dans le monde peut être accueilli partout ?

FV : On rentre au Rotary par co-optation, il faut que l’entrée se fasse à l’unanimité, il faut de la cohésion d’idéaux. Ici, c’est un club d’amis, Roquebrune est de plus un club très jeune, avec 50 ans de moyenne d’âge, pour un Rotary, c’est très jeune.

Chaque profession n’est représentée qu’une seule fois ?

FV : Oui, mais c’est plutôt pour assurer une pluralité des compétences. La règle fondamentale, c’est de créer un club pluriel. C’est pour cela qu’il n’y a qu’un seul kiné dans le nôtre, par exemple. Ou alors c’est une décision exceptionnelle.

Est-ce que chaque année les objectifs changent ?

PL : Certaines actions comme Polio+ ou l’Espoir en Tête qui vise à luter contre les maladies du cerveau, sont des actions récurrentes, et nationales.

FV : Petite parenthèse à propos d’espoir en tête, Walt Disney nous donne l’exclusivité de la sortie d’un film une semaine avant la sortie. Et tous les cinémas de France jouent le jeu, avec des places par exemple à 15 euros au lieu de 8, avec 7 euros qui vont à la recherche contre les maladies du cerveau. Et Bill Gates abonde aussi le Rotary de la même somme le compte de la fondation, c’est marquant parce que ça veut dire que les grandes personnalités nous suivent. Le Rotary a même participé à la rédaction des premiers accords de l’ONU.

Pourquoi la polio ? Et pourquoi Bill Gates ?

PL : Parce qu’il reste encore des foyers où il est très difficile de vacciner les populations, comme au Pakistan où elles refusent simplement de le faire parce qu’ils estiment que c’est contre-nature. Et Bill Gates parce que c’est un combat qui lui tient à cœur, il a dit « les Rotariens, si vous réunissez 100 millions, je mets 100 millions ». Plus tard, il a déclaré que pour chaque dollar collecté, sa fondation en donnerait deux.

FV : On va partout dans le monde, parce que l’idéal qui nous anime est partagé partout. Quand tu reçois un rotarien, tu sais que son idéal c’est « servir d’abord ».

Et localement, quelles sont les missions essentielles ?

PL : En fait il n’y a pas de mission particulière. Ce qui nous a vraiment lancés ici, ce sont les inondations de 2010. On était un jeune club, qui existait depuis peu, charté en 2008. On a récolté 45 000 euros, grâce aux autres clubs rotariens qui sont allés chercher des fonds. On a remplacé des matelas, des machines à laver, des ordinateurs chez des sinistrés.

FV : On verse dans une caisse commune, jusqu’à ce qu’un club en ait besoin.

PL : C’est comme pour Douala. La fondation fait fructifier l’argent versé par les clubs, et quand on leur demande une subvention, elle se débloque.

Parlons avec la nouvelle présidente. Par quoi commence la nouvelle année rotarienne ?

Gisèle Bergaire : Par un concert le 8 juillet, au mas des Escaravatiers. Ce sera Soul Story, en faveur de l’association Enfance et santé. Sébastien Costamagna nous met le Mas à disposition, et une très grande part de la recette, une fois les frais couverts, sera reversée. On sera aussi au Mangame Show, des spectacles de danse, puis nous allons faire un agenda avec des entreprises qui vont faire des dons.

PL : Cet agenda est un poumon financier, pour nous. Il nous permet d’avoir un peu d’argent sous le coude pour financer des actions de dernière minute, en urgence.

On vient vous chercher pour des aides, ou c’est vous qui lancez des idées ?

FV : On nous sollicite souvent. « Ce que vous allez nous donner va nous permettre de rendre visible ce que vous faites ». Un euro récolté, un euro redistribué. Nous on assure que les gens qui donnent de l’argent savent parfaitement où ça va.

Puget Solidarité est une épicerie solidaire, vous l’aidez à l’année ?

FV : Ce n’est pas une épicerie solidaire parce que c’est une association loi 1901 qui n’est que subventionnée par la mairie, mais la mairie de la gère pas. Et puis elle a été créée par un membre fondateur du club.

PL : Le Rotary jouit d’une belle réputation, de sérieux et de stabilité, c’est pour ça qu’on vient nous chercher pour encadrer les actions caritatives

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