Le nouveau taulier de la Communauté d’Agglomération Var Esterel Méditerranée c’est lui. Après avoir passé des années au service de Saint-Raphaël en tant que Directeur Général des Services puis en tant que premier adjoint, l’homme sûr de georgess Ginesta se lance un dernier défi : présider la CAVEM, gérer son lot de dossier, de compétences et de projets pour laisser une intercommunalité fonctionnelle à celui ou celle qui lui succédera en mars 2020. Parce que Roland Bertora fera un seul mandat, il l’a dit. Et on a parlé avec lui des challenges qu’ils s’imposent pour son tour de garde.

Monsieur Bertora, vous venez de succéder à georges Ginesta au poste de président de la CAVEM. Comment définiriez-vous ce rôle ?

Ensemblier. C’est à dire que le président de la CAVEM, pour moi, doit avant tout s’efforcer de faire fonctionner une mutualisation. Mutualisation à deux étages : les 5 communes d’une part et les 18 compétences que la CAVEM exerce au nom des communes d’autre part. Donc c’est ce principe de mutualisation qui me paraît le plus important.

Vous avez été Directeur Général des Services jusqu’en 2014 puis vous avez intégré le conseil municipal de Saint-Raphaël en tant que premier adjoint pour finalement céder votre place à monsieur Masquelier. Vous ne vouliez pas être maire de Saint-Raphaël?

En aucun cas. Lorsque l’on a été administrateur territorial et qu’on a été fonctionnaire dans une ville pendant 14 ans, je pense qu’il faut changer de sujet. La gestion municipale ne représentait pas pour moi un enjeu, par contre l’intercommunalité, ça c’est une vraie motivation.

Vous êtes le premier président de la CAVEM à ne pas être maire ?

C’est exact. Mais je ne pense pas que ce soit une tare justement dans l’esprit de mutualisation que j’évoque. Je pense au contraire que pour faire fonctionner ce dispositif qui est compliqué, il faut beaucoup de temps, un investissement à plein temps c’est ce que je vais faire, de la compétence et ça c’est 30 ans d’administration qui me la donne et il faut effacer les esprits partisans pour être disponible par rapport aux compétences qui doivent être gérées le mieux possible.

Finalement ce sera une CAVEM plus fonctionnelle ?

Oui tout à fait. Pour moi c’est clairement un CDD qui va durer jusqu’à un mandat après il appartiendra aux jeunes de la gérer comme ils l’entendent.

C’est combien de temps un mandat ?

Il se termine en mars 2020, comme les municipales. Bien sûr, c’est lorsqu’il y aura l’alternance municipale qu’il y aura le vote pour les représentants de chaque commune de la CAVEM.

Et vous comptez n’en faire qu’un seul ?

Un seul mandat, c’est clair.

Ça va pas être un peu compliqué de présider des maires, des conseillers départementaux et régionaux, des gens qui ont des prises de décision à prendre et des responsabilités ailleurs ?

Dans mon esprit, le militantisme est créé par l’intérêt public. Et quand on parle déchets, transports, eaux, assainissements, environnements SCOT, développement économique, je pense honnêtement qu’il n’y a strictement aucune raison qu’on ne s’entende pas. En fait, il y a une résultante des forces, c’est bien ce que je vous disais au départ, le rôle du président n’est pas de présider mais de donner suffisamment d’impulsion pour que les dossiers qui lui ont été données, avancent.

Vous avez été élu majoritairement face à une autre candidate, Françoise Dumont, qui a su obtenir les voix des opposants. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je reconnais que j’ai été surpris et déçu parce que je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait des « contrats » qui soient passé sur cette fonction-là. Je trouve que c’est un peu démodé très honnêtement quand je vois des jeunes élus qui pratiquent des méthodes qu’ils dénoncent par ailleurs, disons que c’est une déception pour moi.

On vous connaît très sérieux dans vos fonctions. Mais que faites-vous en dehors du cadre professionnel ? Quelles sont vos passions ?

Oui ce que vous dites est vrai ! J’ai été grand sportif. Je ne dis pas de très bon niveau mais de bon niveau. J’ai été judoka, ce qui est important, ça marque une vie d’avoir comme référence un sport comme le judo. Et puis j’ai été rugbyman aussi… Vous observerez que c’est deux sports où l’on respecte l’adversaire et donc fondamental.

Quels sont les projets actuels de la CAVEM ?

Il y en a pratiquement sur toutes les fonctions. En ce qui concerne les déchets, nous allons mener une politique qui va nous emmener à 15% de déchets ultimes c’est-à-dire à trier de plus en plus et à valoriser. Ça c’est l’article un. En ce qui concerne le transport, il y a eu une réforme, je pense qu’il y a encore des réglages à faire mais on arrivera à un réseau moderne. En matière d’eau les choses vont bien, en matière d’assainissement, nous sommes sur un très gros programme avec l’agence de l’eau pour arriver à faire en sorte que notre réseau soit le plus performant possible c’est-à-dire étanche. Après il y a beaucoup de fonctions du style bureau d’hygiène, service départemental des incendies où nous ne faisons que payer une cotisation. Sécurité des plages, fourrière animale, politique de la ville… Ensuite il y a le théâtre du Forum qui est quand même un navire amiral intéressant et qui tire une programmation aggloscènes qui je crois est reconnue de grande qualité. Il y a le palais des sports et l’aide que nous apportons aux grands clubs sportifs du territoire. Ça c’est une première vague de compétences que je dis « vie quotidienne technique » que je trouve intéressante. Et puis il y a une deuxième vague qui est plus portée vers l’avenir du territoire.

Je pense que d’ici la fin de l’année on aura bouclé le SCOT, qui est un document d’urbanisme essentiel où on arrive à travailler en bonne entente avec toutes les communes. Il y a en matière de développement économique, je crois que nous sommes hyperactifs sur les parcs d’activités. L’économie circulaire est une des fonctions qui marche et qui est reconnue au niveau PACA. Nous sommes reconnus comme un des territoires de référence en matière d’économie circulaire. J’ai un grand projet qui est de créer un incubateur c’est-à-dire un accélérateur de start ups et il y en a sur notre territoire, au château Gallieni. En matière d’énergie, c’est là qu’il y a les plus beaux projets. Il y a la production de gaz à partir des boues de stations d’épuration du Reyran. Il faut savoir qu’en avril 2018, je pense qu’un quart du gaz distribué sur Fréjus et Saint-Raphaël sera produit in situ sur la station d’épuration du Reyran, ce qui représente une première française. Je dis première, je suis un peu ambitieux, nous serons les troisièmes en France, et c’est déjà pas mal ! Il y a un autre projet en matière d’énergie qui est le chauffage avec les eaux usées que produit le grand collecteur droit du Forum, donc nous améliorerons les performances énergétiques du Forum avec cette technologie tout à fait particulière. Nous avons l’ambition d’avoir un accélérateur d’énergie renouvelable sur le parc d’activités Epsilon.

Nous avons l’ambition également d’implanter, les négociations sont en cours, à mon avis trois entreprises véritablement significatives sur le territoire de la CAVEM qui en a bien besoin. Je rappelle quand même qu’il y a 10,000 chômeurs pour 45,000 actifs du secteur privé sur notre territoire, donc l’enjeu numéro un c’est quand même l’emploi. L’une des façons aussi d’aborder de front ce problème-là, c’est de multiplier les formations. Pour moi, nous sommes balayés par les grands sites universitaires, une métropolisation qui fonctionne au profit des grandes villes. Et donc par contre, nous avons une chance de créer des filières de formation que j’appelle des formations de niche, qui corresponde bien au besoin du territoire et que nous pouvons proposer aux jeunes. Le premier fait significatif, c’est l’école IFPVPS (infirmière et métiers de la santé), ça c’est une création CAVEM et personne n’est venu la discuter, du moins à ma connaissance. Le grand enjeu aussi c’est le logement social. La CAVEM accompagne le logement social en fournissant des subventions des financements aux bailleurs sociaux de façon à trouver les bons équilibres financiers qui font qu’un loyer est fort ou faible.

Et puis il y a le grand enjeu, la lutte contre les inondations sur la basse vallée de l’Argens. Le fameux programme PAPI où nous avons pu soutirer 24 millions d’euros de subvention de l’État, ce qui par les temps qui court n’est pas rien, et à travers une structure spécialisée qui s’appelle le SMA, nous allons basculer cette année dans l’opérationnel concernant les premiers travaux de lutte contre l’inondation de la basse vallée de l’Argens. Avec une ambition, c’est d’accompagner ces travaux de lutte contre l’inondation d’une politique agricole, c’est-à-dire arriver à tirer une activité réelle de la plaine qui souffre. Il y a 290 agriculteurs chez nous, il faut que ces travaux soient utiles pour eux, en permettant une agriculture différente par rapport à celle qui existe.

Ce projet en est à quel stade ?

Coup d’envoi deux ou trois mois maximum. Donc en 2018, nous serons lancés de façon opérationnelle. Et puis je gardais pour la fin l’axe routier qui intéresse tout le monde, en tout cas toute la partie ouest de la CAVEM ; Vous n’ignorez pas que nous construisons une trémie souterraine pour traverser et désengorger ce carrefour fatidique où passent 40,000 véhicules par jour. On a 7000 personnes qui habitent ailleurs et qui travaillent sur la CAVEM et donc qui créent un va-et-vient quotidien avec tous les avatars que ça peut produire. Donc nous sommes en chantier sur cet échangeur mais il faut considérer que cet échangeur est le premier chaînon d’un long chapelet qui viendra doubler l’itinéraire que tout le monde connaît de la RDN7 et qui desservira les parcs d’activités commerciales du Puget et de Fréjus par l’arrière au lieu de le faire comme actuellement par l’artère aorte du territoire. Donc on devrait y arriver petit à petit parce que c’est une très grosse affaire et que comme vous le savez depuis 2 ou 3 ans les collectivités sont devenus inpécunieuses suite au restriction budgétaire qu’elles ont subie de l’État, nous l’idée c’est de tirer petit à petit ce chaînon qui devrait désengorger cet axe.

C’est pas la ville de Puget qui s’occupe de la trémie ?

Non, non, regardez les pancartes. C’est pas moi qui changerais le mille feuille français. Mon ambition c’est de faire comprendre aux citoyens que ce n’est pas une couche supplémentaire du mille-feuille qui ne sert à rien et sur laquelle ils payent des impôts. Non, la CAVEM comme je vous l’ai expliqué sur les 18 positions, est en chantier.

Par-delà c’est 18 compétences, selon vous, est-ce que la CAVEM manque de compétences ?

Non, pour l’instant ce que je réclame c’est la pause. Parce que la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) qui est sortie il y a un an et demi, nous a fait monter des compétences nouvelles en matière d’inondation en particulier et donc c’est une compétence énorme qu’il faut que notre institution digère je dirais et retrouve un équilibre parce qu’actuellement une compétences de cette taille bouscule le système. Alors article 1, on pose.

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