John Travolta. Un nom qui sonne comme un pseudo et qui pourtant n’en est pas un. Un acteur à deux visages, même trois. Jeune premier, puis gros dernier. Et surtout, fou furieux d’ufologie ésotérique, depuis les prémices d’une vie d’adulte émaillée de succès planétaire, d’oubli absolu, et de plan marketing où il devient le sosie de Schwrazenegger (si, si, vous verrez). Bienvenue dans la bio interdite du fils caché de Noureev et de Nostradamus.

L’enfance de l’art.

Tout commence au même moment que l’Abbé Pierre, hiver 54. Sauf qu’on est dans le New Jersey, le coin pourri juste à côté de New York, là où les riches vont manger des burgers bon marché pour oublier la vie trépidante de Manhattan. On est en février lorsque John, cadet d’une fratrie de six enfants, voit le jour dans une famille de saltimbanques. Son père est déjà reconverti dans le commerce de pneus, sa mère a en revanche beaucoup plus de raisons d’spérer que son fils fasse comme elle, l’idiot avec un micro, ou une caméra. Elle bosse à la radio, lui voudra rapidement devenir une fille…ou se mettre à la danse, dans un monde de machos (1954), c’est pareil. Mais contrairement à ce qui se passe pour le pauvre Billy Eliott, John a le droit de faire des claquettes, et il apprendra ça avec le frère de Gene Kelly, Fred Kelly. Son rêve : devenir l’étoile de Broadway. C’est là qu’il aura un petit Rôle dans Grease, et qu’il fera des apparitions dans d’autres spectacles.

Mais c’est à la télé que John va commencer à déchirer, avec sa gueule de rital mixée avec un beau gosse californien (du New Jersey, donc). E, 1975 il est à l’affiche de Welcome Back Kotter, un feuilleton à succès qui lui permettra de chanter une connerie, Let Her In, qui poussée par la série va faire un carton. Et boum, Travolta est sur orbite. C’est normal, il est déjà possédé par les idées de Ron Hubbard, le père de l’église de Scientologie. C’est maintenant dans la quête de devenir un Thétant Opérant que John Travolta va poursuivre une carrière en dents de scie, entre les hauteurs cosmiques du succès de la Fièvre du Samedi Soir ou de Grease (et de Staying Alive, où il reprend le rôle de Tony Manero le danseur sous la plume et l’oeil du plus grand chorégraphe amateur de pointes et d’entrechats de l’histoire du cinéma américain, Sylvester Stallone).

Traversée du désert

C’est ensuite comme un scientologue de milieu de gamme, avec un électromètre probablement capricieux que John Travolta va traverser les années 80 et la fin du disco. Quand danser ne sert plus à rien, difficile de se faire une place à Hollywood pour un ancien de chez les frères Kelly. Alors il va ramer jusqu’à Allô Maman, ici Bébé, et ouais…Un film qu’on a tous oublié mais qui pourtant à l’époque était une grande innovation, un peu comme la vie privée des animaux de Patrick Bouchitey mais dans la peau d’un nourrisson.  C’est sûrement ce film qui a réveillé l’envie du jeune Quentin Tarantino de voir son idôle de jeunesse Travolta endosser le costume d’un baltringue du meutrtre sauvage dans son second film Pulp Fiction, sorti en France la même semaine que le Roi Lion, rendez-vous compte !

Depuis les auditions de John Travolta se passent un peu mieux (sur les plateaux comme dans les bureaux de la Scientologie). Il alterne les films à succès, les gros navets (Battlefield Earth, signé à peu près de la main de Ron Hubbard, un cataclysme commercial et esthétique comme il en existe peu), Opération Espadon. Il tourne avec les plus grands, John Woo (à peine 1m64, cela dit), Tony Scott (1m69, fuck), ou John McTiernan (1m83, on s’en contentera).

C’est dans l’une de ses dernières apparitions à la télévision, dans la série American Crime Story, que John Travolta va opérer sa plus incroyable mutation : il se transforme en Bob Shapiro, avocat d’OJ Simpson, mais aussi en sosie de Maître Arnold S, l’ancien champion de musculation sous drogues médicales. C’est peut-être ça, la scientologie : une habitude, une culture, un système de vie et de pensée qui donne à ses pratiquants la faculté de vieillir autrement : jamais, comme Tom Cruise, ou étrangement, comme John Travolta, le danseur devenu ex-culturiste.

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