Christelle Beckrich a un parcours des moins ordinaires. Ancienne professeur de français, elle a quitté l’enseignement pour devenir sophrologue. Apprendre à respirer, à se relaxer, et l’apprendre à ses patients c’est autant un art qu’une providence. Rencontre calme et apaisante avec une praticienne passionnée.

Christelle c’est quoi la sophrologie ?

C’est une méthode qui est basée sur la respiration, on va apprendre à chasser toutes les tensions en expirant. On va travailler un peu la relaxation dynamique et la méditation, la visualisation positive.

Tes patients te sollicitent pourquoi ?

Ils viennent parce qu’ils sont très stressés. Ils ont beaucoup pression au travail, ils ont du mal à tout gérer, ils ont du mal à dormir et ils veulent avoir une technique simple pour ne pas être débordés par les émotions.

Ce sont des gestes à faire au quotidien ?

Ce sont des exercices de respirations ou des exercices un peu dynamique. Et un peu de méditation. Pas plus, c’est simple et toujours accessible.

En quoi ça consiste un rendez-vous chez le sophrologue ?

Alors il y a un grand temps d’échange parce que quand la personne vient, je ne sais pas encore comment construire la séance. Mais quand la personne vient, elle m’explique ses soucis ponctuels et ensuite on travaille dessus. Selon ce qu’elle me dit, je vais travailler plus sur la méditation ou d’autres exercices. À la fin de la séance, le patient repart avec deux exercices à refaire à la maison, , n’importe où.

Peux-tu nous donner un exemple d’exercice à faire si on a du mal à dormir ?

L’exercice consiste à se projeter dans un lieu que l’on aime, intérieur ou extérieur. Et pour que ce lieu reste, il faut observer tous les détails. Par exemple, j’aime les plages. Je visualise une plage et je balaye de droite à gauche le panorama, le plus lentement possible. Je vois à droite un palmier, puis le sable, l’eau, le soleil. Je regarde d’un côté à un autre et enfin j’utilise mes 5 sens. Donc pas seulement ce que je vois mais ce que je peux entendre ou sentir. Est-ce qu’il y a le bruit de la mer ? Est-ce que j’ai le goût de la noix de coco dans la bouche ?… Et ça va permettre de pas trop penser et réfléchir. L’exercice a pour but de substituer les pensées et de se focaliser sur autre chose.

Tu étais professeur de français avant. Comment es-tu devenu sophrologue ?

Il a fallu un burn-out pour en arriver là! Plus sérieusement, je suis tombé en plein cours un jour, j’ai fait un burn-in en réalité. Un burn-out ça s’accompagne avec un peu de déprime, de dévalorisation, alors qu’un burn in c’est un surinvestissement. En fait, je voulais être la meilleure dans tout et je ne me rendais pas compte que je m’épuisais, que j’avais moins de force. Je voulais être à 100% pour les élèves, je courrais tous les matins et je rajoutais tous les jours 1 km de plus, je voulais être la meilleure mère, la meilleure épouse, la meilleure cuisinière… J’étais heureuse, pas de souci, jusqu’à ce que le corps, comme une machine, est tombé. Si on m’avait dit « t’es fatiguée » j’aurais dit non tout va bien. Le médecin qui m’a vu m’a dit qu’il fallait changer quelque chose, qu’il fallait que j’écoute mon corps. Et ce qu’il m’a dit, dans ma tête, c’était un langage que je ne comprenais pas. Je lui ai répondu que tout allait bien, que je courrais tous les jours. Et justement il m’a dit que c’était un peu une forme de violence de vouloir aller au-delà de ses limites. Alors je me suis demandé comment écouter mon corps dans la douceur et dans la bienveillance parce que ça je ne savais pas, j’avais l’impression d’avoir une force surhumaine et j’en abusais. Je me suis dit si j’ai une limite physique, je ne veux plus y arriver. J’ai fait des recherches sur le corps, puis j’ai vu un atelier de sophrologie de groupe sur le thème de l’estime de soi. Ça peut être sympa « estime de soi » après être tombé devant une classe de première ! Et je n’ai jamais arrêté, pendant 4 ans, toutes les 2 semaines jusqu’à ce que ça prenne le dessus dans ma vie. J’ai dû choisir et j’ai quitté l’enseignement. J’étais triste mais je savais que je devais faire ça, et j’ai fait l’école de sophrologie à Marseille.

Tu as ton cabinet à Roquebrune mais tu fais aussi des séances de groupes comme choco-sophro. Quelle est la différence ?

En groupe c’est plus « léger. » On vient et on veut découvrir pendant une année les différentes techniques de sophrologie. Le groupe en sait plus que le patient individuel mais il n’y a pas de traitement pour un problème ponctuel. En plus il y a la cohésion de groupe. Il y a 2 ans, j’avais un groupe de maman qui venait. Elles étaient déjà presque en pyjamas, démaquillées, elles avaient préparé le repas et dit à leurs maris « vous vous en occupez pas », et jusqu’à 21h30 elles faisaient des exercices et allaient se coucher. Choco-sophro c’est encore autre chose. C’est une fois par an, et c’est pour ceux qui veulent découvrir la sophrologie mais d’une manière un peu ludique. Le chocolat est un moyen d’entrer dans la sophrologie. On va faire une séance de sophrologie où on va allier 3 pralinés du plus amer au plus sucré et on va faire appel à des souvenirs. On commence par le présent et associer le premier praliné à un souvenir qui s’y attache, puis dans le passé avec le deuxième praliné et on se projette dans le futur.

Il paraît qu’on est complètement rincé après une séance. Pourquoi ?

Déjà on est toujours un peu sous le contrôle et là on demande de relâcher tous les muscles du corps. On a une heure pour soi mais quand on apprend à se relâcher en libérant toutes les tensions intérieures. Après on est tellement détendu, qu’il y a parfois des personnes qui dorment pendant la séance. Ce n’est pas une fatigue lourde, c’est comme faire une sieste. On est détendu parce qu’il n’y a plus cette vigilance, ce contrôle.

 

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