Bon ben ça c’est fait. L’Equipe de France de football s’est qualifiée, dans la douleur et sans briller, pour la Coupe du monde 2018, qui se déroulera en Russie l’été prochain. C’est l’occasion de signaler qu’il s’agira de la douzième compétition internationale consécutive disputée par les Bleus. Certes, Coupes du Monde et Championnats d’Europe ont récemment multiplié les cartons d’invitation, mais cela n’aura pas empêché durant ce laps de temps, de grandes nations du foot telles que le Portugal, l’Angleterre ou les pays bas de manquer quelques rendez vous. Cette continuité dessine une réussite, et, en filigrane, une sorte d’âge d’or du foot français (de sélections), surtout si l’on ajoute que la France a, durant les onze compétitions précédentes, disputé quatre finales et décroché deux titres.

Sur le long terme, tout va bien.
Sur le long terme, soit, mais pour l’année prochaine ? Car aller en Russie, rien de mieux, mais pour y faire quoi ? De la simple figuration, ou un peu mieux que ça ? Finaliste du dernier Euro – à domicile -, l’Equipe de France devrait en toute rigueur faire partie des favoris logiques et légitimes ; or ce n’est pas le cas. Pour quelle(s) raison(s) ?

Le premier motif d’être sceptique se fonde sur des éliminatoires poussives. Dans un groupe accessible, les bleus se sont qualifiés à la dernière journée, cahin-caha, en marquant dix-huit buts en dix matches éliminatoires. L’Espagne en a mis exactement le double, et la Belgique et l’Allemagne, quarante-trois chacune. Ces trois équipes à l’évidence sont prêtes pour le grand défi, et les français sont loin de l’être.

Car cette inefficacité statistique correspond à de multiples balbutiements dans le jeu, ainsi qu’à de nombreuses valses-hésitations sur les joueurs. Si l’on examine les trois derniers champions du monde, – Italie 2006, Espagne 2010, Allemagne 2014, pour ceux qui auraient regardé ailleurs -, quel air de famille y découvre-t-on ? Celui-ci : de très grands joueurs, parmi les meilleurs du monde à leurs postes respectifs, mais surtout dotés de la maturité humaine et technique nécessaire pour s’insérer dans un collectif huilé. La Coupe du Monde s’offre à de équipes expérimentées, ayant un socle de joueurs décisifs et centraux âgés de 26 à 32 ans (c’était aussi le cas de France 1998).

L’Italie 2006 avait Pirlo, Buffon, Zambrotta, Totti, Del Piero et Cannavaro ; l’Espagne 2010 Iniesta, Torres, Xabi Alonso, Villa, Casillas et Xavi ; l’Allemagne 2014 Ozil, Hummels, Khedira, Neuer, Schweinsteiger et Lahm. En 2018, alors qu’Allemands, Espagnols et Brésiliens – voire Belges et Portugais, outsiders crédibles – souscriront à nouveau à ce schéma, seuls Antoine Griezmann et N’Golo Kanté chez les français font partie des top players installés à leur poste. L’hexagone possède pléthore de très grands espoirs, à commencer par la pépite Kylian Mbappé, mais qui ne sont pas encore dépolis. Mbappé mais aussi Varane et Pogba, voire Benjamin Mendy, Adrien Rabiot et Ousmane Dembélé, deviendront peut-être des top players (ils en ont le potentiel), mais cette métamorphose, si elle a lieu, ne risque pas d’être achevée l’année prochaine. Dès lors réitérer le quart de finale atteint au Brésil serait déjà une honorable performance. En Russie, les bleus seront encore chenille, le papillon sera, peut-être, pour l’exercice suivant.

Thierry Saunier

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2 Réponses

  1. Levine JAROMIL (@LevineJaromil)

    Pogba a plus accompli dans sa jeune carrière que n’importe quel joueur en équipe de France mais il n’est pas un top Player ? Élu meilleur joueur du mondial au Brésil, dans l’équipe type ballon d’Or+ FIFA + UEFA, a battu le record de transfert, a un palmarès collectif et individuel que votre soi-disant top Player Griezmann ne pourra jamais avoir. Et Pogba ne serait pas un top Player à son poste ? c’est une blague, j’espère.

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