Nouveau maire, nouvelle loi, nouveau schéma de cohérence, nouveau PLU. Promis, dès le mois prochain, on arrête les introductions qui mentionnent tout ce qu’il y a de nouveau à Saint-Raphaël ! Mais dans notre sujet principal, il était intéressant de parler de la commune qui est en pleine révision de son PLU, l’ancien ayant été établi en 2012 soit avant la conception du ScoT. Nous avons profité d’une rencontre avec Frédéric Masquelier pour discuter un peu construction et loi Alur.

Le PLU de Saint-Raphaël est en pleine révision. Quels sont les nouveaux objectifs à atteindre pour la ville ?

D’abord il y a des objectifs qu’il faut respecter nonobstant notre volonté. Dans le cadre du PLH (Programme Local de l’Habitat, NDLR), nous devions construire 500 logements par an, mais je l’ai fait limiter à 300. Je souhaite que la construction de logement soit strictement encadrée sur la ville de Saint-Raphaël. Dans les obligations qui nous sont imposées, il y a aussi la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain, NDLR) liée à la construction de logement social. J’ai beaucoup écouté les demandes des Raphaëlois dans les quartiers qui souhaitent avoir un temps de respiration et d’encadrement de la loi Alur.

Qu’est-ce que permet la loi Alur ?

Elle permet des divisions de terrain, elle rend caducs les cahiers des charges qui pouvaient exister dans les lotissements, et elle favorise la densification en supprimant un certain nombre de règles d’urbanisme laissant uniquement des règles de distance par rapport à la voirie et au voisinage. C’est une loi qui est sûrement très utile dans les métropoles, mais beaucoup moins adaptée dans des villes comme la nôtre.

Qu’est-ce qui est mis en place pour limiter cette loi ?

Il y a des mesures qui étaient existantes dans le cadre du PLU de 2012 comme la limitation des hauteurs des constructions. Pour ma part, je veillerai à ce qu’il y ait un pourcentage extrêmement élevé d’espace libre et d’espace vert, ce qui est une manière de réduire l’emprise des constructions et l’étalement urbain. Cette mesure sera forte puisqu’il y aura 50% d’espace vert et 70% d’espace libre.

Ça ne laisse pas beaucoup de place à la construction.

Cela sert surtout à ne pas surdensifier des terrains qui n’ont pas vocation à l’être. Aujourd’hui pour les promoteurs, il y a un marché des droits à construire ou des mètres carrés, nous voulons revenir à un marché peut-être plus sain. Un terrain se vend par rapport à la valeur de ses constructions, pas seulement à son potentiel constructif.

Y a-t-il des zones libres aujourd’hui qui obtiendront un droit de construire ?

Non, les seules opérations qui peuvent être en cours, comme à Valescure où il y a une dernière ZAC qui a vocation à accueillir quelques logements, sont des opérations très anciennes qui vont voir le jour ces prochaines années.

En fin de compte, vous avez décidé de construire le moins possible ?

Je ne dirai pas « moins possible ». Nous cherchons à encadrer les constructions. Je ne suis pas défavorable à la construction de logement, ça n’aurait pas de sens d’ailleurs. Simplement, je souhaite qu’on ne surdensifie pas là où ça ne doit pas l’être. Lorsqu’il y a une construction, nous étudions les problèmes de stationnement, de circulation, de réseaux et surtout si la construction s’intègre dans son environnement. Il pourrait y avoir encore des constructions, on favorise la construction, mais pas la surdensification.

M.Perrin, vice-président chargé du ScoT à la CAVEM (voir article précédent), nous a dit que l’objectif du schéma tend à ce que 75% des constructions soient inscrites dans le renouvellement urbain. Ce sera le cas à Saint-Raphaël ?

Effectivement, sur une construction ancienne où la valeur est résiduelle et où le terrain est la valeur la plus importante, nous pouvons reconstruire un habitat individuel, ou un petit habitat collectif. Ce que nous ne souhaitons pas, c’est de construire sur des « post-its », des immeubles qui soient totalement disproportionnés par rapport à leur environnement.

Lors de notre première interview, vous nous aviez dit que vous ne souhaitiez pas vendre de terrain de sport. Vous n’avez toujours pas changé d’avis ?

Il n’y aura aucune vente, à Saint-Raphaël, d’équipement sportif pour accueillir des constructions. Nous nous distinguons notamment de la ville voisine. C’est important de les conserver, car chaque nouvelle construction apporte de nouveaux habitants, il faut bien entendu qu’il y ait des structures sportives, d’accueils ou de loisirs. Si nous construisons sans investissement dans ces domaines, nous créerons les problèmes de demain.

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