Acteur incontournable de la création d’entreprise, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var propose des tonnes de prestations effectuées par des personnes aussi compétentes qu’expérimentées ! Preuve en est, les quelques conseils que l’on a pu recevoir au début de notre aventure journalistique viennent de cette chambre et plus particulièrement de Christel Bourgeois qui connaît l’économie locale de A à Z.

Christel Bourgeois, quelles sont les différentes prestations de la Chambre de Commerce et de l’Industrie (CCI) ?

Nous avons un dispositif d’accompagnement à la création d’entreprise. C’est à ce titre que nous participons à cet événement. Ce dispositif d’accompagnement élaboré depuis quelques années commence par une réunion collective que l’on nomme « Rendez-vous de la Création ». Elle est déclinée dans toutes les antennes du Var. À l’issue de cette réunion, on peut recevoir le porteur de projet selon ses désirs, en rendez-vous individuel, une ou plusieurs fois. L’objectif c’est de le porter jusqu’à l’immatriculation. Pour assortir ces différents rendez-vous, nous avons également un atelier « forme juridique » : quand la personne est avancée dans son projet. Et après des diagnostics spécialisés, Nous proposons des rendez-vous de l’entrepreneur sur des thématiques diverses et variées, sur les projets ou sur les nouveaux dirigeants. Nous organisons des formations, « 5 jours pour entreprendre », qui aident le porteur de projet à construire son business plan. En parallèle de ça, on a mis en place aussi une plateforme web « CCI business builder » (https://business-builder.cci.fr/) qui permet pour quelqu’un d’un peu aguerri de construire son business plan tout seul chez lui, ou alors en ayant une assistance physique, ou par mail.

L’antenne de la CCI installée à Saint-Raphaël s’occupe de quel secteur ?

On s’occupe de la CAVEM et du canton de Fayence.

Quel est le profil de l’entrepreneur local?

C’est assez varié. Nous recevons de jeunes entrepreneurs, mais nous avons pas mal de personnes de plus de 50 ans qui sont au chômage et qui cherchent à créer leur emploi. Nous constatons qu’il y a moins de femmes en ce moment. Les entrepreneurs séniors sont souvent les plus diplômés. J’en rencontre beaucoup : consultants, cadres moyens ou supérieurs, qui voient leurs revenus diminuer et qui souhaitent cumuler création d’entreprise et retraite. Ils sont souvent diplômés et retravaillent pour leur ancienne entreprise, mais en consulting. Sur des métiers de l’hôtellerie et restauration, les gens sont moins diplômés. Globalement pour les ressortissants de la CAVEM, on a 95% de créateurs d’entreprises et 5% de repreneurs. Une variable intéressante est celle des microentreprises. Cette forme juridique existe depuis 2008, année où il y a eu une augmentation de création exponentielle de ce statut. Le nombre de créations de microentreprises avait baissé ces trois dernières années, mais ça reprend de l’ampleur. Alors est-ce que c’est à l’annonce du doublement de plafond du chiffre d’affaires? c’est possible. Une autre tendance importante en ce moment, c’est le nombre grandissant de transmissions d’entreprise. Il y a beaucoup d’entrepreneurs qui cherchent à céder.

Ils cherchent à céder mais est-ce qu’ils réussissent ?

Ha ça, réussir à céder est une autre affaire ! C’est pour cela que l’on a mis en place la « Journée de la transmission » et un atelier sur la valorisation de l’entreprise. Aujourd’hui il y a un prix de marché et la difficulté est de mettre en relation un repreneur avec un cédant sur la valeur de l’entreprise. Il y a beaucoup d’entreprises à céder en ce moment pour deux raisons : d’abord parce qu’il y a des gens qui veulent changer de vie, et surtout les départs à la retraite parce que c’est la catégorie qui veut ça !

Il y a beaucoup de personnes qui se lancent dans la restauration encore ?

Oui. L’activité sature, mais il y a encore beaucoup de demandes. Notre discours à ce moment-là c’est un peu de les dissuader ou alors de les tourner vers des transmissions d’entreprise.

D’où viennent vos informations concernant les métiers ?

On travaille avec les fiches métiers de l’APCE (Agence Pour la Création d’Entreprises, NDLR) qui s’appellent AFE maintenant (Agence France Entrepreneur, NDLR). Elles fournissent la structuration d’un métier au niveau national. Il faut quand même les ramener au niveau local. Nous avons quand même une spécificité locale qui est la saisonnalité.

Quels sont les métiers qui ont le vent en poupe ?

Les activités de service à la personne ont de l’avenir. Il y a beaucoup de création dans le marketing digital. Ce sont souvent des start-ups qui se créent dans ce domaine. Nous avons toujours plus ou moins les mêmes projets de commerces ambulants… C’est pour ça que je disais qu’il y a un retour de la microentreprise parce qu’on est plus dans des prestations simples, et parce que les gens manquent d’apports.

En fin de compte, la clé c’est d’avoir un apport.

Je pense qu’il faut en avoir un minimum.

Et les SARL et SAS a 1€ ?

Peu importe. On oublie le côté juridique de la sous-capitalisation. Dans le cas d’une société au capital de 1€, si on fait des pertes, automatiquement on se retrouve à une valeur inférieure à la moitié du capital social et on se retrouve en dépôt de bilan. Donc il faut renflouer avec des capitaux propres et ce n’est pas la bonne solution. Et puis l’histoire de la trésorerie c’est aussi se dire à un moment donné « Je crée une entreprise, mais de quoi je vis ? » . Alors si l’entrepreneur a de quoi vivre à côté, il peut se permettre des pertes car il renflouera avec son argent personnel. mais cela veut dire qu’il a de l’apport. Si, au contraire, l’entrepreneur n’a rien du tout, il devra générer du chiffre d’affaires immédiatement pour payer les charges, son loyer son assurance et tout le reste. Donc il faut un minimum, sinon il y a le couperet au-dessus de la tête et au bout de 6 mois, c’est terminé.

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