On n’a jamais eu l’occasion de parler de l’Insitut Médico Educatif (IME) dans les pages de « Bah Alors ? ». Pourtant cet institut géré par l’association « La Bergame » qui existe depuis 1979, soit à une époque où la ville ne comptait pas plus de 20000 habitants, à une année où les Pink Floyd sortaient « The Wall » et Supertramp « Breakfast in America » : on pourrait presque dire que Saint-Raphaël s’est construit après la création de l’association. Cette institution propose « des actions éducatives, médico éducatives, médicales, thérapeutiques, pédagogiques, adaptées aux besoins de la personne, à son niveau de développement, à ses potentialités, à l’évolution de son état, ainsi qu’à son âge ». Et de par son agrément, l’IME accueille toute l’année 35 adolescents de notre région, de 12 à 20 ans présentant une déficience intellectuelle moyenne avec troubles associés. L’accompagnement est articulé autour de trois axes. Tout d’abord la section d’éducation et d’enseignement spécialisé (SEES) : comme son nom l’indique, cette section met en place un apprentissage scolaire adapté tendant à apprendre les bases, mais aussi à développer la personnalité et la socialisation. La SEES accueille des jeunes de CLIS, d’ULIS ou d’IME, ces classes spécialisées et souvent intégrées dans des collèges classiques. Le deuxième axe de travail s’appelle la structuration. Plutôt pour des jeunes qui ont besoin de développer surtout leur autonomie, son objectif réside dans la mise en place de différents ateliers « dit de remédiation cognitive, de socialisation, d’expression artistique et d’ateliers de formation préprofessionnelle ». Au programme atelier cuisine, menuiserie, horticulture potager ou lingerie /entretien pour élaborer avec les jeunes des projets d’orientation professionnelle. D’autres supports sont mis en place comme la musicothérapie ou l’équithérapie. Enfin, un partenariat avec l’ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail) les Mimosas est en place. Dans les espaces verts ou dans le conditionnement, les adolescents apprennent à travailler avec une équipe de l’ESAT dans un cadre professionnel. L’IME a pour règle d’or d’accompagner au maximum ses enfants donc la durée du séjour dépend surtout de ses progrès et bien sûr de l’accord des familles.

Tous citoyens

Dans le cadre de la SEES, les adolescents de l’IME ont suivi un cycle sur la citoyenneté. Pour ces futurs adultes, apprendre les étapes administratives de la vie quotidienne est indispensable. Qu’est-ce qu’une carte d’identité ? Qu’est-ce que le recensement ? Comment aller voter ? Toutes ces questions dont les réponses peuvent nous sembler élémentaires sont plus dures à comprendre pour les élèves de l’IME. Alors l’IME et la mairie de Saint-Raphaël ont eu une superbe idée : faire visiter les services municipaux pour illustrer cette initiation à la citoyenneté. Visite des services État-civil et Élections, mais surtout visite de la salle du conseil municipal et accueil assuré sur place par Catherine Rouboeuf, adjointe à l’éducation, pour répondre aux questions des élèves. Et des questions il y en a eu ! Préparés en amont avec les éducateurs de l’institut, la plupart des adolescents sont entrés pour la première fois dans une mairie. Frédérique Gess, responsable de stage nous explique :

Pourquoi cette visite à la mairie ? On travaille au quotidien avec ces jeunes, tandis qu’en mairie, ce sont des gens qui ont une spécificité. Ils auront besoin de faire des papiers. Certains seront amenés à les faire seuls. On ne sera pas tout le temps là, les parents non plus. L’intérêt c’est de travailler le plus possible, avec ceux qui le peuvent, leur autonomie personnelle. Il n’y a pas que le milieu professionnel, il y a aussi le savoir-être.

D’autres visites de ce genre sont prévues ? On va essayer de travailler avec la mission locale et d’autres établissements de ce genre. On a 7 à 10 jeunes qui peuvent prétendre aujourd’hui à ces visites. Avec les autres, on travaille la notion de citoyenneté plutôt en salle de classe, car ils sont un peu moins autonomes. C’est intéressant parce que ça peut aussi les ouvrir à d’autres projets. Il y a une jeune qui a demandé à faire un stage à la médiathèque. Ça ne lui serait peut-être pas venu à l’esprit si ce genre de visite n’avait pas été mis en place.

 

Alice Ripert, directrice de cabinet :
« Nous voulions plus particulièrement mettre en valeur l’accueil au public à handicap mental. La mairie a voulu montrer par cette visite qu’elle est accessible à tous. L’IME est très important pour la ville aussi : c’est une structure atypique dans le paysage du handicap. Elle accueille beaucoup d’adolescents, l’encadrement est assuré par une grande équipe et est surtout très complet. Les enfants mangent des plats cuisinés directement sur place alors qu’ailleurs on fait souvent appel à de grandes entreprises de plats préparés. L’accueil à l’IME est important, et par cette visite, nous voulions montrer que chez nous ces adolescents sont logés à la même enseigne. »

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