La CAVEM a aussi un point de vue intéressant sur le commerce de proximité. Ici, les grandes enseignes ne sont pas forcément pointé du doigt, la prolifération oui. Alors la CAVEM dans ces compétences agit aussi en ce sens. Circuit-court, combat contre des villages de marques, il se passe des choses dans nos communes et dans nos intercommunalités.

Quel est votre point de vue sur le commerce de proximité ?

Le commerce de proximité est nécessaire pour renforcer le lien social, répondre aux enjeux de développement durable et aux besoins croissants de la population vieillissante. Le respect d’un bon équilibre entre l’offre commerciale en périphérie et celle du centre-ville est un déterminant majeur pouvant avoir un effet sur la vitalité commerciale des cœurs de ville.

Selon vous, d’où vient la difficulté de l’installation des commerces de centre-ville ?

Le véritable adversaire des commerces de proximité est l’ « e-commerce . Ce segment commercial connaît ces dernières années une croissance phénoménale avec une progression de 15% cette année alors que le commerce traditionnel a une progression stable de 1,1% depuis les 10 dernières années. Difficile pour un commerçant d’avoir un concurrent sur qui ne pèse pas les charges foncières particulièrement lourdes dans notre pays, les difficultés de stationnement et tout ce qui disparaît avec le e-commerce. J’y vois aussi un autre danger : l’invasion des centres-ville par les fourgons de livraisons. Le deuxième concurrent c’est la prolifération extraordinaire des centres commerciaux « hors sols ». Dans les Alpes-Maritimes, après « Polygone Riviera » à Cagnes-sur-Mer et « Cap 3000 » à Saint-Laurent-du-Var, aujourd’hui on parle d’un programme à Vallauris qui est dénommé « Business Resort Sophipolis » – parfaitement français – et qui sera constitué d’une résidence hôtelière et d’un ensemble de surfaces commerciales de 15000 m² et 90 boutiques. C’est complètement farfelu cette prolifération ! Je ne parle pas de Toulon avec « Avenue 83 », car je ne crois pas que nous soyons impactés par les commerces de l’aire toulonnaise. Par contre de l’autre côté, il y a un vrai impact.

Que fait la CAVEM ?

Il faut savoir que la CAVEM a été le principal acteur avec la Communauté d’Agglomération Dracénoise de la procédure pour l’annulation du projet de création d’un village de marques au Muy par la saisie du Conseil d’Etaten avril 2015. Via le ScoT, on essaie de bloquer la consommation d’espace agricole. Vous le verrez lorsqu’il sortira à la fin de l’année, il y a un blocage de l’expansion des zones commerciales. C’est une réaction intéressante en faveur du centre-ville.

Donc aucun projet de zone type Grand Estérel (zone commerciale regroupant Carrefour, Cultura, Darty…) ?

Ce sont des zones commerciales de périphérie urbaine, lorsque l’on « pèse » 110000 habitants et 250000 l’été, sont immanentes. On ne peut pas imaginer une agglomération de 110000 habitants sans ces zones commerciales classiques. Il faut qu’elles existent, qu’elles soient organisées et maîtrisées. Par contre, il ne peut plus y avoir de consommations agricoles pour des projets de ce type. Il faut voir l’ensemble de l’équilibre actuel de notre territoire. Un tiers est constitué de patrimoine forestier, naturels classés ou référencés « Natura 2000 », un autre tiers est constitué de zone inondable que l’on doit absolument ne plus urbaniser. Le dernier tiers du territoire reste à organiser pour l’urbanisation de qualité. Il faut réussir quelques infrastructures nécessaires comme les digues de la Palud ou encore de l’itinéraire alternatif qui viendra doubler la RDN7. Nous souhaitons réorganiser l’espace urbanisable sans avoir de consommation des espaces agricoles.

Vous nous parlez des agriculteurs et la CAVEM a dans ces objectifs l’établissement d’un circuit court. Vous pouvez nous en dire plus ?

C’est très simple. Il y a 290 agriculteurs sur la basse vallée du Reyran. Aujourd’hui, la plupart de leurs produits partent au M.I.N à Nice à des prix bas. Si nous arrivons à mettre en place une mise en commercialisation plus courte par des créations ex nihilo sur place, nous arriverons à faire en sorte qu’ils aient des marges plus intéressantes en satisfaisant le client qui réclame des productions locales.

Que pensez-vous de l’installation de grandes enseignes comme Lidl?

Lidl, j’étais contre. En commission départementale, sur 9 membres, il y a eu 8 voix contre. Par des canaux que je ne maîtrise pas, ce dossier est revenu validé par la commission nationale. Je considère qu’il ne faut pas une prolifération de commerces de ce type. On est arrivé à une densité sur cette zone dans le domaine de l’alimentaire suffisante. Il est évident qu’il y a des réglages à faire sur la répartition géographique des unités en fonction des marchés existants.

Pourtant Lidl et Grand Frais c’est une centaine d’emplois créés

Leroy Merlin c’est une centaine d’emplois et, pour moi, c’est un dossier normal. Jusqu’à présent Castorama était en monopole, une deuxième structure de ce type dans le bricolage est intéressante. C’est une concurrence saine. Sur le Lidl, j’avais un sentiment de prolifération.

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