« Le nom est compliqué, ça commence par un Z et ça finit par un Z. Monsieur Z c’est le dernier de la liste et le premier si on prend l’alphabet à l’envers… J’aime bien ! ». Par ces mots, Richard Zielenkiewicz explique le choix de « monsieur Z ». Et ça définit bien le personnage, un illustrateur qui fait dans le vintage moderne, dans le design plat avec des petites imperfections. Un jour publicitaire pour BMW, l’autre jour illustrateur pour Saint-Raphaël. On a rencontré l’artiste à l’occasion des illustrations qu’il a réalisées de Roquebrune sur Argens. Ces illustrations d’ailleurs, sont à retrouver à l’Office de Tourisme sous toutes les formes possible. Alors si vous êtes un amoureux des Issambes, du Rocher, du Val d’Esquières, foncez vous procurer un porte-clé, un mug, un totebag ou une belle affiche. Elles valent toutes le détour.

Monsieur Z, avant Roquebrune, combien de communes avez-vous illustrées ?

J’en ai pas fait tant que ça. Je collabore avec des villes, mais quelques fois c’est des institutions qui me contactent. À Saint-Tropez, c’était le musée de la gendarmerie, à Grasse le musée international de la parfumerie. Je dirais une petite dizaine de communes.

Depuis quand faites-vous ça ?

Ce travail d’illustration est assez récent pour moi. Mon premier métier est illustrateur publicitaire. Je travaille essentiellement pour des marques. Depuis que je me suis installé dans le sud (2006, NDLR), j’avais besoin de cartes postales et je ne trouvais rien autour de chez moi si ce n’est quelques images qui dataient des années 1950. Il n’y avait pas de renouveau et j’étais friand de ce genre de carte. Alors je les ai faites au début pour moi, et je l’ai publié sur les réseaux sociaux. En les publiant, d’autres ont aimé et ça a donné l’idée à l’Office du tourisme de Hyères de me contacter. Je leur ai fait 4 illustrations et depuis on continue à me contacter.

Qui vous a contacté récemment ?

Brignoles, la Ciotat, La Lande des Maures… Même d’autres régions comme la Bretagne. Lyon m’a contacté, mais j’ai refusé.

Pourquoi ?

Parce que je ne peux pas tout faire ! Puis je ne connais pas. C’est plus facile pour moi de dessiner Roqubrune parce que c’est pas loin de chez moi et que je peux y aller. Puis en ce moment je suis très « Riviera » varoise : riviera plus sauvage ! La nature a beaucoup d’importance pour moi. J’adore le côté glamour de Cannes aussi, mais la nature de notre région me plaît.

Elle est comment la nature chez nous ?

Pour l’instant, la technologie on l’a dans nos portables, mais en dehors on aime bien avoir des arbres, une belle vue et personne sur la plage. Et les plages correctes elles sont plutôt chez nous. Quand on habite ici, on a envie de profiter du Rocher, du massif des Maures, des plages… et ça m’inspire.

Comment vous choisissez les points de vue des illustrations ?

L’Office m’a montré les différents sites qu’ils souhaitaient mettre en valeur. Le kayak et le Val d’Esquières étaient des recommandations. La première illustration que j’ai réalisée est celle où l’on voit la fille en bikini sur la plage avec comme titre « Les Issambres ». L’Office l’avait refusé parce qu’il n’y avait pas une reconnaissance immédiate du site. Moi j’aimais bien cette image et l’idée de représenter le côté balnéaire de la ville. Alors je l’ai publié sur les réseaux avec marqués « Méditerranée » en titre. Elle a super bien marché sûrement pour son côté sexy. Fort de ce succès, l’Office a décidé de la remettre dans les illustrations sélectionnées et je leur ai offert.

Et pour le Rocher ?

Les habitants de Roquebrune habitent face à un dieu vivant. Le Rocher c’est la tour Eiffel du coin. Comment y échapper ? Il nous fait tourner la tête quand on est sur la route. Je suis sûr que les néandertaliens qui se sont installés ici au début ont dû kiffer grave, parce que ça vous démonte le coup. C’est beau comme un coucher de soleil et ça, j’aime. Et c’est dur à dessiner parce que ce n’est jamais aussi beau que la réalité.

Quels artistes inspirent vos créations ?

Saul Bass pour les génériques tv surtout. Mais je m’inspire de beaucoup d’artistes de cette époque-là qui mélangeaient illustration et graphisme. Pendant longtemps je me suis posé la question de savoir si j’étais un illustrateur ou un publicitaire. Maintenant je me dis que je suis un illustrateur publicitaire : j’arrive à bien vendre mon yaourt et j’arrive à bien vendre mes dessins. Je mets du graphisme dans mes illustrations et plus j’avance et plus le graphisme est présent. Je ne suis pas un minimaliste par contre. J’aime quand il y a des erreurs, du crayon. J’ai une amie qui s’appelle Malika Favre, qui bosse pour Sephora et qui cartonne dans toutes ses pubs. C’est très « flat design » (design plat, NDLR), c’est très graphique. Mais le sud ce n’est pas Tokyo. Ici on est « rough » (dur, sauvage… NDLR) : la nature est rough, le rocher est rough, les routes sont rough… Il y a du grain. J’aimerais bien des fois être aussi pur, mais ce n’est pas notre environnement.

Quels sont vos futurs projets ?

Dans l’animation, je suis en train de travailler sur un projet qui est l’adaptation d’un livre très connu, on a déjà commencé à travailler sur la recherche et le développement. J’ai énormément de commandes comme Dassault pour des illustrations du dernier Falcon, d’autres communes comme Bandol. Et côté pub, il y a quelques projets en cours.

Comment procédez-vous pour la confection des images ?

J’essaie de réaliser deux dessins par semaine, mais des fois je n’y arrive pas. Mon intuition est mon seul guide. Avant de le présenter à un client, il faut que ça me plaise à moi d’abord. Si on est pas fier de ce qu’on fait, c’est pas la peine. Il y a des clients avec qui ça ne marche pas. Souvent lorsqu’il me demande des dessins sur commande.

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