« C’est la maison, c’est un lieu d’échange et de rencontre. C’est un lieu de passionné et un lieu passionnant ». Valérie s’occupe toute la journée du bar de l’Usine et c’est en ces termes qu’elle décrit son lieu de travail. L’Usine Café est la place centrale de ce concept store qui regroupe tatoueur, préparateur moto, skateshop, friperie, boutiques de vêtements et d’accessoire et barbier. Valérie voit tous les gens qui passent pour des achats ou pour boire un verre. Et elle nous les décrit ainsi : « Les clients de l’Usine sont très sympas. On n’a pas de soucis, c’est familial et convivial. C’est surtout intergénérationnel. Parce qu’il y a des gens de tout âge, de tout horizon, avec ou sans enfant, et tout le monde se côtoie et se mélange harmonieusement. Il n’y a pas de profil type. Tout à l’heure, il y avait une personne qui joue du saxophone dans un orchestre ». On a voulu vérifier les dires de Valérie, alors on a discuté avec tous les acteurs de l’Usine qu’on a pu rencontrer. Et, sans vous spoiler la suite, Valérie a raison sur toute la ligne!

David Chapuis : Custom culture et idée folle

David Chapuis, le grand manitou de l’Usine Concept Store et surtout le patron de Pure Motorcycles. Amoureux de « Custom Culture », David a créé cette espace pour vivre sa passion à fond et la partager avec le plus de personnes possible. On a discuté avec le boss d’un peu de tout.

David, comment t’est venue l’idée de l’Usine ?

J’ai un atelier de restauration de véhicule de collection, principalement des deux roues. Je me suis mis depuis quelque temps à la préparation custom de motos anciennes. J’avais mon atelier à Cannes, et je voulais évoluer dans un espace plus grand où je pouvais développer mon univers avec plus de confort. Surtout, je voulais être chez moi. Donc je me suis mis en quête d’un local. Avec ma femme, on a trouvé ce local à Saint-Raphaël. Il était bien trop grand pour moi seul, mais je ne voulais pas passer à côté de ce local parce que j’étais séduit par ce lieu, son atmosphère et surtout sa charpente atypique. Alors je me suis dit pourquoi ne pas le partager avec des potes. J’ai commencé à me demander qui je pouvais intégrer dans l’espace et j’imaginais comment amortir les frais conséquents avec des locataires. C’est comme ça que l’idée est venue et a évolué. J’ai pensé d’abord à installer un barber, un tatoueur, et surtout l’association des Dandys !

Et le bar!

Le bar à la base c’était juste une buvette associative, mais on s’est vite rendu à l’évidence. Les gens cherchaient plus que ça, et il a fallu s’adapter en conséquence.

Tu pensais que ça allait fonctionner comme ça?

Non. En fait je pensais que les shops allaient être indépendants, attirer du monde et s’autogérer. On se rend compte finalement que les shops bricolent, mais que le gros pôle c’est le bar. Moi j’ai mon atelier depuis des années et donc j’ai ma clientèle qui me suit. Du boulot j’en ai pas mal, il m’arrive même de refuser des clients faute de temps. Aujourd’hui le bar amène des gens, un bonus pour tous ces shops.

Il se passe d’autres choses à l’Usine?

Ce lieu sert à beaucoup de choses. Je le loue souvent pour des privatisations de soirées, des shooting photos ou des clips. On est en partenariat avec BMW pour des lancements de produits. Nous essayons de faire vivre ce lieu au travers un tas d’événements. Il y a de l’événementiel au sens large, lié à notre culture rock’n’roll, mais pas que.

Le concept peut encore évoluer à ton avis?

Les corners sont complets. On est une bonne équipe, ça fonctionne, tout le monde est complémentaire. Ça peut évoluer encore, mais là c’est bien.

C’est quoi le vrai point commun des corners?

Pour nous, il y avait une sorte de synergie. Dans notre « custom culture », il y plusieurs points qui se recoupent. Tous les motards vibrant pour la custom culture sont souvent barbus, tatoués, des anciens skaters… Le ride aujourd’hui c’est de la moto, du skate, du surf. On est amateurs de vieilles choses et à l’Usine on propose ces anciennes motos et Roland a ouvert une excellente friperie. Je pense que tous les clients adhèrent aux tattoos, à la barbe, aux bécane et au skate. Ça ne peut faire qu’une synergie d’avoir des éléments complémentaires dans un univers cosmopolite qui touche aujourd’hui beaucoup de gens parce que c’est aussi tendance.

Et le point commun des clients?

On a des gens qui viennent qui adhèrent à notre univers, à la custom culture. Mais il y a des gens qui viennent le soir pour passer un bon moment au bar entre potes. Mais les gens sont vraiment cools. Nos clients ont envie de vivre des choses agréables et différentes, et c’est ce qu’ils trouvent dans notre espace.

Laurent Cabot : Des Dandys qui rident

Laurent Cabot est s’occupe des Dandys Riders. C’est une association qui a son QG à l’Usine Concept Store. C’est aussi l’association qui organise depuis 2 ans un festival à Saint-Raphaël pour les passionnés de motos, de vintage, de tattoo, de skate, de fringue… Laurent Cabot est un passionné, et il nous raconte.

Laurent c’est quoi les Dandy Riders ?

Les Dandy Riders, c’est une bande de potes qui organise des tas de choses, notamment des roulages de Flat Track, des rides en moto mensuels. Aujourd’hui, on a une grosse attractivité, un festival fin septembre à Saint-Raphaël. On prépare la troisième édition qui se déroulera du 28 au 30 septembre 2018.

On trouve quoi dans ce festival ?

Que des belles choses ! Il y a des préparateurs moto qui viennent de France et d’Europe. On a pas mal de Belges, de Suisses, de polonais qui sont venus cette année. On y retrouve le « mur de la mort » qui est une attraction juste géniale. Il y a plein d’autres attractions, chaque année apporte son lot de nouveautés. C’est un festival qui est nouveau, il a 2 ans, et on est content parce qu’on a une progression énorme. On s’aperçoit que c’est une manifestation qui manquait à la région.

Il n’attire que des gens de la région ?

On a des gens qui viennent de la France entière et d’Europe. Beaucoup d’Italiens viennent. Je pense que les préparateurs moto venant un peu de partout attirent beaucoup. Puis l’amour du vintage fédère beaucoup de monde aujourd’hui, et notre festival est dédié à cet art.

Et tu fais quoi à l’Usine Concept Store toute la semaine ?

Alors j’y suis surtout le soir et les week-ends, et je m’occupe du bar : l’Usine Café. Il n’y a pas vraiment de responsable du bar, on l’est tous un peu en réalité. On est plusieurs à y travailler. En général, on est 4 le week-end avec une personne qui est en salle. Valérie par contre est là tout le temps. Moi je change les fûts, et je jette les poubelles !

C’est un bar associatif ?

C’était un bar associatif. Ça ne l’est plus depuis septembre. Quand on a créé le bar avec David, on l’imaginait comme la buvette des Dandy Riders et donc on l’a ouvert en associatif. Puis on s’est aperçu rapidement que c’était plus qu’une buvette de pote, que c’était en train de grandir. On a volontairement essayé de freiner l’activité, sans trop y arriver, le temps d’acheter une licence et de monter la société. Aujourd’hui nous sommes donc en société, c’est un vrai bar, plus un bar associatif. Tout le monde peut venir, il n’y a plus besoin d’être membre pour venir boire un verre.

La place du bar est très importante à l’Usine ?

C’était le lieu qui amenait les gens ici, et qui donc permettait d’amener du monde aux autres shops. Alors, avec le barbier qui arrive et le tatoueur déjà en place, ce n’est plus trop vrai, ces deux activités amènent aussi beaucoup de monde. Et au premier semestre 2018, on va faire de la restauration le week-end et tous les midis de la semaine.

Et les soirées à l’Usine ?

Il y a des groupes tous les vendredis et samedi soir, en acoustique essentiellement. On essaie de faire venir des groupes électriques qui jouent leurs compos en acoustique. Ça donne des concerts plutôt originaux, les groupes doivent souvent retravailler tous leurs morceaux pour s’adapter.

Se tatouer à l’usine à toute heure

Étienne est le tatoueur de l’Usine. Il tient un des pôles les plus attractifs du concept store. Grâce à sa propre clientèle qui l’a suivi, et parce que le tatouage c’est quand même tendance aussi.

Tu es tatoueur depuis quand et tu t’es installé ici quand ?

5 ans maintenant, et je suis installé ici depuis 4 mois. Avant j’étais sur Cannes, je bossais dans la boutique d’un collègue et je suis venu à l’Usine pour ouvrir mon propre salon.

Comment as-tu entendu parler de l’Usine ?

C’est un pote, Alex .Mimo (tatoueur à Menton, NDLR), qui m’a donné l’occasion de tatouer ici. Il m’a laissé le bébé et vient encore une semaine par mois pour gérer le magasin. Je suis ici à temps plein.

C’est quoi la différence entre un salon en centre-ville et un salon à l’Usine ?

Ça ne change pas vraiment des autres salons, parce que ça reste un salon privé dédié au tatouage. C’est surtout l’ambiance de l’Usine et des gens qui sont là, l’ambiance des soirées concert qui est différente. D’ailleurs, je reste là les vendredis et samedi soir pour faire des petits tattoos pendant la soirée.

Tu as du monde ?

Ça commence à bien marcher. La plupart de mes clients m’ont suivi ici, et petit à petit, maintenant que les gens savent qu’il y a un tatoueur, il y a plus de clients.

Est-ce que les soirs de concerts les gens peuvent entrer dans le salon ?

Ça dépend. Les accompagnateurs bien sûr, mais pour les autres, je mets un petit bandeau à l’entrée pour dire « pas d’alcool, et une ou deux personnes maximum ». Les gens se mettent à l’entrée et regardent comment ça se passe.

As-tu déjà eu des demandes bizarres venant de mecs qui ont poussé la soirée un peu trop loin ?

En général, c’est le principe des soirées justement ! La journée je prends les rendez-vous pour les grosses pièces et les soirs, je reste disponible pour des petites envies. Après, je n’ai pas encore eu de demandes improbables. Il y a vraiment une bonne ambiance ici. Moi je suis plutôt calme, et ce que j’aime aussi à l’Usine, c’est que la clientèle sait se tenir.

Ludovic : un Skateshop pour les vrais.

Ludovic Fraticelli a ouvert le skateshop de l’Usine. Une boutique importante pour les riders du coin en manque de produit, et pour les Dandy Riders qui ont toujours associé leurs passions de la moto vintage au sport de glisse. Rencontre de Ludovic Fraticelli, le patron du skateshop.

Depuis combien de temps es-tu installé à l’Usine ?

J’y suis depuis fin septembre, après le festival des Dandy Riders. C’est ma première boutique, j’ai préparé le projet pendant près de 8 mois et je me suis installé.

Comment t’est venue l’idée ?

J’ai toujours été dans le skate. Quand je vivais à Paris, j’ai bossé pour Quicksilver, Carhartt, Vans… quand je suis descendu j’ai trouvé que l’Usine Concept Store était un super lieu. Et il y avait ce local qui était vide. David voulait un skateshop, on s’est rencontré et on a eu un bon feeling.

Ça se passe comment ce démarrage ?

Je suis content du début. Les ventes se passent bien, les gars de l’Usine sont supers. Pour un départ, je suis très content. Il y a une bonne scène skate dans le coin, et les gars sont assez réceptifs à mes produits.

On trouve quel genre de produits ?

Dans le skate, ma boutique s’appelle un « core market ». On trouve tout ce qu’il y a de plus pur dans le skateboard. Je ne fais pas de long board, de trottinette : c’est un shop de vrai rider, avec des vraies planches, des vrais produits. Les vrais skaters qui viennent au shop s’y retrouvent, et les nouveaux sont bien accueillis.

 

Mélanie : La cheffe c’est elle aussi.

 

Mélanie a créé Pure avec son mari, et de fait, l’Usine Concept Store. Elle y a son corner où on retrouve tout le nécessaire du parfait Dandy Rider.

Mélanie, tu t’occupes de quoi à l’Usine ?

De ma boutique, Pure accesories. On y retrouve a marque Pure qu

 

i représente des vêtements home et femme, des accessoires, des cuirs, des bijoux. Le tout est fait main. Quand ce n’est pas fabriqué ici, c’est fait très localement. Je travaille avec un artisan sur la région varoise qui confectionne mes patrons en cuir, un fondeur sur Marseille, un imprimeur sur Nice…

Tu es installé à l’Usine depuis le début ?

Oui, et avant l’Usine aussi ! Pure, c’est notre marque avec mon mari, David, qui est le patron de l’Usine. Pure Motorcycles, c’est le côté préparateur moto, et donc on avait déjà notre atelier et notre marque depuis plusieurs années, au Cannet.

Ça se passe bien ?

Très bien. Il faudrait encore plus de passage, mais c’est déjà bien. En fait, plus l’Usine fonctionne, plus Pure accesories et les autres corners fonctionnent.

Est-ce que ça fait une différence d’être installé avec un garage, un tatoueur, une friperie… ?

Pure accessories démarre vraiment avec l’Usine. Au départ c’était un toutpetit corner au sein de l’atelier. On avait 80m² donc on proposait quelques produits. J’ai commencé à véhiculer l’image de Pure accesories sur les réseaux sociaux quand on faisait des salons. Le vrai magasin Pure est né ici.

De la frip’, mais pas n’importe laquelle

Le corner de la Fabrique U.S. est grand, et on y trouve que des perles. Les amoureux de friperie s’y régalent. Du militaire, des vêtements de travail, du jeans. Tout est quasiment made in USA, tout est ancien, tout est unique. Roland Simon nous fait faire le tour.

Qu’ est qu’on trouve à la fabrique US ?

On y trouve du vintage en vêtements essentiellement. Du vêtement de travail américain, du jeans, du militaire européen et américain, des vêtements de sports US.

Tu es à l’Usine depuis quand ?

La boîte a fêté ses un an le 15 novembre. Je suis arrivé à l’Usine à cette période-là, donc quelques mois après l’ouverture.

Tu as du monde qui vient te voir ?

On essaie de développer le passage. On fonctionne bien en soirée, les week-ends et pendant les vacances. Je suis ouvert en journée et le soir, je fais les mêmes horaires que l’Usine. 10h-19h tous les jours et jusque 1h du matin les vendredis et samedi, quand je ne suis pas en retard, parce que j’habite un peu loin !

Comment t’est venue l’idée d’ouvrir une friperie ?

C’est un vieux rêve de gosse parce que j’ai toujours été fasciné par les États-Unis et les vêtements. En fait, mon ancien associé, un ami d’enfance qui vendait de la friperie dans le Var, m’a connecté avec David et l’Usine. Au début, on a pris cette affaire tous les deux, et au bout de quelques mois, on a décidé que j’allais continuer tout seul, car il avait déjà d’autres engagements vers Toulon.

Et tu n’as pas pensé en démarrant ton entreprise de t’installer seul ?

C’était peut-être l’idée au début, mais l’opportunité de rejoindre l’Usine m’a tout de suite plu. Le fait de ne pas se retrouver seul, de se fédérer les uns les autres, et de travailler dans un lieu atypique c’est que des avantages.

Cedrik : Le nouveau barbier qu’on attendait

Nouvel arrivant à l’Usine Concept Store, Cedrik est le coiffeur-barbier qui leur fallait. Un mec qui se fond complètement dans l’univers de l’Usine. Avoir un salon de coiffure dans le store est une véritable plus pour les autres commerces. Avoir un salon tenu par Cedrik c’est la cerise sur le gâteau, car ses années de pratiques à Port-Fréjus font que son répertoire client et son carnet de rendez-vous sont déjà fournis. La veille de son ouverture, Cedrik a répondu à quelques questions.

Cedrik, tu es le dernier arrivant à l’Usine Concept Store. Auparavant tu étais installé à Port-Fréjus. Pourquoi le déménagement ?

Pour m’éclater ! J’avais envie de m’amuser dans ce que je fais, j’étais un petit peu bridé avant, parce que c’était un salon de coiffure mixte. Là je vais pouvoir partir dans mon délire : la coiffure homme et surtout la barbe. Il y a une époque où j’avais arrêté la coiffure pour faire du body piercing. On travaillait dans des locaux du même style sur Nice qu’on partageait avec des tatoueurs et d’autres professions. C’était génial, on était une famille.

Côté déco, il y a du changement aussi ?

La déco du shop est vintage. À Port-Fréjus, on était un peu dans les années 1960. Ici, la déco est toujours vintage, mais plus axée années 1930/1940.

Comment as-tu décidé de t’installer à l’Usine ?

J’ai connu Laurent Cabot il y a 4 ans et demi. Il venait dans mon shop, je lui faisais les cheveux et la barbe et il avait déjà ce projet en tête. L’Usine a 1 an et demi maintenant et Laurent m’a toujours relancé pour m’installer.

Ton barber shop est pour quel type de clientèle ?

Je touche toute sorte de personnes, il n’y a pas de style. J’ai des banquiers et des bikers.

Tu es ouvert quand et tu rases pour combien ?

Je suis ouvert aux heures d’ouverture de l’Usine, du mardi au samedi, de 10h à 19h. Au niveau du prix, c’est 20€ et avec tous les soins c’est 25€. Je travaille en général sans rasoir, tout aux ciseaux.

Niveau chiffre d’affaires, tu penses que ça va changer pour toi ?

Non je ne pense pas. J’estime avoir acquis une certaine notoriété, je me suis battu pour ça. Et même si ce n’est jamais gagné d’avance, je pense que mes clients viendront volontiers ici pour se faire tailler la barbe.

L’Usine Concept Store

260 Avenue du Grand Défends, 83700 Saint-Raphaël

04 94 40 13 06

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