Marc est retraité maintenant. Après de longues études, et une longue carrière dans l’ingénierie, il a décidé de militer auprès de F.I. Il nous raconte.

Marc, pouvez-vous nous faire un résumé de votre parcours professionnel ?

Je suis à la retraite depuis 2009. Etudes à Paris, Math sup, Mat spé et entrée à l’école de chimie de Mulhouse avec 3 ans d’études. J’avais sans doute beaucoup de courage à l’époque car j’y ajoute 2 ans en passant un doctorat de docteur-ingénieur pour me spécialiser dans les plastiques. Et cela me permet de vivre Mai 68 au cours de ma dernière année d’études.

C’était comment mai 68 ?

Enfin de l’air frais. Pour beaucoup d’étudiants c’est la perspective de relations différentes en premier lieu avec les professeurs mais aussi de relations moins verticales dans le monde du travail. J’y croyais en tous cas.

Qu’avez-vous fait ensuite ?

Je suis alors embauché dans une usine pétrochimique près de l’étang de Berre comme ingénieur de recherche. Recherches chargées d’améliorer la production de plastiques : polyéthylène (bouteilles de lait par ex) et polypropylène (cordages synthétiques par ex). Je me sentais à cette époque « ingénieur » avec les connaissances nécessaires à cette profession, mais j’ai vite compris que j’avais été embauché également comme « cadre ». Je découvre que Mai 68 n’a pas changé en profondeur le monde du travail. On devait garder une certaine distance avec les chimistes et aide-chimistes (surtout s’ils étaient syndiqués) et bien sur les noter.

Ces plastiques pour être fabriqués nécessitent d’utiliser des catalyseurs très toxiques pour l’environnement : des sels de titane. Personne, moi compris n’avions conscience du danger. Et puis un jour je suis tombé sur une photo aérienne publiée par un hebdomadaire régional. On y voyait les fonds marins de la Méditerranée totalement lessivés sur des kilomètres au large de l’usine. Cela a été le déclic : je participe à la mort de cette planète! Sur place j’interpelle mais en vain. Comment convaincre des collègues qu’il faut aller vers d’autres savoirs ? Les ouvriers vous répondent que c’est aux dirigeants de l’usine d’orienter la production différemment. Une impasse.

Imaginez le dilemme : comment un ingénieur qui est payé pour aller au contact des industries laitières et chargé de les pousser à délaisser l’emballage en carton pour des bouteilles en plastique pourrait dire l’inverse au nom de la défense de l’environnement? L’ingénieur y croit parce que son horizon n’est pas assez large. Il sert une usine et ses actionnaires avant de prendre soin de la terre.

Avez-vous déjà été engagé dans un autre parti politique?

J’ai toujours voté à gauche, mais je ne me suis engagé dans aucun parti, les socialistes et communistes ne plaçant pas selon moi l’individu au centre.

Vous êtes aujourd’hui retraité, qu’est-ce qui vous pousse à être militant?

Au moins deux raisons essentielles à cela : l’écologie d’abord. Il m’est insupportable de savoir que ma fille et surtout ma petite fille vont devoir s’adapter à un monde quasi invivable avec le réchauffement climatique, la pollution, les pesticides dans l’alimentation, la production d’électricité par le nucléaire car on a aucune solution pour les déchets (ce n’est pas de la chimie rien ne peut annihiler un produit radioactif…que le temps et il peut être très très long…).

Ensuite c’est totalement insupportable pour moi que des personnes qui drainent l’argent vers le haut de l’échelle puissent imposer leurs vues sur l’économie mondiale au détriment des vies individuelles.

Pourquoi le choix de la France Insoumise?

L’écologie est au centre des préoccupations. C’est maintenant qu’il faut agir : passer aux énergies renouvelables, abandonner l’agriculture chimique, fermer au plus vite les centrales nucléaires trop vieilles et dangereuses qui créent des déchets ingérables. L’économie doit être basée sur une économie de la demande et non celle de l’offre. L’économiste Jacques Généreux conseiller de Jean Luc Mélenchon dans ce domaine en fait une démonstration pertinente.

Enfin passer à une 6ème république pour éviter que le pouvoir soit concentré sur un seul homme (ou presque), le président de la république. Nous en avons un bel exemple avec Emmanuel Macron.

Qu’est ce que vous souhaitez voir changer aujourd’hui?

Je pense que j’ai déjà répondu à cette question dans les réponses précédentes. Mais ce qui me paraît le plus urgent ce serait sans doute de ne plus laisser l’information grand public aux mains soit du pouvoir (les chaines TV publiques qui dans l’ensemble génèrent un discours qui discrédite toute idée socialement utile) soit de la presse écrite aux ordres de quelques milliardaires. D’ou l’intérêt de la nouvelle chaîne qui va se créer en 2018 « Le Média » qui me fait espérer une information plus objective.

Enfin, je sais que les professeurs le font déjà, mais il y a urgence à renforcer l’esprit critique de nos jeunes et à leur montrer comment les images, les textes les manipulent. Beaucoup malheureusement disent encore «si plusieurs personnes le disent, c’est que c’est vrai ! »

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