Jean-Claude Macé, retraité d’EDF, bientôt 71 ans, est de gauche c’est sûr. Pull à l’effigie du Che, syndicaliste dans l’âme, il a traversé beaucoup de courant social avant de s’établir dans le parti puis le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc, que faisiez-vous avant de militer pour la France Insoumise ?

J’ai commencé à militer pour le PS de 1982 à 1989. J’ai quitté le parti pour 2 raisons : Michel Rocard était Premier ministre et sa politique libérale ne me convenait pas et aussi parce que j’ai été muté dans le Var. Les deux premières années qui ont suivi ma mutation, je n’ai pas milité. Mais comme je suis tombé dans le chaudron de la politique tout petit, j’ai repris ma carte au PS.

Et entre votre arrivée dans le sud et maintenant ?

À l’époque les responsables étaient Elsa Di Meo et Tarik Belkhodja. Le problème de l’antenne PS ici était qu’il y avait deux courants de gauche qui n’était pas homogène. Un jour, à la sortie d’un congrès, on avait revoté pour le secrétariat de la section de Fréjus. Les résultats ne m’ont pas convenu, je trouvais qu’il y avait bien trop d’arrangement entre membres et pas assez d’engagements. Alors, je suis entré dans la section de Puget-sur-Argens. On avait monté un groupe « 83 anti capitaliste » qui regroupaient des gens du PS, du PC, des syndicalistes, des non encartés, etc. Aux cantonales début 2000, nous n’avions pas soutenu Elsa Di Meo, ce qui nous avait valu notre exclusion du parti. Nous étions huit à être exclus, certains on fait appel à cet exclusion, mais n’ont pas eu gain de cause. Moi je n’ai pas fait appel. Besancenot créait à l’époque le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste, NDLR). J’y suis entré pendant un an. Le leitmotiv me plaisait bien, ils cherchaient à fédérer tous les partis de gauche hors PS pour créer une force de gauche. La première échéance électorale pour le NPA a été les Européennes. Même si l’envie de fédérer la gauche était là, le parti ne voulait pas pour autant faire de concession et n’accepter pas les idées des autres partis.Comme je pense toujours que dans un mariage chacun amène sa dot, cette réaction ne m’a pas plu et j’ai donc quitté le NPA. Ça tombait à point nommé, car Jean-Luc Mélenchon venait de créer le Parti de Gauche (2009,NDLR). J’ai été parmi les 15 premiers adhérents du Parti de Gauche dans le Var, et depuis j’y suis et dans le mouvement de la France Insoumise.

Avant de militer, que faisiez-vous ?

Avant j’étais syndicaliste. J’ai commencé mes actions militantes dans la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne, NDLR). À l’époque, on avait un curé qui nous disait de nous battre pour nos droits dans nos entreprises. Il m’avait mis le pied à l’étrier. J’ai fait mes premières grèves en 1968 et depuis j’ai toujours œuvré à gauche. La CFDT était un syndicat qu’on pouvait qualifier de Marxiste. L’article premier du règlement intérieur de la CFDT c’était « un syndicat socialiste autogestionnaire », ça me plaisait beaucoup. J’ai quitté la CFDT en 1995 quand ils ont signé la remise en question des retraites du gouvernement Chirac.

Qu’est-ce qui vous a plu chez Mélenchon ?

Ce qui m’a plus dans le Parti de Gauche est le côté social et les idées de Mélenchon bien sûr. La France Insoumise est vraiment ancrée à gauche, il n’y a pas de nuances comme dans d’autres partis. On est de gauche et on veut faire de la politique de gauche.

Que détestez-vous dans la politique ?

Ce qui me déplaît le plus c’est le Front National. Ils n’ont jamais changé, et si j’ose exagéré un peu je dirai que leur politique n’est jamais sorti du régime de Vichy. Les journalistes essaient de les dédiaboliser, mais dans les faits, je pense qu’ils sont toujours racistes, intransigeants, etc.

Vous êtes très à gauche donc il est évident que vous ne portez pas le FN à cœur ! Mais à part ce parti, qu’est-ce qui vous déplaît ?

La droite actuelle c’est Macron aussi. Le paysage politique a changé et pas tout le monde ne le voit comme il le faudrait. La réduction d’APL, la suppression de l’ISF, etc. Tout ça, c’est des idées de droites. Faut pas oublier que ça fait des années que les droits des salariés sont discutés et débattus. Ce n’est pas le patronat qui a mis en place les congés payés, les 35h ou la sécurité sociale, c’est les gens dans la rue qui prône une politique de gauche. Moi j’ai toujours milité contre l’injustice sociale et pour la justice sociale.

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