Nathalie Boivin a 32 ans et aussi loin qu’elle se souvienne, elle a toujours voulu être dans le milieu du BTP. Après avoir passé un BTS en alternance dans le bâtiment, cette jeune maman de deux enfants est entrée dans le monde merveilleux du ravalement de façade. 12 ans de carrière où elle est passée de commerciale à cheffe de chantier chez FRC. Entre 2 chantiers, et au lendemain d’une nuit trop courte, Nathalie est venue répondre à quelques questions. Qui a dit qu’être une nana et diriger 15 bonshommes c’est compliqué ?

Nathalie, sur les chantiers, ce n’est pas compliqué avec les gars ?

Pas du tout. Il faut avoir du caractère, il ne faut pas se laisser faire. Quelquefois c’est aussi un avantage d’être une femme. Je dirige entre 4 et 5 chantiers en même temps, à peu près 10 ou 15 hommes, mais il y a un respect qui se pose. Après, sur les chantiers, je viens en jeans et baskets, je ne tente pas la jupe !

Comment es-tu arrivée à ce poste ?

Comme je disais, j’ai commencé en tant que commerciale, je n’ai pas eu directement ce rôle de cheffe et donc les relations ont été simples. Quand je suis devenue directrice de travaux, j’avais déjà acquis leur respect. Il n’y a pas trop de nouveaux employés, les équipes sont en place depuis des années maintenant parce que tout le monde s’entend et que les travaux sont bien menés. Après si il y a des nouveaux, je suis stricte mais si ça fonctionne je deviens cool! (rires)

Ça consiste en quoi, cheffe de chantier ?

Je suis l’interface entre les clients et les ouvriers. Je leur dis ce qu’il y a à faire, je passe les commandes s’il manque du matériel. Après consultation des ouvriers et des conducteurs de travaux, s’il y a un problème technique, je décide de la solution.

T’es plus au chantier ou au bureau ?

Je suis bien plus souvent au chantier que sur le bureau.

Ça se passe comment la première rencontre avec le client ?

Ça peut arriver qu’il y ait un « flottement » au premier regard, lorsque le client se rend compte que son chantier va être mené par une femme. Après quand on rentre dans le technique, même le client macho comprend qu’il n’y aura aucun souci.

Tes clients sont des professionnels ou des particuliers ?

Ce sont des particuliers. Mais le particulier est souvent plus intransigeant que le professionnel. Le chantier c’est en général chez lui, donc il ne faut pas faire une tâche, il ne faut pas déborder, etc. Le fait que je sois une femme apporte quand même un plus. Sans tomber dans les clichés, je fais toujours très attention à la propreté des chantiers, et il arrive souvent que je donne des conseils sur les couleurs aux clients.

Tu croises souvent d’autres femmes sur les chantiers ?

Pas trop, mais je pense qu’on va être de plus en plus. Une femme au chantier c’est rare mais ça devient banal. Petit à petit, les clichés tombent et je pense qu’au fil du temps, les patrons prendront plus facilement des femmes dans ce genre de métiers. On est quand même souvent plus « carrées » que les hommes. La preuve : on trouve beaucoup de femmes pour la partie commerciale du bâtiment.

Si une lycéenne souhaite entrer dans le bâtiment, tu lui dirais quoi ?

Si elle a envie, il ne faut pas qu’elle ait des réticences, il faut qu’elle fonce, même si c’est une fille.

Nathalie de Menuiserie Pro Service nous a dit qu’il fallait faire deux fois plus d’efforts dans ce domaine quand on est une femme. Tu le penses aussi ?

Non, ça s’est fait naturellement pour moi, mais j’ai un fort caractère !

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