MAI REVIENT, ET…

Mai revient, et les jupes raccourcissent. Les jolies filles arpentent les rues de la ville en tous sens, donnant au monde son équilibre, son harmonie et sa beauté.
Les jours allongent, le soleil cesse de sottement se cacher, les terrasses des cafés sont plus attirantes et plus peuplées que jamais. Mai revient, et c’est l’épiphanie du célibataire, j’en témoigne.
Mai revient, et les matches à haute intensité, et à enjeux extrêmes, se multiplient. Les joueurs de foot arpentent les pelouses des stades en tous sens, donnant au monde du ballon rond son rythme, son pouvoir de fascination et sa
splendeur intouchée. Les grands joueurs cessent d’astucieusement hiberner, les grandes équipes s’affrontent enfin, Austerliz pour certaines, Waterloo pour d’autres : bref, le bonheur sur 7m32 fois 2m44. Mai revient, et c’est la promesse de bonheur du supporter, j’en atteste.
Mai revient, et le Festival de Cannes, si proche de « Bah alors ? » que c’en est indécent, occupe et préoccupe les intoxiqués du celluloïd. Les festivaliers – tous barbus (sauf moi)-, et les festivalières – toutes exfiltrées de l’agence Elite –, arpentent les couloirs du Palais des Festivals en tous sens, donnant au monde du septième art son élégance, son glamour et son éclat. La capitale mondiale du cinéma m’héberge pour une décade, mon centre de gravité se confond avec ma meilleure place sur la Terre, la plus belle façon d’habiter ma propre vie : bref, c’est le kif ultime. Mai revient, et c’est l’apothéose du cinéphile, j’en suis la preuve.

Thierry Saunier, Aix-en- Provence, le 31 mars 2018.

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