Depuis le début de l’année, à Saint-Aygulf, Renaissance propose des bilans de compétences à toute personne désireuse de se réorienter ou d’évoluer dans sa vie professionnelle. Et combien de fois avez-vous rencontré des gens dire qu’ils n’aiment pas leur métier. Nathalie Darmon nous a reçu pour parler de ces bilans qui, en 24h, peuvent changer votre vie.

 

Nathalie, qu’est-ce qu’un bilan de compétences ?

 

Nathalie : Le bilan de compétences permet de faire le point sur sa carrière professionnelle et permet à des travailleurs ou des demandeurs d’emploi d’analyser leurs compétences professionnelles et personnelles, ainsi que leurs motivations afin de définir un projet d’évolution professionnel ou un projet de formation.

 

Comment on démarre ces bilans ?

 

Nathalie : Un bilan de compétences est composé de quatre parties : d’abord, on fait le point sur les circonstances de la venue de la personne et sur les compétences qu’elle a pu acquérir dans son parcours scolaire, professionnel ou extra-professionnel. On essaie de savoir les raisons qui ont motivé la personne à entamer une reconversion et ce qu’elle recherche en terme de conditions de travail. On prend en compte tous les aspects personnels qui pourraient définir le futur emploi. Une fois que nous avons tout défini, on passe à l’étape deux : l’évaluation d’au moins deux pistes professionnelles ou évolution.

 

Vous procédez comment ?

 

Nathalie : On se base sur des questionnaires et tests. Par exemple, on effectue des tests de personnalité pour trouver vers quel métier la personne est la plus apte à évoluer. Ce qui nous amène à l’étape numéro trois : la validation des pistes professionnelles. Cette partie est plus une enquête sur le métier. La personne va rencontrer un professionnel qui va lui parler de son métier. C’est important pour voir la réalité du métier que l’on souhaite exercer, les diplômes qu’il faut avoir, quelles sont les avantages et les inconvénients, les horaires, etc.

 

Ce sont des rencontres ou des stages d’observation ?

 

Nathalie : Ce ne sont pas des stages d’immersion comme à Pôle Emploi. Là, les personnes rencontrent des professionnels avec des questions que l’on prépare avant ensemble. Il faut comprendre que le principal problème que les gens en pleine reconversion rencontrent vient souvent de leurs parcours scolaires. À l’école, les enfants n’ont pas de connaissances des métiers et très souvent cela se traduit par une mauvaise orientation. C’est terrible car à la fin ce sont des gens qui ne sont pas à l’aise dans leur métier. Une fiche métier ce n’est pas parlant.

 

Et vous faisiez quoi avant ?

 

Nathalie : J’ai un Bac + 5 dans les ressources humaines. J’ai travaillé dans plusieurs secteurs d’activité, cela m’a permis d’avoir une vision globale de beaucoup de métiers et de branches professionnelles. J’ai travaillé dans la publicité, l’événementiel, la banque, le commerce… Je connais les entreprises, je sais ce qu’elles attendent, je connais les rouages de chaque métier. J’ai repris des études en psychologie aussi, car c’est un domaine qui m’intéresse depuis toujours.

 

Vous avez eu vous-même des tas de reconversions professionnelles finalement ?

 

Nathalie : C’est ça ! Aujourd’hui je fais le métier que j’ai toujours voulu même pendant mes études. J’ai essayé des métiers parce qu’au départ je n’avais pas véritablement trouvé ma voie. J’ai eu la chance de faire des études qui ouvraient toutes les portes que je souhaitais. Ce métier est basé sur l’humain : rencontrer l’autre, essayer de déterminer ses centres d’intérêts pour trouver sa voie professionnelle. Le bilan de compétences permet de faire tout ça.

 

Vous faites ça depuis combien de temps ?

 

Nathalie : Je fais ça depuis 6 ans dans un cabinet et depuis deux ans j’ai créé mon entreprise Renaissance. Je travaille notamment avec un psychologue qui apporte un regard sur les bilans et certifie les tests et questionnaires. Renaissance a obtenu tous les agréments nécessaires pour faire des bilans de compétences avec les salariés et demandeurs d’emploi : FONGECIF, ANFH, UNIFORMATION, etc. Tous ces agréments ont un cahier des charges très précis.

 

Revenons sur les étapes du bilan de compétence. Quelle est donc la quatrième et dernière étape ?

 

Nathalie : Ce sont les outils qui vont nous permettre d’atteindre cet objectif professionnel. Si la personne manque de quelques compétences nous allons ensemble chercher la formation adéquate, monter le dossier et trouver le financement. Si la personne a déjà toutes les compétences, alors nous élaborons un CV qui va mettre en valeur les compétences définies et une lettre de motivation adaptée à son nouveau projet professionnel. On fait aussi du coaching pour les futurs entretiens car on se rend compte que beaucoup de gens ont des problèmes de confiance en soi. Le bilan de compétences permet de prendre conscience de ce que l’on sait faire. C’est un révélateur de soi-même finalement.

 

Les gens qui franchissent le seuil de votre porte sont à la recherche d’emploi ou encore en poste ?

 

Nathalie : Au début, je n’avais que des salariés qui souhaitaient changer d’emploi. Depuis 3 ans, Pôle Emploi finance des bilans de compétences pour les demandeurs d’emploi. J’ai choisi de faire des bilans de compétence pour Pôle Emploi, malgré la restriction des coûts, parce que je trouve que c’est essentiel de faire un point sur sa carrière pour se repositionner et mieux avancer. Je suis la seule aujourd’hui à proposer des bilans de compétences pour les demandeurs d’emploi. À savoir que les demandeurs d’emploi peuvent utiliser leurs comptes personnels de formation pour les bilans de compétences.

 

C’est le demandeur d’emploi qui fait la démarche auprès de son conseiller Pôle Emploi ?

 

Nathalie : Oui, 100% des demandeurs d’emploi qui viennent font la démarche eux-mêmes après avoir entendu parler des bilans de compétences. Les salariés ont eux aussi une démarche personnelle. Quelques fois, quand il y a des licenciements, les grosses sociétés proposent des bilans de compétences à leurs employés pour leurs permettre d’aborder un nouveau projet. J’ai beaucoup de travailleurs reconnus travailleurs handicapés également Lorsqu’ils ont une maladie ou suite à un accident professionnel et qu’ils ne peuvent plus exercer leur métier initial, on fait des bilans de compétences pour les réorienter.

 

Par exemple ?

 

Nathalie : J’ai reçu un jour un électricien qui a fait ce métier toute sa vie. À 50 ans, il s’était usé les cartilages des deux genoux, il avait deux prothèses. Il ne savait faire que ça mais il ne pouvait plus exercer. C’était quelqu’un de très sympathique, avenant, sociable et après le bilan, nous lui avons proposé justement de rester dans ce domaine mais plutôt dans la vente. Être vendeur dans un magasin spécialisé en électricité, il n’y avait pas pensé alors qu’il a passé sa vie à se fournir dans ce genre de magasin et que de fait il connaissait tout le monde. Alors, on a fait un cv, une lettre de motivation. Une société cherchait justement un employé et il a tout de suite été embauché. Je me rends compte que même dans le scolaire, les enfants ont peu de connaissances des métiers. Ça a pour conséquence une mauvaise orientation et donc de produire des gens pas à l’aise dans leur métier. Je pense qu’il serait bien que dans les écoles, les élèves puissent rencontrer plus souvent des professionnels.

 

Comment se fait-il qu’il n’y est pas pensé seul ?

 

Nathalie : Quand on fait un métier, on est dans un cocon fermé et on ne peut pas imaginer que nos compétences puissent être transférables sur un autre poste. Par exemple, un banquier pense qu’il ne sait vendre que des produits bancaires et ne se rend pas compte qu’il a acquis des compétences administratives, commerciales, ou encore dans l’accueil. Et toutes ses compétences sont transférables sur d’autres métiers. Quitter la banque, l’hôpital où un autre établissement ne veut pas dire mettre un terme à sa vie professionnelle.

 

Et niveau résultat ça donne quoi ?

 

Nathalie : On fait un suivi sur 6 mois, compris dans le bilan. On a un entretien avec les bénéficiaires pour savoir si ils ont trouvé une formation, un emploi, etc. Dans 90% des cas il y a une reprise de confiance en soi. 68% de gens qui suivent la voie de la réorientation professionnelle établie par le bilan de compétences. Pour les 32% restantes, ce sont souvent des personnes qui sont en cours de formation, en recherche d’emploi ou qui n’ont pas encore changé de situation.

 

Avez-vous déjà eu des cas de réorientations atypiques ?

 

Nathalie : J’ai eu beaucoup de commerciaux qui font aujourd’hui un métier complètement différent dans le bien-être. Ils ont voulu se recentrer et donner plus de sens à ce qu’ils faisaient. Pour eux, vendre c’est bien, mais ils cherchaient à apporter plus aux personnes qu’ils rencontraient alors ils sont devenues sophrologue, hypnothérapeute, etc.

 

 

RENAISSANCE

138, bd Hector Berlioz

83370 Saint-Aygulf

Tel : 06-30-92-91-91

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