« UN TRES BEAU PROJET COLLECTIF »

Tony Mastropietro et Alexandre Mexis sont deux hommes de talent – chacun dans son domaine -, mais ce sont avant tout deux amis. Le premier est principalement comédien – mais pas que – quand le second est écrivain, et auteur dramatique. Ces deux-là étaient pour ainsi dire prédestinés à se rencontrer, avec tant de centres d’intérêt communs : la littérature et le cinéma, la réflexion et la transmission, le partage et la culture (et moi-même à les interviewer, logiquement). Bref, lorsque Tony a eu besoin d’une plume pour mettre du vent dans les voiles, c’est le mot approprié, d’un projet qui – plus que les autres peut-être – lui tenait particulièrement à cœur, c’est tout naturellement vers Alexandre qu’il s’est tourné. Ils nous racontent comment ce projet à deux est devenu une odyssée à plusieurs, qui touche à bon port ces jours-ci.

– Bonjour Alexandre, bonjour Tony ; Tony, c’est bien toi qui est à l’origine de ce projet, n’est-ce pas ?

  • En effet, fin 2016, j’ai été, je dirais, requis par un projet dont le sujet était la fin de vie. Très vite les personnages se sont dessinés, et l’idée s’est rapidement clarifiée. Mais, principalement pour des raisons d’emploi du temps surchargé, je n’ai pas pu mener à bien seul l’écriture du scénario. C’est alors que j’ai eu l’idée de me tourner
    vers Alexandre, que je connais et dont j’apprécie le talent d’écriture et la personnalité.

– Alexandre, comment s’est passée la suite ?

  • Outre l’amitié et l’estime que je porte à Tony, le sujet m’a immédiatement interpellé. J’ai donc comme convenu commencé à écrire un texte, qui au fil du temps est devenu une nouvelle, pour ainsi dire autonome, et – surtout – littéraire plutôt que proprement cinématographique. Le titre, « Partir (leaving) », demeurera celui du court-métrage. Mais je l’ai fait lire à Tony, bien sûr, et lui-même a eu la bienveillance de l’aimer (Moi aussi – NdA), ce qui fait que nous en sommes partis pour construire un scénario, ensemble, cette fois destiné à servir de synopsis définitif au court-métrage. Voilà le chemin du projet, fait comme tu le vois d’allers- retours amicaux et littéraires.

– Très bien ; voilà donc pour le texte. Mais un court-métrage, ce n’est pas qu’un scénario : il y faut aussi une équipe technique : quelle a été ta démarche, dès lors, Tony ?

  • Et bien, je dirais qu’ensuite s’est mise en place une sorte de conjuration des bonnes volontés. Au-delà du contenu lui-même, l’originalité de notre projet est de ne pas avoir attendu la totalité du financement pour, si je puis dire, nous jeter à l’eau. Au reste, on peut supposer que si nous l’avions attendu, nous serions encore au sec (rires). Il faut absolument souligner que les techniciens qui nous ont accompagnés dans cette aventure ont pris un risque financier. Ils seront rémunérés si le financement participatif (sur le site helloasso.com, au titre « partir / leaving ») que
    nous avons levé est suffisant, dans le cas contraire ils auront été bénévoles. Toi au moins, Thierry, tu n’as pas ce genre de soucis avec « Bah alors ? » (rires)

– Oui moi, il n’y a aucun doute, je resterai bénévole même si on déterre un gros tas d’or dans le jardin (rires). Le tournage aura eu lieu au moment où nos lecteurs liront ces lignes, Alexandre ?

  • En effet, il a été calé sur les 28, 29 et 30 avril, et 1 er mai. Quatre jours, cela nous a semblé à la fois le minimum vital, et cependant raisonnable pour aboutir à un court- métrage de qualité, qui devrait durer, cela se décidera en salle de montage, entre quinze et vingt minutes.

– Tony, il y a aussi un personnage décisif dans votre film : le voilier.

  • En effet. Toujours selon cette logique d’amitiés convergentes et bienveillantes, nous avons pu bénéficier du prêt gracieux d’un splendide bateau à voile datant de 1967 : une merveille des mers et, dorénavant, du septième art (rires).

– Juste un mot sur le casting, Tony ?

  • A la suite d’un lobbying de tous les instants auprès du porteur de projet, j’ai obtenu le rôle principal (rires). Mais je suis accompagné par plusieurs autres comédiens de grand talent, dont, entre autres, Olivier Magendie, Elise Payet, Romain Fernandez et Carla Mastropietro.

– Une fois le tournage réalisé, Alexandre, l’aventure ne sera pas finie, n’est-ce pas ?

  • Non, tu as raison. De toute façon, j’ai noté en lisant tes interviews que tes interlocuteurs avaient tendance à te donner souvent raison, je ne voudrais pas déroger à cette tradition toute sauniéresque (rires). Nous solliciterons donc – mais a posteriori – l’aide du CNC, et nous nous mettrons, ensuite, et j’espère bien enfin, en quête d’un distributeur.

– Tony, un dernier mot ?

  • Je dirais qu’il s’agit avant tout d’un très beau projet collectif.

Thierry Saunier.

Site participatif : helloasso.com.

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