Maitre Gims – Ceinture noire

 

40 morceaux, 40 daubes. Autotune, rimes pauvres, faux airs de ténors, thèmes abordés inintéressants. Maitre Gims c’est le pire de ce que la France pourrait produire en terme de « pop culture ». Des fois on se demande si ses punchlines ne sont pas des expressions piquées sur les toiles imprimés déco de chez Gifi. Maître Gims c’est le marketing pur pour des non amateurs de musique qui tentent désespérément de convaincre leur entourage qu’ils aiment le hip-hop. Le morceau Caméléon – qui est sûrement un single – est d’une nullité abyssale. On touche le fond sur 40 airs pas si différents les uns des autres. À – encore et toujours – éviter à tout prix.

 

Ben Harper & Charlie Musselwhite – No Mercy In This Land

 

L’enregistrement peut surprendre au début, on peut même se demander si les errances de Ben Harper ne l’ont pas éloigné de notre planète. Et c’est après coup que l’on se rend compte que c’est Charlie Musselwhite, l’excellent bluesman, qui donne le ton et l’originalité de cet effort. Du blues, du Rythm’n’Blues, du blues rock qui vient du fin fond d’une cave transformé en bar en pleine prohibition et dont le propriétaire ne sait toujours pas que l’alcool est autorisé en 2018. Un beau duo pour une belle performance. Épuré et élégant.

Jack White – Boarding House Reach

 

Enfin ! Jack White s’essaie à tenter des trucs différents. La moitié des White Stripes – qui correspondait au cerveau et au talent de feu le duo – réalise un troisième album dont l’audace et non seulement à saluer mais à applaudir généreusement des deux mains (en tapant du pied et en secouant la tête). Après « Blunderbuss » et « Lazaretto » qui sortait tout droit de l’univers de Jack White – comprendre du vintage et toujours du vintage – l’artiste se lance ambitieusement dans un mélange des genres. Dans « Boarding House Reach », Jack White ne fait pas juste un retour sur les heures glorieuses de la musique blues rock, mais un retour sur ses propres expériences. Il a su nous montrer tout au long de sa carrière son talent, il en montre d’avantage dans ce dernier album. Du blues, du rock, de l’expérience, du hip-hop, Jack White mélange tout, et c’est bien. De toute manière c’est toujours bien avec Jack White, va falloir que le monde apprenne à s’y faire.

Florent Pagny – Tout simplement

 

À force d’entendre des reprises toutes pétées de morceaux de variété en version lounge dans The Voice, fallait s’en douter. Pour faire un peu plus d’oseille pour finir de construire l’aile droite de sa demeure en Patagonie, TF1 ne suffisait pas. L’idée de Florent Pagny c’est de soutirer quelques écus à la ménagère de 50 ans en faisant un album de reprise de chansons françaises. C’est pas forcément mauvais, ça n’a juste pas d’intérêt. Quand je tombe sur ce genre d’album dans la rubrique « nouveauté », je me demande pourquoi tous les interprètes français font ça. Florent Pagny n’a pas la voix de Renaud, et de facto, chanter « Mistral Gagnant » c’est pas une bonne idée. Florent Pagny n’a pas la voix d’Alain Souchon et donc chanter « Quand j’serai K.O. » n’est pas une bonne idée. Et transformer ces morceaux pour qu’il fasse plus jazzy ça n’apporte rien de plus. Désolé Florent, Bah Alors ? Ne buzzera pas, tu pourras retenter ta chance à la prochaine édition.

 

 

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