Pour la première fois dans l’histoire de la NBA, deux mêmes équipes se sont affrontées en finale quatre années de suite. Certes, le schéma de la compétition, qui par nécessité et par choix oppose en finale une équipe de l’Ouest à une équipe de l’Est (un peu comme si au foot un alinéa du règlement empêchait le Brésil et l’Allemagne de s’affronter avant la finale de la Coupe du Monde), favorise ce genre de rendez-vous réitérés, mais enfin, quatre fois consécutivement, cela n’était jamais arrivé auparavant, pas même à l’époque grandiose des Los Angeles Lakers de Magic Johnson et des Boston Celtics de Larry Bird. Les Golden State Warriors de Stephen Curry dominent à peu près autant à l’Ouest que les Cleveland Cavaliers de Lebron James à l’Est.

Et quant à la confrontation elle-même, qu’en est-il ? Les Warriors, à nouveau lauréats en 2018, mènent par trois bagues à une (et shit pour la pédagogie, au deuxième paragraphe le fan ultimate jette le masque, le lexique US contamine tout), les Cav’s n’ayant gagné que celle de 2016. Trois à un, est-ce déséquilibré ou non ? Cela dépend si l’on rentre dans le détail des dites Finals. Déjà il y a deux ans les Cav’s avaient gagné à l’issue d’un game seven dantesque, tandis que les Warriors ont gagné toutes les leurs sans coup férir pour finir par le sweep du mois dernier. Mais il y a plus, ou mieux.
Ce duel a clairement un avant et un après Kevin Durant. Pédagogie, le retour : en 2016, juste après le sacre inattendu et finalement trompeur de Cleveland et d’un LeBron en mission, Kevin Durant, l’un des cinq meilleurs joueurs de la Ligue, alors à Oklahoma City (vingt supporters répertoriés en France, tous lecteurs de Lucky Luke) rallie les Warriors et le soleil
de Californie (Golden State = état doré). Cela dit, il n’est pas venu profiter du climat. Deux ans après cette décision controversée, le bilan est sans appel : de très difficile à jouer et à battre, l’équipe des Warrriors est avec le et suite au renfort de KD devenue injouable et quasi invincible. Cleveland a plus ou moins résisté en finale jusqu’en 2016 ; depuis deux ans, le suspense est inexistant, et les Warriors laminent méthodiquement un LeBron James trop
esseulé et trop isolé. Une dynastie, comme celle des Lakers de Magic dans les eighties, comme celle des Bulls de Jordan dans les nineties, est en train de se mettre en place.

Bien évidemment, suivez mon regard, cette hégémonie dans l’harmonie (relative) n’est pas sans donner une leçon oblique et latérale à un autre sport – et à une autre équipe. Stephen Curry, la superstar incontestée des Warrios jusqu’à l’arrivée de Durant, a réussi à dealer un modus vivendi avec celui-ci. Ils se partagent les responsabilités, les shoots – et les titres. C’est précisément ce que Messi n’aura pas su faire à Barcelone avec Neymar. Tous deux auront pourtant gagné ensemble une Ligue des Champions en 2015 (ironiquement, date du début de la dynastie des Warriors). Les deux années suivantes ils se seront marchés sur les pieds, et à l’été 2017 Neymar, je suppose que vous êtes au courant, a rallié le Paris Saint-Germain. Cela ne marche pas mieux séparément qu’ensemble, ce serait même plutôt pire. Il y a largement
autant de melon(s) et de fric en NBA que dans le foot-business, mais la cohabitation des superstars n’est pas impossible : la preuve. A bon(s) entendeur(s), salut.

Thierry Saunier.

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