Le duo de sirènes nous a envoûté le temps d’une soirée au Mas avec un medley de leurs 3 albums. Heureuses d’être de retour ici, c’est avec un sourire rayonnant qu’elles arrivent sur scène et nous remercie d’être de nouveau au rendez-vous. C’est avec une féminité décomplexée qu’elles enchaînent les morceaux, chacun accompagné de sa petite chorégraphie bien particulière, mélangeant déhanchés chaloupés et bras langoureux.

 

La timidité et la retenue de Sylvie se lient avec délice à la sensualité et la grâce d’Aurélie. Vêtues de robes blanches immaculées, elles captent la lumière d’une manière presque mystique. Mais elles sont tout sauf innocentes.

Elles parlent un peu de tout. Des garçons (surtout des mauvais), des filles (un peu trop faciles), des hommes de leurs vies (pas vraiment présents) et de Paris. Et nous on écoute avec plaisir, se laissant porter par des rythmes tantôt festifs et légers, tantôt sexys et séduisants, aux sonorités orientales, folk ou disco. Mais c’est le moment suspendu du piano-voix que l’on retiendra. Les deux chanteuses, assises au milieu d’une scène dénuée de tout artifice, Aurélie au piano. ‘maintenant on va un peu parler des hommes de nos vies, on en parle beaucoup hein nous les filles, et pas souvent des bons..’ dit-elle en souriant. Elle nous raconte cet ‘Intime Étranger’ qu’est son père qui n’est plus là, et elle supplie le père de ses enfants, qui a préféré une blonde sans intérêt, de rentrer à la maison avec ‘Carnivore’. Fini les frivolités, c’est une fenêtre sur son intimité qu’elle nous ouvre, et ce sont les larmes sur ses joues que l’on cueille avec émotion à la fin de ces deux titres.

 

Mais ce serait mal les connaître de penser qu’elles s’arrêteraient là ! Ce n’est pas la mélancolie qui va l’emporter, mais bien la nostalgie de leurs premiers titres. Et lorsqu’elles entonnent alors leurs fameux “Ma benz” acapella, pour enchaîner avec “Coeur de chewing-gum”, ou encore “Big Bang”, le public chante si fort qu’elles lui tendent leurs micros quelques instants, un sourire conquis sur leurs visages. Mais c’est définitivement “Battez-vous” que le public attendait avec beaucoup trop d’impatience, et il était hyper content quand Sylvie a expliqué que “la musique c’est du bruit organisé finalement” et qu’elle avait besoin qu’on fasse du bruit, mais “pas d’inquiétude, on va s’organiser”.

Après un salut chaleureux de toute l’équipe, bras dessus bras dessous, où l’on aperçoit une petite fille d’une dizaine d’années, ressemblant légèrement à Aurélie; elles quittent la scène quelques instants. Mais l’ovation les rappelle très vite. Sans se faire prier trop longtemps, elle reviennent, et c’est l’histoire d’une louve vengeresse et féroce prête à tout pour sa fille qu’elles nous racontent avec ‘Le goût du sel de tes larmes”. Un hymne à toutes les mères et leurs filles, écrit après que ses propres filles lui aient posé un jour cette question “Dis maman, t’as peur de rien toi hein ?!”. Et ce jour là, alors que justement, elle traversait une période où elle avait peur d’à peu près tout, même de la vie; elle s’est relevée et s’est promis que tant qu’elle serait debout, elle serait là pour elles et les protègerait de toutes ses forces contre ce “monde fou, mais qui en vaut la peine”.

 

Bref, on se laisse facilement hypnotiser par ce chant des sirènes à la fois délicat et pétillant ! Si vous aussi vous souhaitez y goûter, Brigitte sera de retour sur scène à la rentrée en commençant le 3 Octobre à Toulouse.

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