Eddy de Pretto, inutile de présenter ce phénomène que l’on voit un peu partout depuis le début de l’année. Évidemment il affiche complet au Mas ce jeudi 19 juillet. Et là bas, les artistes ne se suivent mais ne se ressemblent pas ! Alors d’accord, on ne s’attendait pas à un concert à rallonge. Après tout, avec un seul album à son actif (Cure, sorti le 2 mars dernier), ça aurait été compliqué. Mais quand-même. Un petit effort c’était trop demander ?

 

“Le Mas est chaud ce soir” ! Ah ça, t’as pas idée… ça se bouscule pour être devant, ça dévisage quand tu oses te déplacer. Le ton est donné. C’est fou ce qu’un mec en casquette peut faire comme effet ! Tel un boxeur prêt à rentrer sur le ring, on le voit sautiller et balancer sa tête de gauche à droite, avant de rentrer sur scène. Malheureusement pour nous, on aura eu comme l’impression qu’il n’a pas vraiment fini son combat. Ou alors si, mais c’est une “victoire” par KO pour Eddy. Pauvre public.

Téléphone à la main et seulement accompagné d’un batteur multifonctions, la scénographie est aussi minimaliste que son costume (casquette et t-shirt blancs).

Alors oui, il y avait de l’énergie. Le ring, il l’a parcouru en long, en large et en travers. Mais crier dans un micro trop prêt de sa bouche, ce n’est pas forcément une bonne idée. C’est quand même dommage de ne comprendre que la moitié des paroles de chansons dites “à texte” non ?

Dès que les premiers beats de chaque titre commençaient, son public savait exactement ce qu’il allait pouvoir crier avec lui. C’est mignon, mais peut-être un peu trop prévisible. Les titres se sont enchaînés presque dans le même ordre que sur l’album. Sans originalité, sans cette petite différence que l’on recherche lorsque l’on va voir un artiste en live. On s’attend à partager un moment singulier, unique avec lui. On veut que ce soit différent que si l’on avait tout simplement laissé tourner son album chez nous.

Et bien Eddy ne nous aura pas fait ce cadeau.

Une des seules interactivités avec son public aura été pour affirmer, le sujet de la plupart de ses textes. La cause LGBT. “Est-ce qu’il y a des filles ce soir ?”, c’est à ce moment là qu’on a perdu nos tympans. “Est-ce qu’il y a des mecs ce soir ?”, enchaîné par un “Est-ce qu’il y en a un peu des deux ?”. Il y a des ‘ouii !”, et des sourires. On se dit que c’est bien, il pense à tout le monde. Enfin ça aurait été encore mieux si ça avait été sincère et non juste une intro pour une de ses chansons.

Il a fini sur la fameuse ‘Fête de trop’ et s’est éclipsé aussi vite qu’il est apparu. La foule s’est étonnée. Surprise, ça, elle a fini par l’être. Mais pas vraiment dans le sens qu’elle l’aurait voulu.. Elle a d’abord scandé son nom, persuadée qu’elle aurait le pouvoir de le ramener sur scène. Après tout, un concert sans rappel, ça n’existe pas vraiment si ? Même si on s’amuse à chaque fois à rappeler l’artiste, on sait pertinemment qu’il reviendra, quoi qu’il arrive, pour un dernier tour de piste. C’est une tradition. C’est automatique, prévu. Certains artistes préparent même quelque chose de particulier, d’inédit pour ce dernier moment partagé avec leur public. Parce que normalement, même eux sont tristes de nous quitter et pas vraiment pressés de partir.

Et bien Eddy ne semblait pas de cet avis.

Son nom hurlé d’abord avec ferveur s’est transformé au fur et à mesure en huées. La scène était complètement éteinte. Les gens partaient petit à petit en hésitant, n’arrivant pas vraiment à quitter des yeux la porte par laquelle il s’était échappé si vite, sans qu’ils n’aient le temps de réaliser que la fête était vraiment finie. Espérant encore que leur artiste préféré ait la décence de leur dire au revoir. En vain.

Sur le chemin du retour, ce n’était définitivement pas la même ambiance qu’à l’arrivée. On croise son tourbus, les phares allumés et le moteur déjà en marche. L’engouement et l’excitation ont clairement laissé place à une déception et une irritation palpables. L’air est devenu moite, amer.

 

À l’image de son titre Ego, est-il devenu “fou de lui” ? Puisqu’avant il “n’était pas grand chose, même jamais vu”, maintenant peut-être qu’il l’est un peu trop. Finalement c’est humain de se laisser prendre au jeu. Il n’est pas le premier et surement pas le dernier. Son public lui pardonnera sûrement. Mais attention Eddy, un jour tu t’y “perdra dedans” pour de bon comme tu dis, et ce sera peut-être la ‘goutte de trop’.

 

Bon, on vous dit quand même qu’il sera en concert le 23 août au Festival Crossover de Nice ? Après tout, maintenant, vous êtes prévenus !

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Une réponse

  1. Sabatier

    Le nombre de concerts produit par Eddy de Pretto est juste énorme depuis le début de l’année.Les retours ne sont pas globalement positifs mais très positifs. En effet , il suffit de regarder les vidéos mises en ligne par de nombreux spectateurs sur YOUTUBE pour voir que cet artiste envoie beaucoup sur scène et même au Québec !!!!! Alors bah oui, un concert « moins réussi » c’est terrible pour celles et ceux qui examinent le moindre travers !

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