Quelle a été votre première action dans l’humanitaire?

 

À Puget lorsque j’étais au collège, il y avait une tombola. Avec mes camarades, on a tous mis le nom d’un gamin pour qu’il remporte les cadeaux à gagner parce qu’on savait qu’il n’allait pas pouvoir avoir de cadeaux à Noël. Je pense que tout est parti de là.

Pensez-vous que les gens sont de plus en plus individualistes?

 

Je pense que si on se base sur des chiffres, la France est un des pays où on donne le plus (associations, téléthon…). Je dirais oui et non, mais les français sont devenus plus suspicieux par rapport à « où va l’argent? ». Je trouve que chaque fois qu’on a été amené à faire de belles choses, les gens suivent le mouvement. Il faut leur donner confiance et leur montrer que l’argent va bien là où il doit aller.

 

Un phénomène marquant dans vos missions?  

 

Les Philippines en 1995. Les images des gamins derrière les barreaux c’est quelque chose qui marque… Je suis allé faire le père Noël à l’intérieur de ces prisons, c’est très intense. D’ailleurs, il y avait un garçon qui voulait que je le ramène en France, mais je ne pouvais pas… Alors aujourd’hui j’ai un fils qui s’appelle Paolo pour lui rendre hommage.

 

Des « prisons » pour enfants, c’est-à-dire?

 

Ce ne sont pas des prisons pour enfants à proprement parler, les autorités appellent cela le RAC (Receptional Action Center). Il y a des gardes armés, les gamins n’ont pas le droit de sortir et ont un trou qui leur sert de WC. Et ce qu’il faut savoir c’est que les garçons et les filles sont séparés. Aux Philippines, il n’y a pas de système comme la DASS, si un enfant ou un adolescent traîne dans la rue à 2h du matin, il faut qu’il soit placé. L’idée est bonne sauf qu’ils n’ont pas les structures ni les finances, donc ils les mettent où ils peuvent.

Qu’est-ce que l’humanitaire pour vous?

 

Il existe des causes partout autour de nous. Par exemple, pour un repas ou pour une fête comme Noël, il suffit d’inviter votre voisine qui est âgée et seule. A ce moment-là, vous faites de l’humanitaire. Il faut arrêter de croire qu’il faut partir à l’autre bout du monde pour en faire. Surtout qu’il est difficile de partir dans des pays à risque. Il est plus simple de commencer avec des petites actions, comme donner de l’argent ou de la nourriture à un sans-abri, ou aider les personnes en difficulté en donnant des choses qui ne servent plus.

 

Laure Giorgis.

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