Cette jeune artiste de 28 ans chante dans un registre lyrique, mais n’a rien d’une femme que l’on pourrait qualifier de « classique ». Elle enchaîne les concerts dès son plus jeune âge, intègre le conservatoire à 11 ans et a même été contactée par le producteur de la comédie musicale « Mozart l’Opéra Rock ». Pourtant, son rêve n’est pas de devenir une star, mais seulement de chanter pour procurer du plaisir. Rencontre avec une artiste locale.

 

« Le conservatoire j’y suis passée car il le fallait mais ce n’est pas là-bas que j’ai appris les bases du métier » confie la chanteuse d’opéra. Jugé trop jeune, la France s’oppose à son entrée dans cette école de prestige mais c’est à la suite d’une dérogation qu’elle intègre celle du Luxembourg. La petite fille va alors passer trois ans à suivre un cursus réservé à des personnes plus âgés. Elle ne comprenait pas réellement ce qu’elle faisait. Elle se contentait d’écouter ses professeurs et d’essayer d’être à la hauteur de leurs attentes.

 

C’est avec le soutien de ses parents que l’apprentie musicienne donne ses premiers concerts : « Quand ils ont entendu des pointures du milieu me féliciter, ils n’ont pu que me suivre car cela aurait été dommage que je m’arrête là ». La rencontre avec le public a été une révélation. Elle leur doit tout et c’est avec fierté qu’elle parle des personnes qui lui sont restés fidèles depuis le début de sa carrière. Ils sont pour la plupart très âgés, mais n’hésitent pas à parcourir plus de 200 kilomètres quelques fois pour l’entendre chanter.

 

Elle déplore le fait que l’opéra soit un milieu réservé aux plus riches et que cet univers ne soit pas accessible à tous. Elle décrit le chant lyrique comme une « culture » qui devrait se « moderniser » pour plaire au plus grand nombre. « Quand on voit de l’opéra à la télé, cela ne donne pas envie. On dirait que les femmes qui chantent sont folles ! Moi quand je chante on me comprend » déclare la jeune femme.

 

Ses plus belles rencontres ont été celles avec le public. Lorsqu’elle serre une mamie dans ses bras ou qu’elle reçoit du courrier de la part de se fans et qu’elle sent le côté « humain » qui se cache derrière. Le principal selon elle, c’est que les spectateurs soient heureux d’avoir assisté à un concert et qu’ils en aient pour leur argent. Elle a vu des adolescents pleurer lors de ses représentations alors que c’était la première fois qu’ils assistaient à un spectacle d’opéra. C’est la magie qu’elle recherche dans son métier.

 

Sandra a de nombreux projets pour cette année, notamment la sortie d’un album courant 2019 : « Je suis là où on ne m’attends pas ! Peut être que ce sera de l’opéra ou peut être pas ». Elle donne également des concerts un peu partout en France mais également au Luxembourg. Elle insiste beaucoup sur ses dates en Picardie ou en Bourgogne où elle chante avec un plaisir tout particulier : « Dans les petits villages, les gens aiment beaucoup l’art, ils nous traitent comme de véritables artistes et mon pianiste Rémi Bauchmann et moi sommes toujours très bien reçus ».

 

Si vous souhaitez voir la soprano sur scène, elle se produira prochainement le 10 Juillet à 21h à l’église de Port-Grimaud et le 29 juillet à l’église de Aups à 21h30.

Laure Giorgis

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