Agay c’est un quartier, on l’aura bien compris. Mais Agay c’est surtout deux associations aujourd’hui : les joutes et les boulistes. On a rencontré l’Union Boulistes d’Agay (UBA), son président Christian Mentozzi, son vice-président, Robert Truddain ainsi qu’une bonne vingtaine de licenciés, entre midi et deux, sur leur place du Togo. Une occasion particulière pour l’UBA qui s’était réuni autour d’un barbecue en l’honneur d’un de leur camarade parti un peu trop tôt. Au moment de lever les verres, un licencié souhaite porter un toast au bon rétablissement d’un autre camarade. L’UBA existe depuis les années 60. Et depuis toutes ses années, les licenciés jouent chaque jour entre ami ou dans des concours avec de belles dotations. De la bienveillance, de la camaraderie, un apéro et des figatelli à tomber par terre. Rajoutez les accents bien du Sud, un beau soleil et voilà, bienvenue à l’Union Boulistes d’Agay

 

Christian Mentozzi – Une vie aux boules

 

Christian, tout d’abord, qui êtes-vous ?

 

Je suis membre du Comité de la Fédération Française de Pétanque, président de la commission féminine du Var et Vice-Président de la commission des jeunes. Je suis arbitre et éducateur aussi. Et bien sûr, je suis président de l’Union Boulistes d’Agay

 

Ça fait beaucoup de casquettes dans la pétanque non?

 

J’ai 70 ans et j’ai commencé à jouer aux boules à l’âge de 5 ans. Je suis né dans la pétanque. Mais ça ne fait que 12 ans que je suis dans l’organisation.

 

Et que faisiez-vous avant ?

 

Avant je jouais! J’arrive de Marseille et là-bas à l’époque j’étais propriétaire de bar et de boite de nuit. Ça me permettait de mettre un garçon de café et de jouer aux boules. Mais les boules, ça était toute ma vie.

 

Vous avez toujours habité Agay?

 

J’ai habité 15 ou 20 ans à Draguignan. Normalement je suis fréjusien mais je suis raphaëlois, parce que j’habite à la frontière, du coup ma maison est à Saint-Raphaël mais ma rue est à Fréjus! Je suis arrivé à Agay, et c’était un coup de coeur. Avec Robert, ça a flashé tout de suite.

 

Comment avez-vous atterri ici?

 

La première fois, j’étais venu en tant que délégué de la fédération pour faire le championnat. L’année d’après, je prenais ma licence ici, et 4 ans plus tard je suis président du club.

 

Si vous êtes un des derniers venus dans le club, comment êtes-vous devenu président?

 

Sans prétention, je pense que François Polverini attendait de rencontrer quelqu’un qui pouvait s’occuper du club en y ajoutant un peu de modernité. J’ai amené avec moi tout ce qui est informatique comme les tirages, les finances, etc.. Mais le club a son histoire et ses licenciés depuis des années. La plus grande école de boule de jeune était ici. François avait réussi à avoir 100 jeunes, vous vous rendez compte !

 

Combien de licenciés compte l’Union Boulistes d’Agay?

 

On est 70 licenciés maintenant. Il y a toujours une vingtaine de licenciés qui viennent hors concours. La semaine dernière on était 44 équipes en triplettes sur un simple concours. Enfin simple : c’était un concours fédéral doté de 650€!

 

Vous organisez beaucoup de concours?

 

On organise 12 concours par an avec une dotation minimum de 500€. Après on a le championnat régional de pétanque “Aurore Laroche” qui sera à sa deuxième édition en septembre.

 

Comment se passe justement le championnat régional?

 

C’est sur deux jours. Cette année ce sera les 22 et 23 septembre. Il y a le premier concours qui est doté de 3000€ et 4000€ de lots. L’an dernier il y avait des séjours à Estérel Caravaning d’une semaine, des grands écrans de télévision, des aspirateurs, des boîtes à couteaux, etc. Il y avait tellement de récompense ! Le premier jour, on arrête en huitième de finale. Le lendemain on attaque donc les huitièmes et les quarts, et l’après-midi c’est demi finale et finale avec remise des lots. L’année dernière, Estérel Caravaning, notre partenaire principal, a voulu faire un apéritif géant. Il y avait tellement de monde! J’étais devant mon ordinateur pour continuer le concours,et lorsque j’ai eu quelques minutes pour descendre boire un coup, il n’y avait même plus un morceau de pizza!(rires). L’ambiance était super. Le président du Comité du Var était présent et le lendemain il nous a dit qu’il n’avait jamais vu ça. Je tiens à remercier encore une fois Aurore Laroche d’avoir aidé à organiser tout cela. Sans elle, on n’aurait jamais pu le faire.

L’histoire de la place du Togo

 

“Au départ il y avait le club de boules et les joutes. Les membres du club de boule étaient les mêmes qu’au club de joute. Le local que nous avions,nous l’avons gagné au concours Lesieur Interclub à l’époque, dans les années 60. On récupérait les pastilles des bouteilles, on les regroupait et tous les soirs il y avait un jeu radiophonique où il fallait répondre à certaines questions. Alors on se regroupait dans une famille ou une autre. On était finaliste du concours face à un club de plongée de Marseille. Pour nous départager, ils avaient diffusé une chanson à la radio et il fallait trouver ce que c’est. On a un collègue qui s’appelle Jean-Marie Trivière, qui faisait son service militaire au camp Caïs. On avait eu l’idée d’enregistrer la musique et on l’avait diffusé là-bas. Au camp il y avait des jeunes du Togo qui faisaient leur service et qui nous ont dit que c’est l’hymne national du Togo. Et on a gagné le gros lot qu’on a appelé le Togo, en hommage aux jeunes. On a eu le droit à la maison et à beaucoup d’autres choses.”

 

L’histoire de Robert Truddain, Vice-président de l’UBA

 

« J’ai perdu mon pauvre père il avait 52 ans, ma mère était toute seule pour élever mon frère jumeau et moi. On allait à l’école à Saint-Raphaël un temps, mais on ne pouvait pas payer. Alors on est allé travailler à droite, à gauche. Je suis allé travailler à 12 ans. Ensuite je suis rentré au chemin de fer pendant 35 ans. Pour moi, c’était encore mieux que de gagner au loto. On travaillait de 7h30 à 12h et de 13h30 à 17h30 toute l’année, et je travaillais le samedi en plus. Je gagnais trois fois rien au début, mais c’était assuré alors je ne me plaignais pas. Ensuite je suis allé à l’école à Marseille pour prendre quelques grades. Je me suis débrouillé comme j’ai pu, et chaque fois je suis revenu à Agay. Quand on me demandait si je souhaitais aller ailleurs, je répondais non. J’avais 4 ou 5 bonshommes avec moi et chaque jour on travaillait. On changeait 21 traverses par jour chacun, faites le compte! Maintenant ça fait 23 ans que je suis à la retraite et que je profite. Et surtout ça fait 30 ans que je suis Vice-président de l’UBA. »

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