*Chers opposants aux maires des villes, à la CAVEM ou au député de notre circonscription, 

Chers trolls,

L’équipe du magazine “Bah Alors” vous souhaite une bonne lecture et souhaite vous préciser deux choses. Tout d’abord, les interviews que vous lisez ont été retranscrites à l’identique. Nous avons posé des questions, ils ont simplement répondu. Aussi, ne nous tenez pas rigueur de la teneur des propos. Enfin, si vous souhaitez y répondre, sachez que le droit de réponse existe, que vous pouvez nous envoyer vos réactions, et si vous représentez un mouvement politique, une association ou autres, nous vous éditerons sur internet. Bonne lecture*

 

Cela fait un an qu’Emmanuel Macron est président de la République et que la vague LREM a submergé l’Assemblée Nationale. Sur notre territoire, nous n’avons pas été en reste avec l’élection de Philippe Michel-Kleisbauer, candidat de l’alliance En Marche-MoDem. Alors c’est quoi un député qui marche au centre ? Au programme circonscription, nation, OTAN.

 

Philippe Michel-Kleisbauer, vous êtes à l’Assemblée Nationale depuis un an maintenant. Comment ça se passe ?

 

Très bien. Nous travaillons beaucoup, j’ai la chance de côtoyer énormément d’esprits brillants avec lesquels je peux travailler. Je pense à mon ami Cédric Villliani et aux autres personnalités aussi calées que lui. J’ai la possibilité d’approfondir des sujets, mes connaissances que ce soit dans mes délégations ou dans mes missions. Le travail à l’Assemblée est passionnant.

 

C’est quoi la journée d’un député ?

 

Il y a d’abord les travaux à l’Assemblée. Les sessions parlementaires sont de 9h30 à 13h, de 15h à 20h et enfin de 21h30 à 1h30. Si nous n’avons pas fini le vote des textes le vendredi, cela va tard dans la nuit. Ça peut aller même jusqu’à la fin du week-end. Nous l’avons vu à la fin du printemps lorsque nous avons travaillé cinq week-ends complets, dont trois consécutifs. Quand vous commencez à 9h30 pour finir à 1h30, je peux vous garantir que c’est dur. Dans le bureau, nous avons un lit escamotable pour dormir sur place ! Au milieu de cet agenda, il faut se débrouiller pour communiquer avec nos collaborateurs. C’est d’ailleurs à cela que servent les tablettes.

 

C’est pour ça que l’on voit les députés sur leurs écrans ?

 

La plupart des gens s’offusquent de voir des tablettes à l’Assemblée. La raison principale est que nous avons remplacé le papier par les tablettes. Les amendements et tout le dérouleur nous sont fournis électroniquement. Mais nous avons à côté nos propres tablettes pour communiquer avec nos collaborateurs.

 

Et en dehors de l’Assemblée ?

 

Il y a tout le travail en commission qui doit s’intercaler. Il y a des moments où nous quittons l’hémicycle pour aller travailler en commission. Pour moi, à la commission de la Défense et des Forces armées, c’est le mercredi matin. Nous avons des missions comme celle de la cybersécurité, des risques climatiques sur les côtes du littoral. Cela vient s’inclure dans un agenda où il faut repenser au terrain et revenir en circonscription. C’est la raison pour laquelle j’ai pris l’habitude de revenir au moins tous les jeudis ou vendredis selon l’actualité, pour proposer une réunion toutes les semaines. On m’a dit que faire une réunion toutes les semaines était un peu trop, donc je vais passer à une réunion tous les quinze jours, et utiliser la semaine sans réunion pour organiser d’autres rendez-vous à la place.

Justement, quelles actions avez-vous menées sur notre circonscription ?

 

J’ai mené pas mal d’actions sur la circonscription. Certaines étaient des actions individuelles, caractéristiques et très spéciales comme une grève de la faim entamée après un vrai imbroglio administratif sur lequel je me suis penché. J’ai été beaucoup sollicité par des maires ou par le président de l’agglomération sur des questions qui relevaient de leur exercice.

 

Vous auriez un exemple ?

 

Oui. J’ai été saisi par le préfet et le président de la communauté d’agglomération sur le dossier de la mise en œuvre d’une loi qui permet aux collectivités de percevoir une taxe lorsque ces collectivités se trouvent en zone inondable (taxe GEMAPI, NDLR). Les budgets étaient bouclés, mais la Loi ne permettait pas de prélever la taxe à partir du 1er janvier 2018 comme prévu dans le budget de l’agglomération. Lorsque nous avons eu, avec le MoDem, notre fenêtre de tir au mois de novembre, nous avons introduit une loi qui permettait de rapporter les délais du 1er janvier 2019 au 1er janvier 2018. Donc je ne suis intervenu sur le territoire de la circonscription, qu’à la demande des élus. Je les respecte en tant que tels, ils sont élus légitimement. Je ne suis pas là pour faire de l’individuel mais pour agir au niveau des lois quand je le peux, ou d’ouvrir des portes aux ministères. Par exemple, je suis en train de travailler à l’heure actuelle sur le classement Grand Site de l’Estérel, à la demande de Nello Broglio. J’avais amorcé la chose avec Nicolas Hulot. J’ai la chance d’avoir de bonnes relations avec François De Rugy, le nouveau ministre de l’Écologie, qui me désignait chaque fois pour le remplacer lors des cérémonies commémoratives des Anciens Combattants. Mes interventions sont toujours dans un cadre d’intérêt général. Aussi, pour répondre à votre question, je dirai que toutes les lois qui ont été votées concernent tous les citoyens de notre territoire au même titre que tous les Français.

 

Est-ce que l’idée que vous vous faisiez de la fonction de député a changé ?

 

Je m’attendais pas à ce que la charge de travail soit aussi lourde, je ne me doutais pas à quel point. Le rythme dont je vous ai parlé est vraiment soutenu. Lorsqu’on passe des nuits à travailler, il y a des moments où on encaisse le coup. Avant je faisais beaucoup de sport, maintenant je n’ai plus le temps du tout d’aller à la salle. Et ça crée un déséquilibre physique, mais aussi une fatigue mentale du fait du manque. Aussi, je ne me doutais pas que j’allais tomber sur autant de gens brillants, parce que je vous promets que parmi les gens qui ont été élus, il y a beaucoup de personnes brillantes. Par exemple, Mélenchon, qu’on aime ou non, il est intellectuellement exceptionnel. Je parlais de Villiani, mais dans mon groupe du MoDem, il y a Philippe Berta qui est le patron de l’École de l’ADN. Une dernière chose : je ne me doutais pas de l’importance des missions diplomatiques. Le fait d’être à l’OTAN, notamment dans le conseil interparlementaire OTAN Ukraine, me le démontre régulièrement. Je ne me doutais pas de l’espoir que cela faisait naître dans des populations heureuses d’accueillir des parlementaires français. Quand je reçois des journalistes ukrainiens des interviews, je mesure l’espérance que la France porte encore en elle dans des pays qui ont besoin d’une aide et qui savent que seule une aide supranationale pourrait les sortir de là. Être député est un travail intense aux multiples compétences. C’est une grande souffrance pour mes camarades et moi de devoir s’avouer que nous ne pouvons pas être partout tout le temps. Je ne peux pas me mettre à travailler sur tous les textes et je suis

obligé de dire à mes camarades que je reste dans mes domaines de compétences et de me fier à eux et leurs analyses. Lorsque j’estime qu’ils ont une vision exacte, je leur demande des synthèses rapides sur les autres textes. C’est très frustrant de ne pas pouvoir tout toucher.

 

De quoi êtes-vous le plus fier dans cette première année d’investiture ?

 

Je suis fier d’avoir maintenu une promesse : celle d’être toujours là et de faire de la pédagogie auprès des citoyens de notre circonscription. On a organisé 23 réunions publiques dans l’année. Ce sont des forums citoyens où je donne la parole aux administrés et avec qui nous avons une conversation à bâton rompu. Je suis très content qu’avec la charge de travail que nous avons à Paris, d’avoir maintenu cette cadence, pour garder un lien permanent. Lors de ces réunions, les citoyens m’ont parlé de sujets qui touchent le député. Ils ne sont pas venus me parler d’une mairie ou d’une autre, ou commenter les décisions d’une municipalité qui était souveraine à prendre sa décision. Ils ne m’ont pas emmené sur ces sujets et ont voulu parler de sujets nationaux ou internationaux. Nous avons débattu sur la situation de la Chine ou du Yémen, sur l’écologie. Réussir à instaurer avec la population un débat régulier sur de vrais sujets d’importance, et ne plus cantonner le député à des petites combines politiciennes comme on en avait l’habitude, voilà ma plus grande fierté.

 

Et le moins fier ?

 

D’avoir négligé mes parents. Ça fait 10 jours que mon père m’envoie des messages pour me dire que je ne l’ai pas rappelé. Et j’ai vu ma mère trois fois ces six derniers mois. C’est peu, et j’en suis peu fier. J’espère que la vie me donnera la possibilité de me rattraper.

 

Vous réagissez beaucoup à l’actualité, notamment sur Twitter. Quel fait national ou international vous a le plus marqué depuis que vous êtes député ?

 

Il y a eu beaucoup d’occasions d’être marqué. Lors de drame comme un attentat par exemple. Mais ma plus grande fierté en tant que député, c’est lorsque nous avons voté la loi de Nicolas Hulot sur les hydrocarbures. Nous avons pris une décision très dure et beaucoup contestée, avec des lobbys qui essaient de nous éclater, parce que nous avons engagé la France sur la voie de l’auto-interdiction de prospecter ou rechercher des hydrocarbures à l’horizon de 2050. Nous sommes le premier pays du monde à l’avoir fait. Historiquement, lorsque la France a décidé quelque chose, les autres se sont mis à l’imiter. L’idée de Nicolas Hulot était de s’interdire d’utiliser ces gisements, de nous tourner vers les énergies renouvelables. Ce moment-là, je me suis dit que j’ai participé à un moment historique.

 

Sur les réseaux sociaux, on vous critique souvent. Les internautes vous critiquent, s’appuyant sur des sites comme nosdéputés.fr, disant que vous êtes absent en circonscription et absent à l’Assemblée. Quel est votre avis sur le sujet ?

 

Tout d’abord, le site nosdéputés.fr est malhonnête. Ils avaient fait une évaluation, notamment l’été, sur une base qui est fausse et qu’ils ne veulent pas reconnaître : il n’y a pas de notation de présence dans l’hémicycle. Toutes les nuits et les week-ends passés

avec mes camarades, ou encore les moments que l’on passe en commission n’apparaissent pas. Ensuite, dans les missions diplomatiques, il n’y a pas de feuille de notation non plus. Il n’y a qu’une feuille de présence à signer, c’est celle des commissions. Pour moi, c’est la commission de la Défense. Pour noter les députés, ils prennent les interventions dans l’hémicycle mais je n’en fais aucune mise à part avoir interrogé la ministre de la Justice ou quelques réactions par rapport aux dires. Je ne pose pas de question au gouvernement parce que c’est inutile. On voit des députés qui lisent mal des questions qui leur ont été proposées par d’autres et dont ils ne comprennent pas toujours le sens. En revanche, ils prennent aussi les interventions en commission. Je siège dans une commission qui se tient à huis clos ! Ils ne tiennent pas compte des déplacements à l’OTAN par exemple. Je ne réponds pas, je ne cherche pas les médias. Sur les réseaux sociaux, j’affiche ce que je fais, où j’étais, pour que les gens puissent intervenir. Nous éditons en version numérique un « Journal de Marche » toutes les semaines. Ce document montre tout ce que l’on fait et permet aux gens de m’interroger.

 

Et localement ?

 

Comme je vous ai dit, nous avons organisé 23 réunions dans l’année sur 52 semaines, soit une semaine sur deux. La réalité c’est que ces mêmes personnes qui critiquent ne viennent pas aux réunions publiques. Ce sont les mêmes personnes qui ont l’habitude du député à qui on demande des arrangements. Depuis notre législature, quand on vote une loi, il y a une clause de revoyure : au bout de deux ans, nous devons reprendre les textes votés pour corriger les erreurs. Les gens que je rencontre en réunion m’aident à savoir si c’est bon ou mauvais, efficace ou non. Il y a aussi toutes les réunions sur lesquelles les médias ne participent pas : les rendez-vous avec les CRS ou les pompiers, les travaux avec les maires. Sinon, je suis toujours sur le marché, ce matin encore, comme tous les vendredis matins, j’ai pris mon café chez Topolina sur le marché de la poste de Fréjus Plage.

 

On peut aisément supposer que vous serez acteur des prochaines municipales. Mais de quelle manière ?

 

Je suis président du MoDem Var et membre du bureau national du MoDem national, et bien sûr, je représente l’alliance En Marche — MoDem sur notre territoire. De fait, j’apporterai mon label personnel auprès de candidats et de liste de candidats que j’aurai criblés. Je veux arriver à proposer à nos électeurs la même révolution locale qu’elle fut au niveau national. Je veux leur apporter des gens qui sont à l’image du gouvernement : des gens respectables et des techniciens. Il faut travailler et vite avancer. Si dans une municipalité, on a un conseil d’adjoint qui travaille autant que les ministres ont travaillé cette année, les gens vont voir très rapidement la transformation de leur ville.

 

D’aucuns savent que votre ville c’est Fréjus. Depuis les dernières municipales, vous avez rarement donné votre point de vue sur la commune. Comment analysez-vous la situation de Fréjus ?

 

La situation est dramatique. Aucun équipement public ne sort, aucune réalisation non plus. La seule chose qui sort de terre, c’est des immeubles, et c’est ce qu’on appelle du bétonnage. Ils ont vendu le stade, il y a un immeuble. Ils ont voulu vendre la place de la République à Fréjus Plage, la place de la Poste, ils veulent construire sur la Base Nature. Les gens n’ont qu’à regarder tous les endroits qu’ils connaissaient. Il y a un immeuble qui est apparu sur l’avenue de Tassigny et qui est presque sur le trottoir. Quand on sait que David Rachline et son équipe avaient attaqué l’équipe sortante sur ce sujet, c’est triste.

 

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Une réponse

  1. Lamothe

    Avec Macron les députés sont au bout du rouleau. Les Maires sont au bord de la jaquerie Pmk il ne chôme pas .
    Pour 2020
    L’union de la droite et du centre est primordial. Pour Gagner 2020
    Je serais ce candidat au nom de la Droite Républicaine.
    Grégory Lamothe

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