*Chers opposants aux maires des villes, à la CAVEM ou au député de notre circonscription,

Chers trolls,

L’équipe du magazine “Bah Alors” vous souhaite une bonne lecture et souhaite vous préciser deux choses. Tout d’abord, les interviews que vous lisez ont été retranscrites à l’identique. Nous avons posé des questions, ils ont simplement répondu. Aussi, ne nous tenez pas rigueur de la teneur des propos. Enfin, si vous souhaitez y répondre, sachez que le droit de réponse existe, que vous pouvez nous envoyer vos réactions, et si vous représentez un mouvement politique, une association ou autres, nous vous éditerons sur internet.*

 

Une année c’est court, surtout quand votre prédécesseur a tenu ce rôle pendant 22 ans. Maire d’une ville en cours de mandat, Frédéric Masquelier a eu la lourde tâche de reprendre les rênes de la ville, de la transformer à sa manière tout en respectant son héritage, sa majorité et ses opposants. Alors qu’a apporté de plus le maire Masquelier ? Interview “première bougie” entre jeunesse, commerce, PLU et dynamisme.

 

Masquelier, nous nous sommes rencontrés il y a un an, vous étiez maire depuis quelques jours. Aujourd’hui vous soufflez votre première bougie comme premier magistrat de Saint-Raphaël. L’idée que vous vous faisiez du rôle de maire a-t-elle changé ?

 

Non car je m’y étais préparé. Être maire, c’est faire face à beaucoup de responsabilités, ce sont des décisions à prendre tous les jours, c’est également représenter l’ensemble de ses concitoyens. Ces derniers doivent être fiers de leur administration, de leurs élus et fiers de leur maire.

 

Et au quotidien, comment faites-vous pour atteindre ce but ?

 

Il y a beaucoup de métiers qui sont difficiles et non reconnus. La fonction que j’occupe est reconnue. Ce n’est pas plus dur que la plupart des autres métiers, mais il faut avoir en permanence le souci de la responsabilité. Je m’attache à des choses simples comme le bon sens, l’éthique et l’écoute.

 

Guillaume Decard, Françoise Dumont, Nicolas Melnikowicz, Patricia Hauteur vous ont rejoint durant l’année. Certains étaient de la majorité et ne font que revenir, d’autres étaient de clairs opposants il y a un an. Comment vous y êtes-vous pris ?

 

La politique c’est faire des additions plutôt que des soustractions. On parle toujours de rassemblement. Ici c’est un rassemblement autour d’idées et de projets. Pour Françoise et Guillaume, le ralliement était évident car ils ont toujours fait partie de notre équipe. Nous avons fait des campagnes électorales ensemble, nous travaillons ensemble sur le département. Il n’y avait aucune raison de les tenir à l’écart d’une majorité qui était aussi la leur. Concernant les opposants de 2014, leurs motifs d’opposition ont disparu. Nicolas Melnikowicz était davantage opposé à un homme, Georges Ginesta. Lorsqu’il a vu son successeur, il a regardé ce qui était réalisé et ces réalisations vont dans le sens qui lui conviennent. Pour Patricia Hauteur, je pense que la démarche est la même.

 

Êtes-vous satisfait du travail fourni par les opposants qui vous ont rejoint ?

 

Dans un cadre municipal, on fait essentiellement de la gestion. À partir du moment où nous sommes d’accord pour dire que ce qui importe, c’est l’intérêt de la ville et des Raphaëlois, et que les gens sont de bonne volonté, alors nous faisons un bout de chemin ensemble. Je leur ai confié des missions précises et jusqu’à présent je suis très satisfait de la manière dont ils les mettent en œuvre. Ce sont des élus impliqués qui participent à l’ensemble de la vie municipale.

 

Quid des opposants toujours opposés ?

 

Sandrine Hacquard était une des seules opposantes avant l’affaire Geisler, une affaire qui m’a conduit à réorganiser la majorité autour de valeurs de compétence, de travail et d’honnêteté. C’est une personne qui a un engagement politique. En cela c’est respectable. En revanche j’ai beaucoup de mal à discerner de la cohérence dans ce qu’elle dit et ce qu’elle avance. Si on prend l’exemple du budget, elle est favorable à son contenu, mais elle vote contre. Elle ne connaît pas non plus les dossiers et dit beaucoup de bêtises. Chacun appréciera la pertinence de son opposition. Il y a aussi monsieur Barbier du Rassemblement National qui a 100% d’absence au conseil municipal depuis que je suis maire.

 

Pourquoi cette absence à votre avis ?

 

Je pense que la liste de Saint-Raphaël du Front National était assez peu travaillée avec des gens qui avaient des convictions variables. Avec le temps, les choses se sont délitées, certains ont quitté le FN, d’autres ne viennent plus et d’autres nous ont rejoints.

Sur votre première année d’exercice, de quoi êtes-vous le plus fier ?

 

J’ai souhaité d’abord répondre aux observations que j’avais entendu de la part de nombreux Raphaëlois : moins de béton, plus d’animations dans la ville et plus de transparence et d’écoute. Pour pouvoir mener une action politique, il a fallu transformer l’administration. J’ai mis en place un plan d’administration plus moderne qui consiste à rendre responsable tout le monde, à demander plus à ceux qui sont au-dessus de la hiérarchie, à tirer des conséquences si des fautes sont commises, à partager de l’information et à travailler ensemble, à considérer qu’il n’y a pas de droits acquis dans aucun poste, ni de dépense acquise. Ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir imprimé un nouveau dynamisme pour la ville.

 

Et le moins ?

 

C’est de perdre mon temps dans des petites polémiques politiciennes dont je ne suis pas à l’origine, vous m’en ferez crédit. Ces histoires mobilisent beaucoup d’énergie et font perdre l’attention sur les mesures positives qui sont prises. Je suis issu de la société civile, et si j’ai pris cet engagement, c’est pour agir. La question était : lorsque l’on est acteur, peut-on agir en fonction d’un certain nombre de valeurs, d’objectifs que l’on s’est fixés ou bien a-t-on vocation à être corrompu par le système ? Je pense que ma colonne vertébrale est solide. Je reste sur ma ligne et c’est comme cela que j’entends poursuivre.

 

Passons à l’urbanisme, sujet qui passionne l’ensemble de la population effrayée de voir du béton partout, et je m’y inclus. Aujourd’hui, où en est la ville de Saint-Raphaël ?

 

L’enquête publique est terminée, le PLU (Plan Local d’Urbanisme, NDLR) devrait être adopté d’ici la fin de l’année. J’ai respecté les engagements que j’avais pris lors de mon investiture et lors de mes vœux. On mettra en place 50% d’espaces verts et 70% d’espaces libres. On va également réduire l’emprise constructible sur des parcelles plus importantes afin de limiter la bétonisation, et on veillera à la protection des arbres, comme le souhaitent de nombreux habitants, en remplaçant les arbres coupés par des arbres de taille et de diamètre identiques.

 

Quid des logements sociaux ?

 

J’ai rencontré le préfet, nous discutons du montant de la pénalité dans la mesure où nous avons été traités de manière injuste. Nous lui avons remis un dossier de 800 pages reprenant l’ensemble des villes carencées et démontrant que nous avions subi un traitement plus défavorable que beaucoup d’autres villes. Il est invraisemblable que nous soyons plus pénalisés que la ville de Neuilly !

L’an dernier et depuis la rentrée, des conférences de grands intellectuels français ont été mises en place. Qu’est-il prévu dans votre programme pour les jeunes et notamment les jeunes actifs ?

 

Tout d’abord, je tiens à préciser que ces grandes conférences s’adressent à tout le monde. Vous avez des personnes qui viennent de tous les quartiers de la ville. Cultiver une certaine forme d’élitisme qui profite à tout le monde, c’est avoir du respect pour tous les habitants. Je ne classe pas les gens en fonction de leurs origines, de leurs quartiers ou en fonction d’autres critères. Je souhaite que ma politique culturelle soit ouverte à tous. Cet été, nous avons créé près de 140 événements. Nous avons organisé les jeudis live avec la gratuité pour les jeunes. Je tiens d’ailleurs à souligner que toutes les animations et les conférences sont gratuites pour les jeunes de moins de 18 ans.

 

C’est nouveau cette gratuité ?

 

Tout à fait. Je souhaite montrer tout l’intérêt que je porte aux jeunes à Saint-Raphaël. La jeunesse a trop souvent été mise de côté dans notre ville. Nous devons lui donner envie d’aimer sa ville et de s’y impliquer. Nous mettons en place plusieurs actions qui vont dans ce sens-là. La bourse au permis de conduire par exemple : avec 90 heures passées dans une association caritative ou patriotique, la Ville offre le permis de conduire. Nous récompensons aussi les élèves qui obtiennent une mention très bien à leurs examens en leur offrant un chèque de 100 euros, mais aussi un emploi saisonnier à la Ville pendant toute la durée de leurs études. Une politique en faveur des jeunes passe aussi par le logement. Nous allons construire 450 logements sociaux, dont des logements pour actifs. Enfin, on peut citer la charte de la vie nocturne et la multiplication des animations ou des concerts, avec le Colisée.

 

Qu’espérez-vous du Colisée aujourd’hui ?

 

L’établissement nous permettra d’avoir une programmation un peu plus étoffée. J’ai d’ailleurs confié l’animation de la ville à Guillaume Decard qui est proche des attentes de la jeunesse. Nous aurons, je pense, une programmation assez riche. Comme nous augmentons la jauge des salles de spectacle et des concerts (1000 personnes debout au Colisée, NDLR), nous pourrons également accueillir des artistes qui donneront satisfaction à tous. Nous allons également organiser des événements au Palais des Sports : la Coupe du Monde a rassemblé près de 3000 personnes, ce fut une belle réussite populaire. L’objectif est de mieux exploiter nos installations au bénéfice du plus grand nombre.

 

N’avez-vous pas peur que les plus âgés râlent ?

 

Quand on parle aux jeunes, on parle aussi aux enfants et aux petits-enfants des personnes les plus âgées. Il y a chez ces derniers beaucoup qui souhaitent une politique pour les jeunes pour qu’ils n’aillent pas ailleurs. Comme nous n’avons pas d’université ou de formation supérieure, les jeunes partent. Le défi est de les faire revenir. Pour cela, nous avons mis en place plusieurs actions : l’offre sportive avec le réaménagement d’équipements vétustes, le développement du site de l’Aspé pour l’ouvrir aux familles, ou la création de l’académie de football pour les 6-12 ans, etc. Il y a aussi le CMJ (Conseil Municipal des Jeunes) avec un budget dédié et une écoute sur les propositions qu’ils nous font, comme par exemple la mise en place d’une charte sur la vie nocturne. En un an, il y a eu une série de mesures fortes et concrètes. D’ailleurs, vous me demandiez de quoi je suis fier : tous les engagements que j’ai pris lors de mes vœux ont été respectés. Je vous invite à vérifier.

 

Que souhaiteriez-vous mettre en place le plus rapidement possible l’an prochain ?

 

L’année prochaine, je prendrai une mesure forte concernant le stationnement. Cette année, nous avons créé plus d’une centaine de places en zone bleue. C’était un premier effort qui a permis des améliorations sensibles, l’an prochain, nous mettrons en place une mesure concernant les tarifs de stationnement. C’est une demande assez récurrente de la population. Cette mesure participera du plan de revitalisation du centre-ville qui est déjà lancé avec un cabinet qui a déjà travaillé dans près de 60 villes différentes. Nous voulons faire face à la concurrence des grandes surfaces dont j’ai déjà interdit l’ouverture le dimanche. Nous avons fait un recours contre le Pôle de la Mode, mais aussi contre l’extension du Carrefour à Puget sur Argens. Aujourd’hui, il faut pouvoir protéger les petits commerces et les aider. Nous sommes en cours d’étude concernant les travaux de bord de mer et nous allons proposer un tarif de stationnement plus attractif.

 

Si vous pouviez changer ce que vous voulez sans aucune difficulté, ce serait quoi ?

 

Avoir plus de marge de manœuvre. Nous avons des contraintes budgétaires et réglementaires importantes. J’aimerais que tout aille plus vite, que l’on ne soit pas ralenti par des comportements administratifs trop pointilleux. Il faudrait sortir de cet excès d’administration dont la France meurt. La véritable réforme à entreprendre est au niveau national : quand un projet prend des années, qu’on puisse le faire dans des temps plus courts. En Chine, il faut 5 ans pour commencer une tour, aux États-Unis il en faut 7. En France, au bout de 10 ans vous avez les autorisations et on débute les recours. Il faudrait moins administrer et mieux gérer et diriger. Il faut fuir les schémas administratifs et rechercher l’innovation.

 

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